Budget provincial : la crainte de la hausse des frais de scolarité se concrétise

L’Université de Moncton semble être dans au rouge depuis l’annonce d’un gel de subventions de la part du gouvernement provincial pour la deuxième année. Plus encore, lors du bilan de l’an passé, l’Université a constaté un déficit de plus d’un million de dollars. Face à l’urgence, l’institution, par l’intermédiaire de ses gouverneurs, a adopté lors de l’assemblée générale du 5 décembre, une série de principes qui guideront l’établissement du budget de ladite institution pour l’année 2016-2017, prévu pour le mois d’avril.

Parmi ces principes, on peut lire au deuxième point : « Prioriser l’accès aux études universitaires en gardant au minimum l’augmentation des droits de scolarité et en maintenant un programme d’aide financière pour les étudiantes et étudiants dans le besoin. »

Dans d’autres mots, cela reviendrait à tabler sur une possible, voire certaines hausses des frais universitaires. Reste à savoir de combien. Les subventions n’ayant pas été augmentées, les hausses de frais universitaires se chiffreront aux alentours de 2 % pour les étudiants néo-brunswickois, environ une centaine de dollars.

Qu’en adviennent des étudiants internationaux?

L’année dernière, l’Association des Étudiants et Étudiantes Internationaux du Campus Universitaire de Moncton, l’AÉÉICUM, a réussi tant bien que mal à obtenir un gel temporaire des frais de scolarité pour les étrangers.

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Samuel Jordan Nganga, actuel VP aux affaires externes de l’AÉÉICUM et futur candidat au poste de VP aux affaires internes de la FÉÉCUM. Photo: Abdoul Moumine, Le Front

Cette action fait suite à l’augmentation brutale survenue en 2013 de près de 1000 $ ajoutée aux frais de scolarité pour les étudiants internationaux. Il semblerait cependant que l’époque des « augmentations comme celle de 2013 est révolue », pour reprendre les mots du recteur de l’Université de Moncton, Raymond Théberge, suite à un entretien avec le VP aux affaires externes de l’AÉÉICUM, Samuel Jordan Nganga.

« Cette discussion se situe au lendemain de l’adoption à l’assemblée générale (celle de mi-novembre) de la FÉÉCUM d’un plafonnement à 3 % des frais pour les étudiants internationaux. Donc, nous avons voulu faire part de cette décision au recteur. »

En effet, Samuel Jordan Nganga a proposé à la FÉÉCUM à travers son assemblée générale de militer pour que les étudiants internationaux aient des augmentations en pourcentage égal, par rapport aux étudiants canadiens.

« Le contexte ayant changé, l’objectif pour moi aujourd’hui est qu’il y ait une équité sur tous les plans, notamment les frais de scolarité entre les étudiants internationaux et les étudiants canadiens ».

Quant à ses motivations pour le projet de plafonnement, il répondra tout simplement « parce qu’il existe une seule communauté, celle des étudiants de l’Université de Moncton. »

Quelles sont conséquences à long terme?

Il est clair que les finances de l’Université sont au point rouge. L’Université de Moncton se vide également de ses étudiants, certainement un effet alimenté par l’aimant que constitue l’Université d’Ottawa, qui elle aussi bénéficie de subventions du fédéral pour promouvoir l’enseignement francophone. Il est aussi évident que si l’on augmente les frais de scolarités, cela pourrait encourager les départs massifs des étudiants vers d’autres cieux.

Il est important aussi de rappeler que Fredericton souhaite revoir sa péréquation pour l’octroi des subventions. Elle souhaiterait conditionner les subventions par la performance des universités. On retrouve dès lors l’idée d’une possible marchandisation de l’éducation, situation à laquelle s’oppose fortement la FÉÉCUM.

« L’éducation est le cœur du développement d’une région, d’un pays. On ne doit pas jouer avec. Il est du rôle du gouvernement de donner à la jeunesse les moyens de réussir que d’être dans la position de celui qui expliquera son échec. L’Université de Moncton a un potentiel. Elle a formé l’élite de la province et à vocation à toujours former l’élite de demain. Mais pour cela, il faut que l’on la finance, sinon ce sont les étudiants qui seront les premiers à vivre, dans leur chair, les décisions du gouvernement », conclue Samuel Jordan Nganga.

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Un passionné d’informatique pris d’un amour fou pour l’écriture. A travers les mots, on peut éduquer.
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