Budget participatif : solution au problème d’engagement des étudiants?

C’est ce que souhaite le président de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton, Pascal Haché.

Mais qu’est-ce que c’est au juste, un budget participatif? Dans le cas de la FÉÉCUM, il s’agit d’un surplus au budget prévu de 20 000 $ qui est mis de l’avant afin que les étudiants choisissent ce qui en deviendra. On invite les étudiants à proposer des projets qui sont faisables avec cette somme d’argent.

La période de suggestions de projet est fermée depuis le 15 janvier, mais dès les élections en février, toute la population étudiante pourra voter pour le projet qu’elle voudrait voir réaliser.

« On essaie à chaque année de régler le problème de participation [des étudiants] », nous avoue Haché. Cette année, la solution au problème réside en suivant l’exemple de la Ville de Dieppe qui s’est dotée d’un budget participatif de 300 000 $.

Le président de la FÉÉCUM rajoute qu’il voulait aller chercher « les étudiants avec des bonnes idées, mais qui ne s’impliquent pas normalement ». L’obstacle à la création de projets étant souvent le manque de financement, le budget participatif donne libre cours à l’imagination des universitaires.

Parmi ces projets, celui qui figure sur le haut de la liste est l’idée d’une patinoire près des filets de volleyball dans le champ entre le centre étudiant et le stationnement du CEPS.

La FÉÉCUM doit étudier la faisabilité et la légalité de chaque projet, comme l’exemple que nous donne Pascal Haché, « si quelqu’un propose de faire placer une corde bungee sur le haut de Taillon, est-ce qu’on peut le faire légalement? ».

Haché renchérit « l’impact doit être de longue durée, mais avec un investissement unique ».

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Le président de la FÉÉCUM, Pascal Haché. Ce dernier estime que le budget participatif de la FÉÉCUM, au montant de 20 000$, rehaussera l’engagement étudiant et encouragera l’échange d’idées avec les élus. Photo: Le Front

Un concept étonnamment prometteur

Du côté de la Ville de Dieppe, le gestionnaire du budget participatif, Luc Richard, s’est dit déçu du taux de vote. Selon ses calculs, il n’y a que 5 à 6 % des électeurs qui ont exercé leur droit de vote. Cependant, les consultants en budget participatif, qui ont développé l’idée et qui sont basés à New York, ont partagé des chiffres étonnants avec le gestionnaire de projet de la Ville de Dieppe. En fait, le taux de participation à Dieppe est un des niveaux d’implication les plus élevés que l’organisme Participatory Budgeting Project a noté en Amérique du Nord jusqu’à présent.

La Ville de Dieppe a donc été une source de conseils pour le premier essai de la FÉÉCUM avec le budget participatif.

La leçon la plus importante tirée par Luc Richard de la Ville de Dieppe est le besoin de réserver beaucoup de temps et d’énergie pour faire l’analyse des projets. Puisque chaque projet doit être considéré avec une analyse des coûts réels, cela demande beaucoup de ressources en gestion afin de ne pas oublier un seul projet.

De plus, Richard avoue que leur plus grand défi a été la promotion et la communication, et cela malgré une couverture médiatique plus que satisfaisante.

Reste à voir quelles seront les impressions laissées sur la population étudiante de l’Université de Moncton du premier budget participatif de la FÉÉCUM.

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