Budget sucré-salé pour l’éducation postsecondaire

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Pascal Haché de la FÉÉCUM est inquiet à l’annonce du budget provincial. Il attend les détails sur le Fonds pour l’éducation et la nouvelle économie, une nouvelle formule de financement pour les universités annoncé par le gouvernement depuis quelques mois. Photo : Samuel Legresley, Le Front

Dans le budget provincial déposé le 2 février dernier, l’éducation postsecondaire n’a connu aucune hausse de financement pour une deuxième année consécutive. Quant aux hausses des droits de scolarité, un seuil maximal de 2% a été imposé pour les étudiants du Nouveau-Brunswick.

Malgré cela, le gouvernement a quand même annoncé la mise sur place du « Fonds pour l’éducation et la nouvelle économie », une nouvelle formule de financement de quelques centaines de millions, mais n’a pas révélé ce qu’il fera avec l’argent.

La Fédération des étudiantes et étudiants du campus de Moncton (FÉÉCUM) déplore le sous-financement des universités dans le budget 2016. Malgré une lettre historique au gouvernement en collaboration avec les professeurs et l’administration de l’Université, la FÉÉCUM demeure insatisfaite du sous-financement, qui finit par baisser à cause de l’inflation.

« Il y a des coûts, des salaires qui augmentent chaque année, explique le président Pascal Haché. [0% de financement], c’est un désinvestissement. Le monde voit ça comme si c’est neutre […] mais [en réalité] ça en cause, des coupures. »

Dans son fonds en éducation, le gouvernement consacrera une partie à l’accès à l’éducation. Pendant le lockdown imposé au budget, la FÉÉCUM s’est assise autour de la table avec l’Association des étudiants du Nouveau-Brunswick. (AENB) pour discuter du fonds avec le gouvernement.

Malgré cela, Pascal Haché est déçu par le manque de détails sur ce fonds, qui devait être finalisé en date du budget.

« Ça fait plusieurs mois qu’on travaille avec le gouvernement pour essayer de dire ce qu’on aimerait comme programme pour l’avancement de la cause étudiante, puis là ça commence à faire tard. »

En effet, la ministre de l’Éducation postsecondaire Francine Landry avait promis à la FÉÉCUM quelque chose de « gros » pour un réinvestissement dans l’éducation, il y a quelques mois.

« Je vois la lumière au bout du tunnel, mais elle est encore loin », concède le président.

Les spécificités du fonds seront déterminées dans les prochaines semaines.

Un risque pour la mission de l’Université

« Une institution va toujours survivre, mais sera-t-elle capable de remplir son rôle? De fournir une bonne qualité d’enseignement? », questionne Pascal Haché.

Il se demande comment la province fera pour développer une économie du savoir si elle n’investit pas massivement dans l’éducation.

« [Le sous-financement] affecte directement la mission de l’Université et c’est là que ça devient inquiétant. »

D’autres secteurs de l’éducation n’ont pas été épargnés : 50 postes d’enseignants ont été supprimés dans la province et l’école de St-Paul-de-Kent a annoncé sa fermeture.

Plus de détails sont à suivre dans les prochaines semaines pour le fonds en éducation.

Le Front a contacté l’université pour sa réaction au budget, mais notre demande est restée lettre morte.

Le front commun des professeurs, des étudiants et de l’administration de l’Université de Moncton a cependant publié un communiqué déplorant le financement stagnant, le 5 février.

« En imposant un gel de sa subvention pour une deuxième année consécutive, le gouvernement provincial invite l’Université de Moncton à considérer une hausse des droits de scolarité pour la prochaine année financière », disent-ils.

L’Université veut discuter avec le gouvernement d’une vision plus claire pour un financement viable à l’éducation postsecondaire.

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