Le bilan climatique Pancanadien tombe!

 

Contexte

Nous voici rendus un an après les premières promesses de nos gouvernementaux sur leurs engagements écologiques. La Cop21 de Paris a défini les principaux objectifs à atteindre si l’on souhaite une amélioration climatique dans les années à venir, laissant l’occasion aux gouvernements d’établir un programme adapté pour atteindre ces objectifs.

Le premier ministre canadien ainsi que les gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux se sont réunis le 3 mars à Vancouver afin de prévoir les futures politiques climatiques pour répondre aux attentes environnementales. La semaine dernière est apparu le premier bilan d’émissions de gaz à effet de serre faisant le point sur chaque État fédéral. Le résultat est mitigé. Tandis que certaines provinces marquent un net progrès en diminuant leurs émissions, elles sont rattrapées par la consommation d’autres provinces. Le résultat global annonce tout de même une baisse de 2% des émissions de GES par rapport à 2005 et repère deux secteurs particulièrement émetteurs : les hydrocarbures et le transport.

Le Nouveau-Brunswick

Hélas notre région figure parmi les cinq provinces les plus émettrices de gaz à effet de serre avec une production de 19,5 tonnes par habitant. Les secteurs de l’énergie et du transport sont ciblés. La production d’électricité produite avec des centrales à charbon, à pétrole et aux gaz naturels n’aide pas à améliorer ce tableau. Mais, s’il est vrai que le Nouveau-Brunswick produit beaucoup de gaz, il met aussi beaucoup d’efforts pour diminuer ses émissions. Entre 2005 et 2014, sa production de GES a chuté de 27 %. L’État fédéral a prévu que 40 % de son offre énergétique soit de source renouvelable et il envisage d’acheter cette énergie à des projets communautaires. De belles perspectives s’ouvrent, cependant il faut que le Nouveau-Brunswick développe des techniques de réduction à court terme.

 

Paradoxe canadien

Le rapport nous présente les futures grandes politiques de réduction des émissions en employant des mots forts tels que : investissement, croissance, trajectoire de décarbonisation, énergies vertes, etc. Mais, si ces actions sont à la portée des gouvernements, quel est le rôle des citoyens? Comment peut-on soutenir le gouvernement dans cet élan écologique ?

Il est clair que si l’État est un moteur, le peuple est le carburant qui lui permet de fonctionner. En agissant seulement sur les entreprises et les administrations, le gouvernement manque une partie importante d’acteurs pour une possible transition climatique.

D’ailleurs, un paradoxe apparaît. Le Canada, figurant à chaque fois dans la liste des 10 premiers membres producteurs dans les pays producteurs d’énergie verte, apparaît aussi en tant que l’un des premiers pays émetteurs de gaz à effet de serre. Ce paradoxe démontre une chose : si le gouvernement s’efforce de mettre en place des politiques de diminution des GES, il devrait aussi réfléchir à des façons de sensibiliser sa population vers une consommation en accord avec cette dynamique. Il y a deux sources de production des gaz à effet de serre : la production d’énergie (par l’extraction des minerais, la transformation des matières premières, etc.), et la consommation de cette énergie. Sur ce dernier aspect, le Canada est en mauvaise position. Si on se réfère à l’empreinte écologique moyenne du Canada, la valeur environnementale de la pression exercée par un individu sur les ressources naturelles, les résultats sont d’environ sept hectares par personne. Toutefois, afin de vivre dans un monde durable, l’empreinte écologique devrait être de deux hectares par personne.

D’où vient le problème

Le problème se pose si l’on considère la consommation énergétique comme un marché économique. Si on pousse à la consommation de l’énergie qu’on s’efforce de produire écologiquement, alors il sera très difficile d’atteindre les normes convenues vu que la pression sur les ressources ne diminue pas. Si la consommation de l’énergie devient un facteur de croissance économique, alors il sera tout aussi difficile de sortir d’une consommation excessive sans faire chuter cette même croissance. Cela revient à se poser cette question : est-il cohérent d’assurer une production d’énergie renouvelable et de maintenir une demande croissante de cette même énergie ?

Pour associer l’économie à l’écologie, l’État a trouvé une solution : la taxation du carbone. Ce procédé consiste à attribuer un quota d’émission de CO² à ne pas dépasser aux États fédéraux. Si ces quotas ne sont pas respectés, une amende sera la sanction. Cependant, il est possible de commercer ces quotas, par exemple une province pourrait acheter des crédits d’émission d’une autre province. Ainsi, le marché du carbone essaye de contrôler les émissions, d’abord en baissant les quotas d’année en année, ensuite en pénalisant les entreprises, ou les provinces, trop émettrices en gaz carbonique. Cependant, est-ce efficace? Est-ce que cette action garde son sens si les provinces perdent plus d’argent en essayant de diminuer leurs émissions alors qu’elles pourraient acheter les droits d’émission d’autres provinces pour moins cher?

Valeur d’émission à ne pas dépasser

Rappelons-le, la Cop21 donne des objectifs en fonction de l’année 2005. Cependant, on sait que le réchauffement climatique est antérieur à cette date et on se doute aussi que les conséquences du réchauffement climatique actuel ont des causes antérieures à l’année 2005. Si on se réfère à 1990, soit seulement 15 ans plus tôt, alors les taux changent et le Canada a augmenté sa production en GES de 20%. On peut se questionner sur le choix de l’année de référence. La réponse se trouve dans le protocole de Kyoto. Réuni en 1997, mais officiellement approuvé et actif en 2005, il définit les objectifs à atteindre et 2005 devient l’année de référence. Mais elle ne constitue en aucun cas une année exemplaire en termes de diminution d’émission de gaz à effet de serre.

 

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