Aménagement des réfugiés : un groupe d’étudiants se mobilise

AB_Aménagementdesréfugiés1

Quelques membres du comité d’aide aux réfugiés composé par des étudiants en médecine. De gauche à droite: Eric Holmes, Alexandre Corriveau, Josée Haché, Maude Lanteigne, Mireille Lévesque, Sophie Bourque, Sara Thomas, Laura Farquharson, Laurence LeBlanc-Martin, Clara Kalulumia. Photo: Alexandre Boudreau, Le Front

Après quelques mois d’attente, les familles de réfugiés syriens arrivent finalement au Canada. Un groupe d’étudiants en médecine s’est assemblé pour leur venir en aide.

La guerre civile syrienne, qui date de 2011, a eu comme effet de créer une atmosphère instable dans le pays. Cette instabilité ainsi que l’expansion de l’État islamique dans la région ont poussé un flot considérable de migrants vers l’Europe, donnant naissance au phénomène connu sous le nom de crise des réfugiés.

Pour atténuer les effets de cette crise, plusieurs pays ont accepté d’accueillir leur nombre de migrants, dont le Canada. Le cabinet de Justin Trudeau estime que l’accueil de nouveaux réfugiés se poursuivra durant l’année 2016. Moncton accueillera elle-même sa part de réfugiés, dont le nombre s’estimerait à 300 pour la région du Grand Moncton. Cependant, George Leblanc, le maire de la ville de Moncton, a prévenu que ce ne serait pas chose facile d’accueillir adéquatement tant de réfugiés, selon un article de la CBC.

Un groupe d’étudiants en médecine du centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick, le CFMNB, a comme objectif de conscientiser les étudiants aux défis d’adaptation que les réfugiés ont à relever au Canada.

Pour ce faire, ils entendent entre autres organiser un concert-bénéfice, au style de Jammers du Campus, afin de recueillir des dons matériels pour aider les familles de réfugiés établies dans la région du Grand Moncton. Selon Laurence Leblanc-Martin, étudiante du CFMNB, le groupe planifie également une vente de sacs réutilisables aux marchés de Dieppe et de Moncton pour le bien des réfugiés; les profits, convertis en un système de coupons valides au marché, permettraient à ces familles de profiter du marché d’elles-mêmes.

« C’est une idée qu’on a prise du marché de Sackville. C’est communautaire, ça permet de rencontrer des gens, de connaitre différentes cultures », dit-elle.

Afin de contribuer à leur effort de conscientisation, une conférence sur la situation actuelle en Syrie sera tenue au CFMNB en début février, animée par Anouk Utzschneider, conseillère en mesures et évaluations au CFMNB. Cette conférence aura comme but d’informer la population générale du contexte duquel proviennent les réfugiés syriens.

Pour mesurer le niveau de conscientisation actuellement présent à l’Université de Moncton, le Front a contribué à l’élaboration d’un vox-populi d’étudiants de différents programmes.

« Je sais qu’environ quatre millions de personnes ont fui leur pays pour échapper à la guerre et la plupart des pays qui les accueillent ne sont pas préparés à les recevoir. Selon moi, du point de vue humanitaire, il est de notre devoir d’accueillir ces gens à bras ouverts et de les aider à mieux s’adapter à notre culture et à nos façons de faire. » – Marie-Pier Vienneau, étudiante en Gestion, loisirs, sports et tourisme.

« En fait, je ne me suis pas vraiment informé sur la situation. Je sais qu’ils tentent de quitter leur pays à cause des guerres qu’ils subissent. On essaie de leur offrir des emplois, des toits, et plus encore, et je crois que c’est ce qui doit être fait. Cependant, comme on l’a remarqué sur les réseaux sociaux, ce n’est pas tout le monde qui est d’accord. Pour ma part, je suis d’accord qu’on leur offre ces belles opportunités, mais je crois que nous devrions offrir les mêmes aux Canadiens qui en ont autant besoin. » – Jonathan Cormier, étudiant en Psychologie.

« Plusieurs millions de Syriens tentent de fuir les guerres qui ravagent la région depuis 2011 et les pays environnants ont de la difficulté à en accueillir autant. La migration vers l’Europe se fait difficilement, pour des raisons autant politiques que physiques. Ici, le nouveau gouvernement de Justin Trudeau a promis d’accueillir 25 000 réfugiés… J’approuve. Il remet le Canada à sa place. L’opinion publique vacille entre l’empathie et l’islamophobie depuis les attentats de Paris. C’est absurde! On réagit mal face à une crise humanitaire aussi considérable » – Vincent Auffrey, étudiant en Histoire.

« Il ne faut jamais fermer la porte aux gens qui nous demandent de l’aide. Lorsque c’est une question de vie ou de mort, il n’y a vraiment pas d’excuses. Du côté humanitaire, il faut que tout le monde soit prêt à aider les gens qui risquent la mort et qui perdent des membres de leur famille. […] Le Canada essaye vraiment d’aider les réfugiés. Ce n’est pas nouveau pour le Canada et pour les Canadiens qui n’hésitent pas à offrir leur aide dans les missions humanitaires » – Youssef, étudiant en Biochimie.

« Ils sont de Syrie, mais leur pays n’est pas sécuritaire, ils vivent dans de mauvaises conditions, donc le Canada les a acceptés dernièrement. C’est une chose qui est bonne pour le Canada, notre image, et même, notre économie. Je suis totalement en faveur de l’accueil sécuritaire d’un nombre maximal de réfugiés syriens.» – Nicolas Richard, étudiant en Économie.

Reste à voir comment les familles de réfugiés pourront s’acclimater au rythme de vie de Moncton malgré les nombreux défis d’adaptation auxquels ils devront faire face.

L’exposé sur les enjeux des réfugiés aura lieu le 4 février au local 214 du centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick. Le concert-bénéfice est prévu pour le 18 février prochain.

Partagez!