Bilan sélectif du dernier C.A. de la FÉÉCUM

par Rémi Frenette

Dimanche dernier avait lieu la deuxième réunion du Conseil d’administration (C.A.) de la FÉÉCUM. Le texte qui suit se veut un résumé des quelques points saillants de la rencontre.

Abandon de la poursuite Rousselle-UdeM
L’un des premiers points discutés fut l’abandon annoncé le 26 septembre de la poursuite contre l’Université de Moncton entamée par Serge Roussel et Yvon Dandurand. Ceux-ci avaient postulé pour le poste de vice-rectorat aux affaires étudiantes et internationales qui a finalement été attribué à Marie-Linda Lord suite à un processus d’embauche controversé. Cela avait abouti à l’annonce d’une poursuite judiciaire.

Ghislain LeBlanc, président de la FÉÉCUM, résumait le développement du dossier aux membres du C.A. : « Dans sa défense, l’Université allait attaquer chaque petit point de procédure. Pour un procès qui du début aurait dû être 30 à 60 jours, l’estimé était rendu entre deux à trois ans. L’Université payait des avocats avec un salaire de $2000 par jour, et Serge Rousselle était tout seul. »

Roussel explique sa décision d’abandonner dans une lettre adressée aux médias : « [A]u lieu d’être embourbé dans cette saga au point d’y sacrifier mon temps pendant d’innombrables mois, voire des années, j’ai décidé […] de lâcher prise, et ce, sans avoir à y laisser ma santé physique et financière ».

LeBlanc, premier à questionner la décision d’embauche et signataire d’un affidavit à l’appui de Roussel et Dandurand, a ensuite clarifié sa position par rapport au dossier : « L’Université, dans mon opinion, n’a pas suivi ses procédures. »

Le président de la FÉÉCUM espère que la nomination au poste de recteur, qui devrait avoir lieu cette année, respectera convenablement cette fois-ci toutes les procédures d’embauche.

Les courriels de la FÉÉCUM diffuseront les activités hors campus
Le C.A. de dimanche dernier a procédé à une série de modifications mineures dans plusieurs volets des politiques de la FÉÉCUM.

Parmi celles-ci, la politique d’envoi des courriels de masse (politique 2.14) fut changée au point 6 afin que la FÉÉCUM ait désormais le droit de diffuser des annonces portant sur des activités étudiantes dans les bars hors du campus. Auparavant, la FÉÉCUM n’avait pas le droit d’annoncer des activités d’établissements alcoolisés autres que celles ayant lieu au bar l’Osmose.

Cette modification révèle implicitement une forme d’acception officielle du fait que l’Osmose ne puisse plus accueillir les partys étudiants. En permettant légalement de publiciser les activités étudiantes en dehors du campus, la FÉÉCUM laisse entendre qu’elle encourage officiellement cette façon de faire.

De toute évidence, ceux qui espèrent le retour de l’Osmose ou une renaissance soudaine du Tonneau risquent d’attendre encore longtemps.

Affichage en français au Centre étudiant
Ghislain LeBlanc proposa aussi la modification de leur politique 2.5, « Politique d’affichage au Centre Étudiant ».

Jusqu’à dimanche dernier, aucun règlement n’exigeait la prédominance du français sur les affiches publicitaires. C’était plutôt une convention informelle de considérer normale et essentielle la présence du français dans le texte. En fait, rien d’autre que le point 5 ne réglementait la question des langues d’affichage. On n’exigeait seulement que toute « affiche doit être rédigée dans un français correct. »

Le C.A. a donc voté en faveur de la modification proposée qui exige la prédominance du français sur chaque affiche posée dans le Centre étudiant. Voilà une initiative qui raffermit un peu plus le statut officiellement unilingue francophone de l’Université de Moncton.

Endetté ? Mariez-vous !
D’autre part, la v.-p. exécutive de la FÉÉCUM, Joëlle martin, a annoncé les résultats du remue-méninge du Comité externe qui avait eu lieu la veille du C.A.

Parmi les priorités établies pour l’année 2011-2012, le deuxième point concerne les prêts étudiants, plus précisément l’endettement étudiant et les problèmes issus de la restauration de la contribution parentale dans le calcul du prêt.

Outre le travail de sensibilisation auprès de la population étudiante, Martin amène l’idée d’un « stunt » médiatique et symbolique qui viserait à populariser la notion de l’endettement étudiant. L’événement aura le thème d’un mariage étudiant, tel que l’explique la v.-p. exécutive : « On va organiser un mariage. Ça va être un cheap, cheap, cheap mariage étudiant pour prouver que le système n’est vraiment pas mis à jour ni adapté aux besoins des étudiants. »

Ce mariage aurait lieu vers la fin novembre et serait agrémenté, par exemple, d’une réception lors de laquelle seraient servis du Kraft Dinner ainsi que des Mr. Noodles. L’objectif consiste à illustrer le fardeau financier qui pèse sur les étudiants de l’Université.

Le choix du mariage fait référence à une faille du système des prêts étudiants. Comme l’explique Martin, les étudiants mariés sont automatiquement considérés indépendants et reçoivent généralement une plus grosse somme des prêts gouvernementaux. Quant aux étudiants considérés dépendants, le calcul de leurs prêts estime automatiquement que leurs parents contribueront au paiement des frais reliés aux études.

Au final, ces étudiants reçoivent des sommes inférieures à celles attribuées aux étudiants mariés, d’où la mise en scène d’un mariage étudiant. C’est un dossier à suivre.

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