Alep ne sera bientôt plus

L’INTERNATIONAL C’EST PAR ICI! : Chronique internationale avec Marine Pirodeau.

La guerre en Syrie. Le bilan des victimes s’alourdit de jour en jour et ce dans l’indifférence la plus totale. Il est difficile d’avoir une estimation exacte mais le Centre Syrien pour la Recherche Politique (SCPR) parle d’un bilan de 470 000 victimes depuis le début de la guerre. L’origine semble maintenant tellement loin et floue pour bon nombre de personnes. Mais alors, comment tout a débuté? Comment la situation a-t-elle pu dégénérer ainsi?

L’origine du conflit

C’est en 2011 que tout a commencé. Initiés par le peuple tunisien, des mouvements de contestation contre les pouvoirs en place au Moyen-Orient ont vu le jour, c’est ce que l’on appelle aujourd’hui le Printemps Arabe. De nombreux pays de cette région ont été secoués par cette vague de protestations : la Tunisie, l’Égypte, la Libye, la Syrie mais aussi l’Algérie, le Yémen et bien d’autres. Les demandes du peuple étaient légitimes : plus de droits, plus de libertés et dans certains pays, la chute du régime en place était même demandée. L’issue de ces protestations n’a pas été la même pour tous. La situation de la Syrie tout comme celle de la Libye sont de loin les plus dramatiques.

En Syrie, le peuple était fortement malmené par le régime en place : le parti Baas et leur « président » Bachar al-Assad n’ont pas hésité à faire usage de la force afin d’éteindre cette contestation. Malgré la sincérité des demandes pour plus de droits, les islamistes présents sur le territoire ont réussi à détourner la révolution à leur avantage afin de se débarrasser du clan Baas qui règne sur la Syrie depuis de nombreuses décennies. Très vite, les affrontements se transformèrent en guerre civile avec d’un côté le pouvoir en place et de l’autre les rebelles Islamistes.

Il ne faut pas se méprendre, la situation est plus complexe qu’elle n’y paraît et ces deux acteurs ne sont pas les seuls présents en Syrie. En plus du clan de Bachar al-Assad et des rebelles (affiliés à l’État Islamique), l’armée syrienne libre, qui est soutenue par de nombreux pays occidentaux, se bat contre le clan Assad. Les Kurdes quant à eux, situés dans le Nord du pays, souhaitent leur indépendance et combattent à la fois contre le clan Assad et les rebelles.

Mais alors pourquoi cela est-il si différent des autres pays ?

La Syrie a une position géostratégique bien particulière. Ses alliés ne sont autres que la Russie et l’Iran et ces derniers n’ont de cesse d’approvisionner le pouvoir en place en vivres et munitions pour continuer la guerre. Ces deux pays se sont donc invités aux tables des négociations afin de plaider la cause de Bachar al-Assad. La Russie a encore une fois bloqué un projet de résolution initié par la France le 8 octobre dernier. Malgré l’urgence de la situation dénoncée par de nombreuses ONG et l’ONU, la communauté internationale n’arrive pas à trouver d’accordentre les deux partis soutenus l’un par la Russie et l’autre par les États-Unis.

La situation d’Alep

Alep a une importance toute particulière pour le régime syrien puisque en récupérant cette ville, cela leur permettrait de « libérer » d’autres territoires. Ce serait donc une victoire symbolique et stratégique dans la guerre. Pour le clan Assad, peu importe si la ville est rasée, l’important est d’en chasser les islamistes encore présents, que l’on estime à 900 combattants.

La situation à Alep-Est est plus que critique. La ville, aux mains des rebelles islamistes depuis 2012, ne cesse d’être bombardée jour après jour. Elle est prise entre deux feux puisque les bombardements des deux belligérants touchent, pour la plupart, des civils. Malgré un cessez-le-feu qui dura une semaine, les 275 000 personnes encore présentes souffrent cruellement de la situation. C’est ce qui a poussé des ONG à écrire une lettre ouverte aux responsables diplomatiques en demandant un cessez-le-feu le plus rapidement possible afin de pouvoir apporter de l’aide humanitaire à la population.

Les négociations à Lausanne, en Suisse, le 15 octobre dernier n’ont malheureusement pas apporté de solutions concrètes. Ainsi, les bombardements continuent de s’abattre sur la ville et les civils, détruisant au passage les derniers hôpitaux et écoles restants encore debout. Si la situation ne change pas, L’ONU estime que d’ici Noël, Alep sera complètement détruite.

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