Discours du trône : les attentes de la FÉÉCUM

SL_DiscoursTrone01_3dec14par Samuel LeGresley
 
Le nouveau gouvernement de Brian Gallant va énoncer le programme du nouveau gouvernement libéral pour l’année parlementaire dans un discours du trône, le 3 décembre. Moncef Lakouas, président de la FÉÉCUM, nous fait part de ses attentes.
Sa principale demande implique plus de financement des universités de la part du gouvernement : « J’aimerais mettre l’emphase sur comment, à travers les programmes que le gouvernement va développer, on va pouvoir retenir nos jeunes dans la région. », expliquant qu’un financement adéquat pour rendre l’éducation accessible à tous est essentiel pour une population éduquée qui contribue à la société et qui accède à des hauts salaires.
Il insiste aussi sur une politique d’immigration d’étudiants francophones, pour aller chercher des fonds afin de compenser pour le manque généré par les coupures en éducation : « On parle de la croissance démographique et du vieillissement de la population. Le système de la santé pèse lourd sur les dépenses du gouvernement, avec plus de 40% du budget. Lorsque on parle de l’éducation at large, c’est 26%. Le financement pour la santé augmente, mais l’éducation diminue ». 
Il propose donc une solution pour trouver des fonds : « Lorsqu’on a un manque à gagner, on doit aller chercher des gens de l’extérieur », dit-il pour expliquer les bienfaits économiques apportés par les politiques d’immigration.
Cependant, Moncef Lakouas insiste que ces étudiants de l’extérieur doivent être emmenés en fonction de leurs compétences, pour accréditer les acquis : « Je veux faire venir un médecin parce que j’ai besoin d’un médecin, pas pour qu’il conduise un taxi », dit-il pour souligner l’importance d’emmener des étudiants en fonction de si on peut les accommoder par la suite.
Finalement, ce qui rendrait le meilleur financement universitaire et les politiques d’immigration possibles, selon lui, est le développement de l’économie. Il s’attend à ce que le gouvernement prenne des mesures pour prioriser celui-ci : « Si on a du développement économique, on peut financer une université, une politique d’immigration, et donc la rétention des jeunes ».
Toutefois, il voudrait que ce plan économique soit à long terme. « Je ne veux pas quelque chose qui va nuire à l’environnement ou à la santé des citoyens », dit-il, en prônant des programmes économiques durables et sécuritaires.
Il parle alors des retombées du programme d’oléoduc TransCanada, dont Brian Gallant fait récemment la promotion : « Il va créer 150 jobs au N-B sur 20 ans. Les retombées économiques seront 760 millions sur 20 ans, ce qui représente 38 millions par année – moins de 4,5% de notre budget. Est-ce que c’est ça qui va créer de la job, relancer l’économie, absorber les jeunes qui sortent de nos universités ? ». Il souligne alors l’importance de prendre des décisions à long terme, en ne se basant pas seulement sur un sentiment d’urgence.
Moncef Lakouas ajoute qu’il faut élever la barre quant aux programmes de développement qu’on amène à la région. « Il faut bâtir un “effet de la vague”», dit-il pour expliquer le besoin de programmes économiques.
« Il faut que ça prenne en considération non seulement la génération d’aujourd’hui mais aussi les générations de plus tard, dans toutes les sphères. Ça prend du développement économique car lorsqu’on veut augmenter les revenus et retenir les jeunes, ça peut les absorber. » 
Il souligne également que le domaine universitaire apporte un environnement d’innovation et d’invention, qui permettrait de transformer les produits pour un meilleur prix de revente.
Il parle aussi de la promotion d’une culture d’exportation pour bénéficier la situation économique : « Quand on s’étale sur une culture d’exportation où nos produits se ramassent à l’extérieur, ça donne une vitrine qui amène les gens à se renseigner sur nous, potentiellement pour faire affaire avec nous ou même venir chez nous. »
Finalement, Moncef Lakouas fait un lien avec l’annonce du gel des embauches de la semaine dernière où l’Université ne remplit pas les postes vacants jusqu’à nouvel ordre.
« Ça découle du financement des universités. 75% de l’argent qu’on utilise pour financer l’Université vient du gouvernement, et à peu près 25% vient des étudiants. », dit-il, pour souligner l’importance des fonds du gouvernement dans les universités.
« Si [le gouvernement] finance l’Université adéquatement, ça veut dire qu’on a pas besoin d’aller chercher le manque à gagner sur les étudiants. On n’aura pas besoin de subir l’augmentation des frais de scolarité ou un gel d’embauche ».

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