Bande de « keepers » : les fichiers problématiques

CMN_LesFichiersProblématiques_25novembre

Clippit – Compagnon office de la suite Microsoft Office de 1997 à 2004.

La bureautique semble désormais loin derrière nous, même Clippit a dû être abandonné depuis belle lurette. Auparavant, des salons étaient organisés autour de l’usage du matériel informatique de bureau… Aujourd’hui, il s’en fait encore, mais avec moins de médiatisation qu’au cours des années 90. Quoique la bureautique soit, à tort, limitée aux logiciels de traitement de texte comme la suite Microsoft Office, elle a permis une meilleure compréhension de l’informatique moderne, notamment grâce à un tout petit mot : fichier.

Du concret ?

Nombreux sont ceux qui, lorsque la mention du mot « fichier » est faite, se font directement l’image d’un « W » bleu dans la tête. Au pire, certains s’imagineront un fichier mp3, une image, une vidéo… et pourquoi pas un film téléchargé sur µTorrent. Excepté pour les bureaucrates, rares sont ceux qui conçoivent un fichier comme un « meuble, boîte, classeur contenant des fiches » selon le Petit Robert 2016, et même pour les bureaucrates, l’information tend de plus en plus à être informatisée. La bureautique en général, et le fameux « W » bleu de Microsoft Word en particulier, ont fortement favorisé cette conception volatile du « fichier ». D’un point de vue informatique, un fichier est un ensemble de données partageant un même format. En gros, le format que partagent ces données, quant à lui, permet d’une part la manipulation du fichier comme une unité insécable et d’autre part à savoir, grâce à l’extension, les logiciels qui facilitent cette manipulation. Un morceau de musique, par exemple, est un fichier de type audio qui peut être encodé sous différents formats dont quelques extensions sont .mp3, .wav, .ram. Pour les documents texte, les extensions les plus connues sont .docx et .pdf, et il existe des centaines d’extensions pour chaque type de fichier. Cependant, si tous les types de fichier peuvent être inoffensifs pour un ordinateur, il y a deux types de fichier pour lesquels une attention particulière s’impose : les fichiers exécutables et les fichiers texte, l’un intimement lié au système d’exploitation (OS) et l’autre à l’interpréteur de commande (Shell).

Père et fils

Le système d’exploitation d’un ordinateur, Windows 8.1 par exemple, est un gigantesque logiciel qui sert d’environnement de fonctionnement pour tous les logiciels d’application comme Microsoft Office et l’interpréteur de commande. Si les fichiers exécutables sont intimement liés au système d’exploitation d’un ordinateur, c’est parce que les fichiers exécutables contiennent des logiciels d’application. Lorsque Internet Explorer est lancé, le programme écrit dans ce logiciel crée un chemin d’accès indiquant au système d’exploitation d’afficher le navigateur à l’écran. Lorsqu’il s’agit d’installer un logiciel sur l’ordinateur, le système d’exploitation se lave les mains et se remet à la décision de l’utilisateur, étant donné que la relation entre le système d’exploitation et un fichier exécutable peut rapidement devenir semblable à celle d’un geôlier (système d’exploitation) et d’un truand (fichier exécutable) : dès lors qu’un fichier exécutable obtient la permission du système d’exploitation, par la tromperie (le cas des chevaux de Troie), par la force (les virus par exemple) ou simplement par la naïveté de l’utilisateur, ça devient le chaos dans l’ordinateur ! En effet, la majorité des menaces informatiques sont contenues dans des fichiers exécutables, toutefois, nombreux fichiers exécutables sont des logiciels légitimes !

Un proverbe dit : « La faiblesse d’un père se trouve dans sa queue ». L’interpréteur de commande est un programme hérité du système d’exploitation : l’invite de commande (cmd) sur Windows et le Bash sur Mac OS. Il a pour caractéristique principale de servir d’intermédiaire entre l’utilisateur et le système d’exploitation, du coup, une personne incapable d’écrire le code complexe d’un virus, peut toutefois utiliser le langage de l’interpréteur de commande pour nuire au système d’exploitation. Si les fichiers exécutables contiennent des logiciels avec une interface graphique (ou pas) et un programme sous-jacent, les fichiers texte sont les fichiers dans lesquels sont écrits ces programmes. Et ces fichiers texte peuvent être convertis en un type de fichier exécutable compréhensible par l’interpréteur de commande : les fichiers d’extension .bat pour Windows et .shell pour Mac OS. Ces fichiers sont problématiques, car ils peuvent être lus par l’interpréteur de commande et ainsi dicter des actions au système d’exploitation, comme formater le disque dur de l’ordinateur, et ce sans être neutralisé par les antivirus les plus connus – Oui oui ! Quand vous téléchargez un fichier, veillez à l’extension du fichier, entre autres, .exe et .bat sur Windows. Pour la première, la meilleure protection est un bon antivirus et pour la seconde, la prudence. Plutôt que d’ouvrir les fichiers en .bat, il est idéal de les modifier en cliquant sur le bouton droit de la souris et en choisissant l’option modifier ou éditer, et si vous voyez que le code dans ce fichier contient des expressions sensées comme format et shutdown, autant passer votre route bande de « keepers » !

Partagez!