107 000 $ : l’Université de Moncton a remboursé le déménagement du recteur Raymond Théberge.

 

Radio-Canada Acadie a obtenu des documents en vertu de la Loi d’accès à l’information, selon lesquels l’Université de Moncton a remboursé les frais de déménagement de Raymond Théberge lors de son embauche en tant que recteur de l’université en 2012.

Dans une lettre datant du 16 mai 2012, il y est stipulé que « l’Université de Moncton remboursera les frais encourus pour votre déménagement dans la région de Moncton, au Nouveau-Brunswick, y inclut la commission payable à votre agente ou agent d’immeuble pour la vente de votre domicile ».

C’est à la somme de 107 013,21 $ que les coûts de déménagement ont été évalués et remboursés à Théberge par l’Université de Moncton dans la période du 7 juin au 26 juillet 2012.

Selon Radio-Canada Acadie, 2 486,91 $ sont des « dépenses de recherche de résidence » effectuée le 7 juin 2012. Un montant de 11 188,30 $ a été dépensé pour le déménagement de Théberge entre le 21 juin et le 26 juillet 2012. Finalement, le montant le plus important, soit de 93 338 $, fut dépensé en « frais de courtage » le 19 juillet 2012.

Un montant considérablement élevé, considérant que le Conseil des gouverneurs de l’Université de Moncton a dû adopter un budget déficitaire pour une troisième année consécutive cette année et que le vice-recteur à l’enseignement et à la recherche met sur la table la possibilité d’abolir quelques programmes d’études.

Mise au point de Théberge : « je me sens redevable »

Raymond Théberge a réagi par voie de communiqué mardi après-midi avouant avoir, en partie, accepté l’emploi parce que les frais de déménagement étaient remboursables.

« J’avoue humblement que le paiement de mes frais de déménagement a constitué un des facteurs dans ma décision d’accepter d’occuper le poste de recteur et vice-chancelier pour l’Université de Moncton ».

Théberge, ayant conscience que l’Université de Moncton est financée par le gouvernement et les étudiants au travers des droits de scolarité, ainsi qu’en n’oubliant pas le budget déficitaire de l’institution depuis quelques années, il tient à éclaircir sa pensée.

« Pour toutes ces raisons, je me sens redevable envers tous les membres du personnel, les étudiantes et étudiants ainsi que les partenaires gouvernementaux et communautaires de l’Université de Moncton. » — Raymond Théberge, recteur de l’Université de Moncton.

Raymond Théberge s’engage à faire un don de 50 000 $ dans le cadre de la campagne majeure de financement de l’Université de Moncton, un montant qu’il juge de « geste exemplaire ». Il précise qu’il s’agit d’une décision personnelle, mais il souhaite ne pas remettre en cause que le Conseil des gouverneurs doit être concurrentiel des autres universités et collèges canadiens afin de recruter des cadres supérieurs compétents et à l’image des visions et valeurs de l’Université de Moncton.

L’Université de Moncton a une vision claire : aspirer à devenir la meilleure université généraliste de taille comparable dans la Francophonie. Elle croit qu’elle ne pourrait pas arriver à cette vision sans des taux et des avantages concurrentiels dans le secteur.

« Cette vision ambitieuse doit se réaliser dans un contexte concurrentiel. D’autres universités et collèges canadiens veulent, tout autant que nous, attirer des étudiantes et des étudiants ainsi que des professeurs, des chercheurs, du personnel de soutien et des cadres compétents et qualifiés. La pression sur un établissement comme l’Université de Moncton pour bien réussir dans ce contexte concurrentiel est donc bien réelle ».

 

À propos
Pigiste

Anthony Azard est pigiste au journal Le Front. Il entame sa deuxième année du programme d’Information-communication. À CKUM, il co-anime « En direct du nid des Aigles » avec Camille Turbide ainsi que l’émission « Étouffe-toi pas » en compagnie de Jacques-André Lévesque. Depuis 2016, il est aussi collaborateur occasionnel à l’émission « La Route des 20 » sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première.

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  • Yvon Lacoste

    C’est drôle mais…je pense qu’on aurait dû lui rembourser seulement son déménagement comme tel. Pour le reste (vente de sa maison, commission à l’agent immobilier, frais de courtage) aurait dû être à sa charge. Mais la raison fondamentale demeure pourquoi lui plutôt qu’un autre lors du processus de sélection ? On est allé chercher loin un gars qui n’a pas fait encore ses preuves.

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