Boycott de la politique d’intégration : « on enveloppe nos étudiants dans du papier bulle »

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Photo contribution : Sébastien Blanchard, Photographe extraordinaire de l’AEFSUM

Ayant jugé la politique trop sévère, les conseils étudiants des facultés de l’Université de Moncton ont décidé de faire fi des règles imposées par l’administration.

La politique, adoptée en juillet, a été écrite dans le but de faciliter l’intégration des étudiants au rythme de la vie universitaire et gère donc les activités d’initiation.

Elle a depuis été décriée par différentes associations étudiantes comme étant trop draconienne : les organisateurs d’un événement seraient tenus d’en communiquer les moindres détails à l’administration, et ce, de 10 à 30 jours à l’avance.

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Photo contribution : Sébastien Blanchard, Photographe extraordinaire de l’AEFSUM

La politique devrait faire l’objet d’une révision en octobre, selon Rémi Goupil, responsable de la vie étudiante sur le campus.

Cependant, cela n’a pas empêché les conseils étudiants de se passer de la politique pour les activités d’initiation de cette année.

Guillaume Pelletier, président de l’Association étudiante de la faculté des Sciences de l’Université de Moncton, est l’un des organisateurs du boycott pour l’activité étudiante qui s’est déroulée le dimanche 18 septembre.

Il explique avoir examiné une ébauche de la politique il y a un an, qui l’avait laissé perplexe.

«L’intention dans l’ébauche de la politique, c’était carrément de protéger l’administration, ils ne faisaient même pas semblant de se préoccuper de la sécurité des étudiants», affirme-t-il.

Dans sa forme actuelle, la politique a été améliorée, d’après lui.

«Quand on la lit, on est vraiment rassuré de voir que la politique fait semblant de se soucier des étudiants, mais par contre, il reste encore des petits pépins. Je pense qu’ils voulaient adopter la politique le plus rapidement possible, mais que ce sont de trop gros changements trop rapidement.»

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Photo contribution : Sébastien Blanchard, Photographe extraordinaire de l’AEFSUM

La polémique soulevée par la politique vient du fait qu’elle régit des activités hors campus ; or, certains organismes étudiants croient que l’Université n’a pas ce pouvoir.

«Notre conseil, ainsi que le conseil exécutif, pensent que ce n’est pas légitime à 100%. En principe, l’Université sort de sa juridiction lorsqu’elle interdit les activités qui se déroulent à l’extérieur de leur campus», explique Guillaume Pelletier.

Il maintient que la plus grande partie de la politique a du sens, mais que la formulation de certaines choses laisse à désirer. Il fait référence à la clause 6, qu’il appelle «clause d’intimidation».

«L’administration de l’Université essaie de nous décourager d’organiser des trucs à l’extérieur du campus. Mais nos associations étudiantes sont incorporées et ne relèvent aucunement de l’administration de l’Université.»

Une tendance au bubble-wrapping?

La sortie de cette politique fait suite à une initiative similaire à l’Université du Nouveau-Brunswick, à Fredericton, qui misait à interdire les « pub crawls » à l’extérieur du campus.

Selon Guillaume Pelletier, cela pourrait démontrer une tendance.

«On voit plusieurs politiques qui ont été adoptées dans les dernières années, à l’Université de Laval, l’Université de Montréal… Il existe des politiques similaires et on voit vraiment un mouvement de la part des administrations à essayer de limiter et de contrôler ce genre d’activités.»

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Photo contribution : Sébastien Blanchard, Photographe extraordinaire de l’AEFSUM

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