Prenez-nous en considération

Le 2 février prochain, le gouvernement du Nouveau-Brunswick déposera son nouveau budget provincial pour l’année 2016-2017. Longuement attendu par une province progressivement déçue et frustrée par certaines décisions du gouvernement Gallant, ce budget sera le produit de la Révision stratégique des programmes, un exercice de rationalisation budgétaire ayant pour but de trouver des sources de revenus et des économies dans le budget précédant.

De ce budget 2016-2017, on en sait une chose : que l’éducation et la santé, étant des priorités pour les habitants de la province, seront épargnées. Du côté de l’éducation, il est cependant difficile d’affirmer que les fonds seront distribués de façon équitable.

Ce qui nous vient à l’instant en tête est la récente saga d’étude de viabilité des petites écoles dans le nord-est de la province. En ce moment, plusieurs petites communautés célèbrent le fait que leurs écoles à peine fréquentées ont été sauvées, cela bien sûr au détriment des écoles surpeuplées qui caractérisent le reste de la province. Cependant, si on se décide de sauver les petites écoles au nom de la stabilité communautaire et pour éviter un suicide politique, qu’en devient du reste des établissements scolaires et universitaires de la province?

Si, même après une étude de viabilité, les écoles qui comportent moins de 100 élèves, ou possèdent un taux d’occupation de 30 % dans le nord-est de la province restent toujours ouvertes et reçoivent un financement pour des rénovations de la part du gouvernement, qu’est-ce que cela signifie pour les universités? Déjà dans le rouge, l’Université de Moncton adopte depuis l’an dernier des mesures drastiques pour garder sa tête hors de l’eau, notamment en imposant un gel sur les droits de scolarité et en adoptant un budget déficitaire de plus d’un million de dollars en mars 2015.

Avec un support restreint du gouvernement provincial, c’est l’unique université francophone au Nouveau-Brunswick qui en souffre. Et plus l’université souffre, plus les étudiants décident de quitter la province et d’aller étudier ailleurs. Il s’agit bien entendu d’une problématique bien plus complexe, relevant de conditions socioéconomiques diverses, mais les faits se condensent en un point : si vous voulez gardez la jeunesse éduquée au Nouveau-Brunswick, il faut bien prendre soin de ses universités.

Les étudiants universitaires et postsecondaires n’ont peut-être plus de parents acharnés pour défendre bec et ongles leurs droits et privilèges, mais leur futur est tout aussi important que celui des écoliers. Il faut garder en tête que notre manière de traiter les étudiants universitaires influence non seulement leur parcours, mais possède également un impact direct sur l’endroit où ils voudront se placer suite à leurs études. Si on veut combattre l’exode qui pèse sur notre province, cela doit commencer dans nos universités.

Au gouvernement Gallant, nous lui demandons de nous prendre en considération lors de l’élaboration de son prochain budget.

L’avenir de notre province et de notre pays, ça passe par nous, les étudiants universitaires.

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