35 ans d’histoire pour le Front

par Brunia Doiron

Jeudi dernier avait lieu le 35e anniversaire du journal étudiant Le Front. Au Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson (CEAAC) situé au sous-sol de la Bibliothèque Champlain, on retrouve une copie originale en papier de la première édition du journal étudiant. « LA JAUNISSE est morte JONES… VIVRE LE FRONT, LE FRANÇAIS » était la manchette de la première publication du Front qui vit le jour le 31 janvier 1977.

Dans le livre de Carolynn McNally, « Histoire de la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton (1969-2009) », on y trouve une section sur les journaux étudiants. Cette section du livre nous peint l’histoire de la naissance du Front jusqu’en 2009. En 1977, le journal étudiant a eu une transformation, parce que l’ancien journal ne représentait plus la réalité, comme le dit Michel Roussy dans son article « Le Front Bravo! » dans Le Front du 8 février 1977.

Le Front et la Fédération étudiante de l’Université de Moncton (FÉUM), ancêtre de la FÉÉCUM, ont toujours eu des conflits, que ce soit de critiquer les décisions administratives de la FÉUM ou tout juste des attaques contre les élus de la FÉUM. Dans le temps, il a des choses qui ont été publiées qui ne seraient jamais publiées aujourd’hui, comme des propos diffamatoires au sujet d’un employé de l’Université de Moncton. Il y a aussi eu des poursuites judiciaires contre les dirigeants du journal et la FÉUM, mais le désaccord a été réglé d’une façon amicale. Le « projet Liberté » a été lancé par le président des Médias acadiens universitaires incorporés (MAUI) Jean Léger en 1986, afin que Le Front soit entièrement indépendant de la FÉUM. Le projet a été jeté, suite à la révision du comité d’étude FÉUM/Front.

Carolane Morneau, ancienne rédactrice en chef du Front nous raconte comment une primeur peut changer tout : « Un des moments où j’ai été la plus fière de publier un scoop, c’est quand j’ai su que l’ancien propriétaire du Old Cosmo avait commencé à faire des menaces à des étudiants du campus. On a été les premiers à parler de ce conflit-là et c’est étonnant de voir jusqu’à où ça s’est rendu… Le fait de publier une nouvelle de cette importance dans notre journal étudiant a prouvé encore une fois comment on était capable d’avoir des primeurs en ce qui concerne l’actualité étudiante. Les médias de la région s’en sont mêlés et c’est ensuite devenu une nouvelle très marquante à l’échelle de la province. Le Front est un journal notoire et il ne faut pas oublier que c’est le seul journal étudiant universitaire francophone en Atlantique ».

Martin Savoie, un ancien rédacteur international, nous explique pourquoi Le Front est toujours vivant après 35ans : « Les gens s’y associent beaucoup plus qu’on y pense. Le Front a été tant une source d’information que de mobilisation pour la masse étudiante. Il a toujours su innover, se renouveler et passer par-dessus les obstacles à travers les années. Certains disent que les étudiants ne lisent pas Le Front, mais nombreux sont ceux qui se plaindraient si l’on venait à perdre la seule source d’information indépendante du campus ».

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