Du banjo au solo, le parcours unique de Julie Aubé

Julie Aubé au lancement de son premier album solo, à Moncton. Photo : Anthony Azard, Le Front

Julie Aubé… Ça vous dit quelque chose ? Est-ce que les Hay Babies vous parlent un peu plus ?

PORTRAIT – Julie est membre de ce groupe originaire du Nouveau-Brunswick, avec ses fidèles acolytes Vivianne Roy et Katrine Noël, depuis cinq ans. Déjà bien connues dans la scène musicale de l’est du Canada, les Hay Babies ont développé un son assez unique qui penche vers le indie et le country folk.

À la fois femme d’affaires, poète et artiste multidisciplinaire, Julie se pose plusieurs réflexions sur l’avenir de sa carrière depuis un moment déjà.

Le Front a rencontré Julie Aubé à peine 30 minutes avant son lancement d’album, dans une ambiance décontractée au bar Le Caveau qui borde la rue piétonne Downing.

Voici le portrait d’une jeune prodige qui définit la vie comme étant « un verre d’eau toujours à moitié plein pis qui se remplit jamais ».

Photo : Julie Aubé

Un début incertain… qui deviendra fracassant !

C’est dans un coup d’élan qu’en 2012, Julie Aubé, Vivianne Roy et Katrine Noël décident de se lancer dans un projet commun; celui des Hay Babies. Elles décident de s’inscrire au concours musical Accros de la chanson organisé par la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick.

Il s’agissait d’un début où la destinée était peu assurée, mais peu importe ce qu’il en advenait, il était important pour elles de faire ce qu’elles adoraient : de la musique.

« Les first trois ans, c’était tough ! Des fois, on était un p’tit peu depressed. C’était pas bien balancé nos vies. On était trop gone souvent, on travaillait trop. Depuis les derniers trois ans, on s’est radorcées, on était ben smooth pis là on est sur une belle remontée qui va slow, mais smooth ».

– Julie Aubé

Le groupe a rapidement connu beaucoup de succès. Les émissions phares de l’époque en Atlantique ont commencé à inviter les membres du groupe à leurs émissions.

Le premier album Mon Homesick Heart a fait sa sortie en 2014 et a bien tourné dans les radios de l’Est canadien.

Les Hay Babies poursuivront leurs nombreuses apparitions, projections, vitrines et spectacles, pour se diriger finalement vers des tournées.

 

Les Hay Babies, groupe de Katrine Noël, de Julie Aubé et de Vivianne Roy (de haut en bas). Photo : Les Hay Babies

Grâce à leur chimie, elles ont toutes ressenti dès le départ que l’énergie du groupe plaît aux nombreux admirateurs qui les écoutent au Nouveau-Brunswick, au Canada et en Europe.

« On faisait toutes de la musique individuellement. J’faisais déjà des shows, j’allais dans des festivals toute seule, les filles faisaient ça aussi. Quand on s’est rencontrées, on [se disait] comme  »basically c’est vous autres mes best friends, right »? On est trois filles pareilles, pis on était prêtes à toute [sacrifier] everything, nos jobs, nos plans, nos jobs, everything. »

De musicienne à poète, une histoire issue des coulisses

Puisque le groupe était toujours en tournée, Julie Aubé a dû canaliser ses frustrations. Pour cette grande amatrice de l’art, il n’était plus possible pour elle d’écrire des chansons. De façon naturelle, elle s’est donc lancée dans l’écriture de poésie.

« Je m’ai donné le défi d’écrire un poème par jour, pour juste comme stimuler ma créativité. J’ai faite ça pour un an everyday. Vers la fin de l’année, j’ai commencé à aimer mes poèmes pis là j’ai pensé, ben j’pourrais comme les publier. »

– Julie Aubé

Son goût pour l’écriture provient d’un grand poète reconnu en Acadie, celui qui a publié Acadie Rock en 1973.

« J’lis beaucoup Guy Arseneault, c’est ma plus bonne inspiration. »

C’est ainsi qu’en 2016, l’artiste originaire de Memramcook, au sud-est du Nouveau-Brunswick, a lancé un recueil de poésie qui porte le nom de La poètrie de l’écrivante. Pour Julie, il était important de publier ce qu’elle créait, tout comme la musique qu’elle produisait avec Les Hay Babies.

« C’est comme publier ses chansons, c’est mes paroles, c’est une continuation de ma musique, c’est toute part of that. »

Photo : Julie Aubé

Le sens des affaires… ou plutôt l’instinct de collectionneuse ?

