Au soccer masculin, une saison crève-cœur s’achève

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La saison de soccer masculin s’est achevée pour les Aigles bleus par une lourde défaite 4-0 face à Acadia, le 1er novembre. Quel bilan tirer de l’exercice 2015 ?
Neuf défaites, trois égalités et une seule victoire. Une avant-dernière position au classement de la ligue. Les statistiques sont cruelles pour l’équipe de l’Université de Moncton.

Étonnant pour une formation qui, deux ans passés, performait encore excellemment—le capitaine Antonie Godin rappelle qu’à l’époque, elle avait terminé la saison dans le top 10 canadien.
Plusieurs joueurs pointent du doigt les blessures comme facteur principal de la mauvaise saison : « L’absence d’Abdul (Ahmed Abdul-Raman), un des piliers de l’équipe, nous a fait mal. À un moment donné, les gars ont baissé la tête », explique Olivier Hussein, recruté en début d’année académique.
Les Aigles bleus avouent pour la plupart être déçus par leur saison : « Du côté des résultats, on s’attendait à mieux. On a perdu deux, trois matches dans les quinze dernières minutes… », confie Louis Bergeron, gardien titulaire de la formation, qu’il a rejointe il y a déjà trois ans. Le capitaine embraie sur ces propos : « Je ne suis pas satisfait, c’était une saison difficile ! ».
Gradins vides
Pour couronner le tout, le public cette année n’était pas présent. À plusieurs reprises, les tribunes du stade 2010 n’étaient occupées que par quelques dizaines de personnes, souvent les membres de la famille des joueurs.

L’immensité de l’arène accentue bien évidemment cette sensation d’abandon. Antonie Godin précise qu’en matière de spectateurs, cette année a été la pire dans sa carrière. Ce constat sans appel prend encore plus de poids quand on sait que Godin évolue depuis cinq ans dans la formation universitaire.
Il identifie aisément la raison de ce désamour collectif : « Les gens viennent nous voir quand on ne perd pas ». La saison écoulée étant loin de s’apparenter à un long fleuve tranquille, les potentiels spectateurs ne se sont pas déplacés en nombre.
Louis Bergeron ajoute que c’est aux étudiants, à l’université et à l’équipe de soccer de se poser la question de la faible fréquentation du stade et des solutions à y apporter.
Dans le cruel univers du soccer professionnel, quand l’équipe va mal, c’est le coach qui saute. Fort heureusement, la situation paraît bien différente à l’université. Les joueurs, par la voix de leur capitaine, assument pleinement leur part de responsabilité dans le naufrage : « La relation avec l’entraîneur n’a pas joué sur la saison. Ce sont les joueurs qui sont sur le terrain ! ».
Du sang frais pour tout changer
Cependant, au niveau du jeu ou de la mentalité, le bilan du défunt championnat est loin d’être mauvais. Les nouveaux joueurs ont été rapidement intégrés à l’équipe, et les résultats ne reflètent pas vraiment les potentialités de celle-ci. En effet, de nombreuses parties se sont terminées par un seul but d’écart.
« On avait bien commencé l’année, avec deux matches nuls », estime le dernier rempart monctonien. Si l’on ajoute à cela les confrontations perdues sur le fil, les statistiques auraient sans doute présenté un tout autre visage.
Par ailleurs, le renouvellement du onze de base est sans doute assuré : « On a une équipe jeune, qui a pris de l’expérience sur le terrain cette année, et ça, c’est positif ! », se réjouit Antonie Godin.
Olivier Hussein abonde dans le même sens que son coéquipier : « L’ambiance dans l’équipe est très dynamique, nous sommes une famille plus qu’une simple équipe ». Il tient également à souligner l’excellente relation entretenue avec les Aigles bleues, qui ont, elles aussi, connu une saison 2015 parsemée d’embûches. D’après ses dires, cette dernière repose sur l’entraide mutuelle. Et, de fait, la plupart de l’équipe de soccer masculin assistera quelques heures après cette entrevue à la confrontation entre leurs homologues féminines et Memorial.
À l’heure d’imaginer à quoi ressemblera la prochaine saison, les joueurs mêlent optimisme et réalisme. D’une part, ils sont conscients des progrès à réaliser dans divers secteurs, comme Olivier Hussein en témoigne : « Je dois travailler très fort au niveau physique et mental ».
Il considère également qu’un travail en profondeur devra être réalisé en matière d’attaque et de défense. En outre, « l’an prochain, on manquera de grands attaquants, comme Christian Yapi…mais Eder et Jean-Michel Dako seront de retour ! ».
C’est justement la composition future de l’équipe qui génère un certain enthousiasme parmi ses représentants : «  Alexandre Thériault, Louis Bergeron, Eder, Jean-Michel Dako joueront la saison prochaine. Ces gars ont vraiment les Aigles bleus à cœur ! », détaille Antonie Godin. La formation universitaire ne souffre d’aucun complexe d’infériorité par rapport à ses concurrents, malgré les défaites récurrentes face à ceux-ci.
« Je ne crois pas qu’on soit en-dessous du niveau de la ligue, je suis donc très optimiste pour l’an prochain », affirme Louis Bergeron. Son intervention est néanmoins ponctuée par une touche plus nostalgique : « Le départ du capitaine va créer un certain vide… ». En effet, après cinq ans de bons et loyaux services, ce dernier a décidé de tirer sa révérence.
La devise de l’équipe cette année semble donc avoir été « contre mauvaise fortune, bon cœur ». Au vu de la mentalité affichée et du talent propre à chacun, la formation semble bien armée pour relever la tête et fièrement défendre les couleurs bleu et or en 2016 !

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