Bon courage Brian !

par Valentin Depret, rédacteur en chef
 
C’est fait, Brian Gallant est notre nouveau Premier ministre.  Bravo à lui. Même si chacun n’est pas d’accord avec les idées de sa plateforme, nous ne pouvons que le féliciter d’avoir gagné le jeu démocratique. Sa tâche s’annonce difficile. Parce qu’il y a fort à faire pour la province. Les emplois manquent à l’appel. Les néo-brunswickois quittent en masse la province pour rejoindre l’ouest.  Et l’éducation, en ce qui nous concerne, est au plus mal.
 
Lorsque je suis arrivé au Nouveau Brunswick, il y a un mois, après plusieurs heures d’avion au-dessus de l’Atlantique, j’ai découvert Brian Gallant à la télévision. Fraîcheur de la trentaine, mèche blonde impeccablement coiffée, costume sur mesure, cravate rouge fringante. L’homme politique par excellence. Puis plus les semaines passaient et plus je pensais qu’il pouvait  gagner les élections provinciales. Des discours et débats en français pour mettre David Coon et Kris Austin hors du jeu. Des leçons d’économie pour décrédibiliser Dominic Cardy. Et un moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste pour vaincre David Alward. Une victoire difficile mais qui me semblait logique au vu de l’impopularité du gaz de schiste.
 
Et maintenant que la campagne est terminée, je m’attendais à passer à autre chose, à retourner à mes activités comme la plupart d’entre nous. Mais un événement, de l’autre côté de l’Atlantique, m’a replongé dans cette campagne et dans les leçons que nous devons en tirer. Il y a quelques jours, j’ai vu l’ancien président de mon pays revenir sur la scène politique. Nicolas Sarkozy, président français de 2007 à 2012, est réapparu. Comme Brian Gallant, lui aussi était parfaitement à l’aise à l’oral, bien coiffé et vêtu. Jusqu’au moment où, contrairement à M. Gallant, il a dit les mots de trop. Lors de son dernier meeting, il s’est montré favorable à l’exploitation du gaz de schiste pour lutter contre le chômage.
 
Et là, toutes les images de la campagne néo-brunswickoise me sont revenues en tête. Le slogan pro-fracturation hydraulique de David Alward, et le moratoire de Brian Gallant. Et j’avais envie de crier à M. Sarkozy, « il faut changer d’avis, tu ne gagneras aucune élection avec ça ; David Alward vient d’être la grande victime de Brian Gallant à cause du gaz de schiste,  et tu veux te lancer dans la même aventure en France ? ».
 
Car le projet libéral de Brian Gallant a séduit la majorité des électeurs du Nouveau Brunswick. Et la fraîcheur de ses idées donne de l’espoir en l’avenir. Mais les hommes politiques promettent souvent beaucoup de choses, avant de se rendre compte qu’ils ne peuvent rien faire. Derrière l’euphorie de la victoire de Brian Gallant, il faudra juger l’homme sur son programme et sur le projet proposé pendant la campagne. C’est aussi ça la démocratie. Nous avons élu notre nouveau premier ministre, mais notre devoir est aussi de vérifier qu’il agit selon ses dires. Qu’il respecte les anglophones comme les francophones. Qu’il considère l’éducation comme un enjeu prioritaire. Et qu’il remette en marche la province, comme il l’a promis pendant un mois.
 
Parfois nous ne croyons plus à la politique car les résultats sont tout le temps les mêmes quel que soit le parti mis au pouvoir. J’ai l’espoir que cette fois sera différente. J’ai l’espoir que Brian Gallant se distinguera des autres. J’ai l’espoir que le Nouveau Brunswick retrouve sa prospérité. J’ai l’espoir que notre vote n’ait pas servi à rien. Alors je souhaite de la réussite à notre nouveau premier ministre. Bon courage Brian !

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