Le nouvel album de Lisa Leblanc, c’est tout sauf d’la m****!

par Justin Frenette
 
Après le succès monstre de son premier album éponyme, l’auteure-compositrice de Rosaireville à la voix et l’accent instantanément reconnaissables, Lisa Leblanc, nous revient en force avec un deuxième album, cette fois-ci chanté dans la langue de Shakespeare.  
 
Highways, Heartaches and Time Well Wasted nous fait découvrir une Lisa pleine d’expérience et de maturité suite aux nombreuses tournées et spectacles ayant suivi son premier album. En effet, il est très étonnant de constater à quelle point Lisa s’est épanouie en tant qu’artiste en l’espace de seulement deux ans. Si plusieurs personnes ont l’impression que le succès de son album Lisa Leblanc est principalement dû au vocabulaire purement chiac utilisé tout au long de l’album et de l’accent de Lisa ayant charmé des milliers de gens, celle-ci ne s’est pas basée là-dessus pour poursuivre sa carrière et a décidé plutôt d’enregistrer un album entièrement en anglais et contenant une pièce instrumentale. 
 
Encore une fois armée de son banjo et de sa guitare, Lisa nous offre dans ce nouvel opus des mélodies tellement effrénées et rapides qu’il est impossible de les écouter sans ressentir le besoin de danser frénétiquement, le tout avec une sonorité évoquant les westerns spaghetti à la Clint Eastwood.
 
La première chanson, You Look Like Trouble (But I Guess I Do Too) commence avec une mélodie de banjo typique de Lisa qui se fait plus tard accompagnée d’une guitare au son lourd et de percussions minimalistes mais très efficaces. Suit alors une deuxième mélodie de banjo encore plus entrainante que la première qui accélère progressivement en tempo en même temps que la guitare, la batterie et la voix de Lisa montant également en intensité jusqu’à en beugler ses paroles, ce qui donne une montée d’adrénaline fulgurante jusqu’a la fin de la chanson.
 
Vient ensuite une chanson un peu plus stable sans pour autant être non intéressante, Katie Cruel. Cette chanson circule principalement autour d’une mélodie de banjo hautement accrocheuse. Peut-être pas la chanson m’ayant le plus captivé de l’album mais quand même une chanson à l’écriture tres solide.
 
The Waiting List donne à l’album un ton un peu plus mélancolique. Cette ballade, encore une fois basée sur une mélodie de banjo, est l’une des plus mémorables de l’album d’après moi, autant du coté musical que pour ses paroles.
 
Puis, Lisa nous jette tête première dans un décor western à dos de cheval sous un soleil couchant avec la chanson Highways, Heartaches and Time Well Wasted. La guitare acoustique débute la mélodie avant d’être accompagnée par un sifflement hautement atmosphérique et le tout explose à la moitié de la chanson pour donner une chanson instrumentale qui offre tout un voyage de cowboy.
L’avant dernière chanson de l’album prouve que Lisa et sa bande peuvent « rocker » au maximum quand ils le veulent. Gold-Diggin’ Hoedown est une chanson aux instruments campagnards et au rythme punk qui garantit de lever le party partout où elle est jouée. Des passages de banjo rapides, des coups de guitare électrisants et un rythme ne s’épuisant jamais à la batterie, rien qu’à y repenser j’en tape des pieds sur le plancher!
 
Puis, l’album se termine avec une chanson plutôt simple mais démontrant à merveille les talents de chant de Lisa. Race Track consiste presqu’uniquement d’accords de guitare et d’une mélodie vocale plutôt aigue pour l’artiste ayant l’habitude de chanter d’une voix roque, mais ce qui rend la chanson mémorable selon moi sont les coups de guitare électrique et de batterie suivant immédiatement la ligne « Run for your life and don’t you look back », donnant l’impression que le plus grand des dangers frôle le dos du protagoniste de la chanson, un effet extrêmement saisissant, avant de retourner aux accords délicatement joués caractérisant la première moitié de la chanson.
Cet album, d’après moi, donne de forts indices sur le potentiel énorme de Lisa en tant que chanteuse, musicienne, compositrice et écrivaine, et c’est ironiquement pourquoi l’album m’a quelque peu déçu.  Les montées musicales, fortement présentes dans l’album, auraient grandement pu être exploitées davantage selon moi, ce qui aurait fait toute la différence entre de bonnes chansons et d’excellentes chansons. Au lieu, les moments d’intensité musicales étaient tres brefs, tellement brefs qu’ils étaient presqu’agace. Ces moments me faisaient anticiper quelque chose d’extrêmement excitant, et au lieu, ils furent suivis par un retour à la mélodie principale la plupart du temps.
 
Néanmoins, l’album demeure extrêmement solide et prouve que Lisa Leblanc est bien plus qu’une One Hit Wonder à l’accent attachant et aux textes délicieusement vulgaires. Selon moi, Highways, Heartaches and Time Well Wastedreprésente un pas de géant vers l’avant en terme de maturité et d’audace pour l’artiste qui, même en expérimentant musicalement et linguistiquement, prouve avec celui-ci qu’elle demeurera toujours authentique.
 
Ma cote: 8/10
Coup de coeur de l’album: Gold Diggin’ Hoedown

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