CRITIQUE – Booooooooooooooo… sté.

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L’humoriste acadien Luc LeBlanc en spectacle au Pavillon Jeanne-de-Valois le 22 janvier dernier. Photo: Dayna Muzey, Le Front

Le spectacle de Luc LeBlanc résume en bref le stéréotype du père de famille conservateur qui ne retient aucun détail en exprimant sa frustration auprès de la génération d’aujourd’hui; notamment par l’aide de son humour et de ses reproches aussi immatures qu’elles le sont obtus.

Quand on peut deviner la blague, cest quelle est trop facile

L’humour est fondé sur de multiples concepts. Ce qu’on qualifie d’une blague de bon ou de mauvais goût peut parfois provenir d’opinions populaires ou biaisées, mais on peut généralement s’entendre sur le fait que certaines blagues sont plus comiques que d’autres parce qu’elles sont bien réfléchies. Par exemple, le jeu de mots est une approche classique qui résiste aux épreuves du temps dans le monde de l’humour, mais il y a une chose qui doit être mise au clair: la qualité du jeu de mots reflète la pensée qu’on lui a accordée, ce qui veut dire qu’une pensée médiocre résulte en un jeu de mots médiocre, une pensée rusée résulte en un jeu de mots rusé, etc.

Le plus qu’on puisse applaudir de Luc LeBlanc serait pour efforts maigres, mais visibles contribués aux jeux de mots qui font rouler les yeux face à leur simplicité. Rapides en succession de l’autre, mais complètement prévisibles, on voit très bien que le sens de ses blagues ne dépasse jamais les limites de l’anecdote et n’ose pas se prononcer plus qu’elle le doit.

En cas de doute, veuillez vous en prendre aux jeunes

Enfin, voici la partie du spectacle qui mérite une attention encore plus particulière. Qu’ils sont fichus, les jeunes d’aujourd’hui, non? Les culottes basses, le nez collé au cellulaire, un incroyable manque de discipline et un grand problème d’attitude… Du moins, c’est ce que disent les stéréotypes et, bien sûr, Luc LeBlanc. Pourtant, le problème n’est pas là où on se sert de stéréotypes, mais là où on semble en avoir une dépendance comme presque tout début d’anecdote. Ceci donne l’impression forte que la comédie la plus malléable dans le répertoire de Luc est celle qui débute avec une reproche de ridicule et de généralisation aux jeunes d’aujourd’hui. Les relapses incessantes aux critiques des jeunes ont clairement servi de bouche-trous au grand manque de variation créative de ce spectacle. On peut aussi rajouter que lorsque la base essentielle du spectacle est construite sur des préjugés sur un certain groupe d’âge, on risque de fatiguer et d’irriter ces mêmes groupes qui sont présents dans l’auditoire.

Verdict final

Malgré la majeure proportion de ridicule, il reste que le tout du spectacle de Luc LeBlanc n’est pas entièrement mauvais. Quelques-unes de ses anecdotes retrouveront même le plus pointilleux des critiques riant de bon cœur. On pourrait toujours argumenter qu’il s’agit d’une question de goût, et gardez en tête que cet humoriste a très bonne réputation en Acadie ainsi qu’au Québec et quelques autres régions du Canada… Mais la vérité est que l’opinion la plus répandue n’est pas toujours la plus juste.

À vous de juger.

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