Bande de « keepers » : Des cookies dans la cyber-intrusion

CMN_LesCookies_7octobre

La « légale » cyber-intrusion.

Amoureux du septième art, vous accourez au cinéma à chaque sortie de film. Soudain un jour, pour une raison que seul vous connaissez, vous êtes incapable d’y aller : vous vous rendez alors sur un site web de téléchargement illégal. Après avoir suivi votre film, vous dormez avec la peur au ventre que la GRC fracasse votre porte ou pire – rêvons un petit peu – que la CIA débarque dans votre appartement comme dans les films !

Plus de peur que de mal, vous recevez un courriel d’avertissement de la part de la direction générale des technologies de l’Université de Moncton ; sachez que vous en courrez jusqu’à 5 000 dollars canadiens si l’ayant droit du film décide de vous poursuivre en justice … Le lendemain, en allumant votre ordinateur, l’antivirus de votre machine vous accueille avec la notification suivante : « Devenez invisible sur internet grâce à notre offre sur mesure ! » Simple coïncidence ou pas ?

Dans la croûte d’un cookie

Le web n’est pas une eau tranquille, ayez les pieds fermes lorsque vous surfez sur ses vagues en colère : les hackers ne sont pas les seuls à vouloir savoir ce que vous faites sur vos machines. Les cookies informatiques, ou témoins de connexion, sont des fichiers textes conservés sur votre machine par les sites web que vous consultez. Théoriquement, les sites web le font pour améliorer votre expérience de navigation en échantillonnant vos préférences ; cependant, cette pratique des sites web se transforme souvent en une simple et pure intrusion dans la vie privée. Lorsque vous surfez sur le web, votre fureteur répertorie les différentes adresses que vous avez consultées dans un journal, appelé historique de navigation. Si les cookies sont créés par les sites web que vous consultez, l’historique de navigation permet cependant au fureteur de retracer votre activité en ligne. Ainsi, l’antivirus de votre machine va tirer profit du fait que vous consultez un site de téléchargement illégal, pour vous proposer un service qui cache votre activité en ligne.

Heureusement, supprimer les cookies ainsi que l’historique de navigation de sa machine ne relève pas de la magie. Selon le fureteur que vous utilisez pour naviguer sur le web, Internet Explorer par exemple, il y a un bouton consacré à la suppression de l’historique de navigation. En ce qui concerne la suppression des cookies, en général, cela fait au niveau des paramètres – paramètres de contenu ou des options – vie privée de votre fureteur web. Vous pouvez également programmer la suppression automatique de l’historique de navigation à la fermeture de votre fureteur web, afin d’éviter de le faire manuellement à répétition. Toutefois, si vous détestez vous identifier à tout bout de champ sur des boites de messagerie, Facebook et Outlook par exemple, supprimer les cookies est une très mauvaise idée qui vous mettra en colère des heures durant – surtout si vous êtes de ceux pour lesquels les mots de passe sont des vieux et lointains souvenirs : heureusement de nos jours, récupérer un mot de passe oublié relève de la routine.

La navigation privée

Disponible sur Safari, Mozilla, Internet Explorer et d’autres fureteurs web, la navigation privée est un mode de navigation qui permet, entre autres, à résoudre la question des cookies et de l’historique de navigation. Cependant, la confidentialité offerte par ce mode reste limitée au cadre légal : votre fournisseur d’accès internet, votre employeur et les sites web que vous visitez pourront toujours faire le suivi de votre activité en ligne, le mode navigation privée n’en demeure pas moins meilleur qu’une navigation en mode standard. Ce mode de navigation consomme moins d’espace disque par exemple – bien qu’il ne s’agisse que de quelques mégaoctets voire kilooctets. À présent, vous avez le choix entre vous faire croquer comme un cookie par la surveillance « légale » en ligne et neutraliser les cookies, bande de « keepers » !

Partagez!
Advertisment ad adsense adlogger