Sans penser qu’elles en avaient assez sur les bras, Julie Aubé et Katrine Noël ont décidé de se lancer dans un projet d’affaires qui part de leur passion commune, celle des articles rétro.

« J’ai toujours été passionnée d’articles vintage. Quand j’étais jeune, moi pis ma mère on allait dans les magasins de la Salvation Army pis je shoppais toute mon linge là. J’pense que c’est de là que ça part cette passion-là. »

– Julie Aubé

Ok My Dear aura eu pignon sur la rue Mountain pendant environ deux ans. Ce magasin aura permi à Julie Aubé de se découvrir réellement comme personne.

« J’apprends assez rapidement que j’ai pas vraiment le sens des affaires, mais en faite, j’me vois plus comme une collectionneuse. J’adore ramasser des choses pis en fait, j’comme une hoardeuse » termine-t-elle en ricanant.

La femme d’affaires a toujours à cœur son « petit bébé » et continue de chercher des manières de développer son entreprise qui concentre désormais ses opérations sur le web.

« J’enlève pas l’idée d’ouvrir des genres de pop-up shop dans les tournées que j’vais aller, juste mettre le linge que j’ramasse. J’continue de vendre sur Internet so j’ai pas l’intention d’arrêter ça. »

Un appel inattendu

L’idée de la carrière solo était un désir pour la jeune artiste, qui voulait étendre sa créativité et l’exploiter à son plein potentiel. En 2015, un nouveau gérant de label à Montréal a convaincu Julie de lancer une carrière solo.

« J’me suis faite appeler par un monsieur que j’ai rencontré quand j’avais 16 ans qu’avait juste comme commencé un label à Montréal pis il m’a dit : « Hey, j’commence un label. J’t’ai pas oubliée. Ça fait sept ans qu’on s’est pas parlés, but j’aimerais ça que tu fasses un album solo » ».

– Julie Aubé

Elle n’a pas hésité. Elle soutient qu’il est rare qu’un projet vienne par un simple appel téléphonique, ce qui explique pourquoi elle a accepté ce projet presque immédiatement.

« Cecitte, c’est ta vie asteure. Ta vie, c’est faire de l’art. Faut que tu prennes toutes les opportunités que tu peux. »


Quant aux détails exacts de sa carrière solo à l’avenir, elle reste toujours incertaine. Elle envisage plutôt une réflexion approfondie après quelques prestations solos. Pour le moment, Julie prend sa nouvelle vocation un jour à la fois.

« Les Hay Babies, ça prend encore toute mon énergie à ce point-ci. Ça me tient vraiment à cœur ce projet [solo] icitte. J’l’aime beaucoup, pis j’le fais juste pour moi, so même si le monde aime pas ça, même si ça prend pas l’ampleur des Hay Babies, j’care pas vraiment. J’dédie tellement ma vie aux Hay Babies qui faut que je fasse quelque chose pour moi-même. »

Carrière solo… mais pas la fin du groupe

Pour taire les rumeurs de certains, elle confirme que ce n’est pas la fin des Hay Babies. Elle y voit même un effet positif qui s’en ressort lorsque chacune d’entre elles développe des initiatives personnelles sur le terrain.

« Pour les gens qui ont peur que c’est la fin de notre groupe, non, c’est vraiment pas la fin des Hay Babies. Le fait qu’on a des projets chacun qui nous font faire vivre d’autres affaires, ben c’est ça qui rend les Hay Babies encore meilleures. Actually, on a jamais été aussi tant en feu que ça, on boost de créativité. »

– Julie Aubé

Suite à ce lancement d’album, Julie Aubé prendra deux semaines de vacances, le temps de prendre un peu de temps pour elle avant de se lancer dans une série de spectacles et une tournée.

« J’menva après ça pour mon projet solo avec les Coup d’cœur francophone du côté de Montréal. Y’a plein de tournées qui s’en viennent après. C’est le fun de vivre ça ! »

L’album de Julie Aubé se retrouve sur toutes les plateformes numériques depuis sa sortie officielle le 13 septembre dernier. Déjà, elle se retrouve en projection du palmarès de la radio communautaire et étudiante CKUM et son bijou fait l’éloge de nombreuses critiques par plusieurs médias dont ICI Musique.

À propos
Journaliste CKUM

Anthony Azard est journaliste pour la radio communautaire CKUM. Il entame sa deuxième année du programme d’Information-communication. Il anime Le Point: édition du matin, du midi et du vendredi et couvre l’actualité du sud-est du Nouveau-Brunswick. Depuis 2016, il est aussi collaborateur occasionnel à l’émission « La Route des 20 » sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première.

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