Budget du N.-B. : La communauté universitaire s’unit contre le sous-financement

 

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En avril 2015, les représentants étudiants, administratifs et professoraux signaient l’entente d’un front commun auprès du gouvernement provincial pour plus de financement aux universités. Photo : Samuel LeGresley, Le Front

La Fédération des étudiantes et étudiants du Centre universitaire de Moncton, la FÉÉCUM, co-signe une lettre avec l’administration et l’association des professeurs après une année financière difficile à l’Université de Moncton pour demander un meilleur financement aux universités en prédiction du budget provincial du 2 février.

Il s’agit d’une des rares occasions où les trois entités font front commun sur un dossier.

Selon Pascal Haché, président de la FÉÉCUM, c’est en unissant ses voix que la communauté universitaire a plus de chance de se faire entendre au niveau provincial.

« [Au Nouveau-Brunswick,] il y a un sous-financement de l’éducation. On a besoin de régler ça ensemble et militer pour que les universités aient un meilleur financement. »

Le document réclame la mise en place d’un plan de financement suffisant pour que l’institution puisse opérer normalement sans avoir à hausser les droits de scolarité chaque année.

En reconnaissant que la situation économique de l’université n’est pas viable à long terme, le front commun veut empêcher la dégradation de la qualité d’enseignement et de la recherche à l’Université de Moncton. En bout de ligne, le rapport veut aussi une reconnaissance du caractère distinctif de l’institution acadienne, celle-ci étant la plus grande université francophone du Canada hors-Québec.

Une année remplie d’embûches

2015 a été difficile pour l’Université de Moncton. Dans le budget d’avril dernier, le gouvernement provincial a imposé un gel aux hausses des droits de scolarité, coupant une source de financement essentielle, entrainant l’Université de Moncton en déficit de plus d’un million. Pour réduire cette dette, des coupures ont dû être faites dans les cadres administratifs et un gel d’embauches a été instauré.

C’est au tout début de leur mandat que la FÉÉCUM a fait signer l’accord conjoint pour un front commun, en avril 2015. Lors du dernier Conseil des Gouverneurs, les trois sphères de la communauté universitaire ont signé l’entente pour demander un meilleur financement aux universités.

« Encourager l’économie du savoir »

Pascal Haché, président de la fédération, explique que la province ne reconnait pas assez l’importance d’une université.

« L’économie n’est pas adaptée à nos besoins et est basée sur nos ressources premières », dit-il.

Il avance qu’un investissement dans l’éducation postsecondaire pourrait apporter de nombreux bienfaits.

« [Une université] peut encourager la recherche, booster l’innovation, pis vraiment [créer] une économie qui dépend pas de nos ressources premières. »

Il souligne quelques cas récents pour démontrer la situation économique actuelle : la crise du pétrole, le retour des travaillants des sables bitumineux en Alberta et la fermeture de la mine PotashCorp à Sussex qui a couté 400 emplois aux habitants de la province.

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Pascal Haché, président de la FÉÉCUM, s’inquiète pour l’avenir de l’éducation au Nouveau-Brunswick. Photo contribution

Pourquoi une université à Moncton?

Le président de la FÉÉCUM croit qu’une université à Moncton est une pierre angulaire pour un développement économique viable dans la région puisqu’elle cadre avec les réalités locales.

« L’Université de Moncton répond à un besoin de la communauté acadienne », explique Pascal Haché.

Le caractère unique de la plus grande université francophone du Canada hors-Québec est intimement lié à l’avancement de la région, selon lui.

« Lorsque l’Acadie est [devenue] performante et a commencé à sortir du placard, c’est relié [au temps] qu’on a commencé à avoir des institutions postsecondaires. »

L’importance d’une voix unie

Ce front commun qui regroupe l’administration universitaire, les étudiants et les professeurs est une première à l’Université de Moncton.

Les anciens conseils exécutifs de la FÉÉCUM ont toujours demandé davantage de financement, mais n’ont jamais uni leur voix avec l’administration.

« [Le problème qu’avaient] les anciennes FÉÉCUM, c’est que l’Université ne sortait pas avec eux pour dire qu’il y avait un sous-financement de l’institution. »

Pascal Haché propose donc de laisser de côté les différends entre les étudiants et l’institution pour cette fois.

« Si la majeure partie du financement vient du provincial, c’est la province qu’il faut lobbyer, pas l’administration. »

Brian Gallant promet un fonds pour l’éducation

Le nouveau budget s’annonce déjà plus clément que l’an dernier pour l’éducation au Nouveau-Brunswick. Le premier ministre Brian Gallant a promis de miser sur l’éducation lors de son deuxième discours sur l’état de la province, le 29 janvier. Sans donner de détails sur le budget, il a annoncé la création d’un fonds pour l’éducation en 2016, voulant pallier au sous-financement chronique subi par les institutions éducatives de la province.

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