Augmentation drastique des frais de scolarité envisagée

par Anthony Doiron

Les étudiants internationaux en paieraient la note

Le Front a mis la main sur une copie du budget 2013-2014 de l’Université de Moncton qui devrait être soumis au vote du conseil des gouverneurs ce samedi 13 avril. Si aucune modification n’est apportée au document d’ici là, les étudiants de l’Université de Moncton (UdeM) auront toute une surprise à leur session d’automne.

Selon ce qu’indique le rapport, les étudiantes et étudiants canadiens de premier cycle devront prévoir une augmentation de 150 $ de leurs droits de scolarité, ce qui est le montant maximal qu’a permis le gouvernement provincial pour l’année 2013-2014.
Quant aux étudiantes et étudiants internationaux de premier cycle, ils verraient leurs droits de scolarité s’additionner de 1000 $, soit 11,1 % de plus que l’année précédente (8972 $). Contrairement aux étudiants canadiens, les étudiants internationaux ne bénéficient d’aucun plafond d’augmentation.

Toujours selon ce document, le budget d’opération du Vice-rectorat aux affaires étudiantes et internationales se verrait augmenté de 44 000 $. Le Bureau du recrutement étudiant, quant à lui, bénéficierait d’une augmentation budgétaire de 288 000 $.

Sous le sceau de la confidentialité

Le Front a contacté Richard Saillant, Vice-recteur à l’administration et aux ressources humaines, afin de corroborer ces chiffres. M. Saillant s’est dit incapable de discuter de son contenu, sous prétexte qu’il est sous le sceau de la confidentialité.

Même son de cloche à la FÉÉCUM (Fédération des étudiants et étudiantes de l’Université de Moncton) : « Malheureusement, ce sont des documents confidentiels. Je ne peux pas commenter là-dessus avant qu’ils soient adoptés », dit le nouveau président de la Fédération, Kevin Arseneau.

La FÉÉCUM appelle à la manifestation

La FÉÉCUM appelle les étudiants à manifester pendant la rencontre des membres du conseil des gouverneurs de l’UdeM. Les manifestants doivent se rencontrer ce samedi 13 avril au centre étudiant à 13 heures. C’est ce qu’a annoncé l’exécutif de la Fédération, lundi, devant une centaine d’étudiants présents lors d’une réunion d’urgence au Coude, le café-bar étudiant de l’université.

Le budget provincial ne prévoyant aucune augmentation du financement accordé à l’éducation postsecondaire, la FÉÉCUM craint une augmentation des frais de scolarité.

Kevin Arseneau est catégoriquement opposé à ce qu’une telle augmentation puisse être votée par les gouverneurs.
« [En manifestant], on veut s’assurer que le fardeau ne tombe pas sur les étudiants. Oui, il y a un manque à gagner, oui, il faut aller chercher de l’argent quelque part, mais nous ce qu’on dit c’est ‘venez pas le chercher chez nous’. Il y a d’autres endroits où on peut aller chercher cet argent-là. Cette année, laissez faire : c’est pas de nos poches que vous allez le prendre », dit-il.

Quelle place des étudiants dans les négociations?
Lors de son court entretien avec M. Saillant, Le Front s’est intéressé à savoir pourquoi de telles informations ne sont pas discutées avec les étudiants avant d’être votées. M. Saillant a indiqué que les étudiants ont été consultés et ont eu la chance de s’exprimer lors d’un processus de consultation budgétaire qui a eu lieu près d’un mois passé. Notons que cette consultation a eu lieu avant même le dépôt du budget provincial.

Pierre Losier, directeur général de la FÉÉCUM, nuance ces propos : « Consulté, c’est un gros mot. Je trouve plutôt que le processus est comme un exercice de transparence de la part de l’administration de l’université sur les besoins des facultés, service, bureau de l’université, etc. On ne siège pas au comité de budget, mais on assiste aux présentations des différents directeurs et directrices du campus ».

M. Losier souligne qu’il trouve important pour la FÉÉCUM d’assister à une telle consultation, mais précise que leur présence dans le processus s’arrête là et ne reprend qu’au conseil des gouverneurs où siège la présidence de la Fédération.

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