Café philo : Le consentement sexuel à l’Université de Moncton

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L’université amène un sentiment de liberté pour bien des jeunes étudiants et plusieurs décideront d’essayer de nouvelles choses. L’excitation de certains par rapport à la possibilité de la nouveauté les guidera vers de nouvelles personnes, de nouveaux endroits et presque certainement, des soirées arrosées. Le consentement sexuel est donc un sujet qui peut s’appliquer à toutes et à tous les étudiant(e)s de l’Université de Moncton.

Mais, comme il existe parfois des zones grises ou de faux fondements, nous avons décidé d’avoir recourt à des professionnelles afin de nous éclaircir à ce sujet. Lise Savoie, professeure à l’École de travail social et Sarah Grandisson, étudiante en travail social à Université de Moncton, Campus de Moncton ont été les personnes ressources choisies. Ces deux dernières ont animé le Café Philosophique jeudi dernier au 63, intitulé La pratique du consentement : un processus de médiation entre intériorité et extériorité. Elles y ont abordé plusieurs points de vue du concept du consentement sexuel, dont la valeur de celui-ci, l’influence que la culture peut avoir sur sa définition pour différentes personnes et comment la formation de l’individu peut influer son consentement.

Une étudiante engagée

Sarah Grandisson a fait part de trois témoignages d’étudiants d’ici provenant d’un projet de recherche entrepris en compagne de Lise Savoie, lesquels ont contribué à introduire trois grandes idées concernant le consentement.

Dans le but de la recherche, Sarah leur a demandé ce qu’était leur définition du consentement :
le premier témoignage abordait l’hésitation, qui est un signe très fort que l’accord partagé pourrait ne pas être complètement honnête. La valeur de celui-ci pourrait donc être compromise. Il est à noter que le consentement dans une relation sexuelle ne peut pas venir seulement de nous-mêmes, il faut être à l’écoute de l’autre personne impliquée.

En ce qui est du deuxième témoignage, l’on traitait plutôt de la forme dans laquelle le consentement est exprimé. Il devrait être clairement dit et montré que les deux personnes sont toutes les deux sur le même terrain d’entente pour ce qui est de l’acte. L’idéal serait que le consentement soit prononcé à plus d’une reprise au fur et à mesure que les choses avancent. Il est important de réaliser que les limites de chacun ne sont pas fixées par le consentement au début du rapport et que toute personne est libre de changer d’idée à n’importe quel moment pendant celui-ci. Aussi, la présence d’alcool ou de drogues annule toute forme de consentement, puisque même si quelqu’un est d’accord sur le moment, cet avis ne vient pas de la personne dans son état normal.

Enfin, le troisième témoignage expliquait que la culture d’une personne peut changer sa perception vis-à-vis du consentement. Par exemple, le témoin mentionnait que chez lui, un premier « non » n’était pas toujours définitif. On accepte le premier « non », mais l’on peut poser la question une deuxième fois. Par contre, s’il y a un deuxième refus, on n’insiste plus.

« Non c’est non »

Non c’est non est une campagne organisée par Sarah Grandisson qui vise à sensibiliser les étudiants de l’Université de Moncton au consentement et à l’agression sexuelle. Elle cherche à avoir comme impact de briser le tabou et d’initier une conversation à propos de ces sujets. Vous en aurez peut-être déjà entendu parler, puisque plusieurs démarches ont déjà été faites pour la sensibilisation de la population de l’Université de Moncton : des affiches informatives ont été accrochées à divers endroits sur les différents campus de l’université, diverses conférences seront offertes et des cours d’autodéfense ont été donnés à un groupe d’étudiantes sur ce campus, le 26 septembre dernier, à un groupe d’étudiantes. De plus, quelques articles promotionnels sont et seront en vente à la FÉÉCUM, dont une tasse avec logo original, et bientôt, des condoms avec des expressions acadiennes sur les emballages. En plus d’être utilitaire, la vente de ces articles contribuera à financer la campagne et sa recherche. Une bonne façon d’encourager une étudiante de notre campus!

Quelques conseils

Pour terminer, il est recommandé à tous les étudiants de l’Université de Moncton d’être prudent le soir et lors les célébrations sur le campus, de consommer raisonnablement et de ne pas trop s’égarer de la foulée. Il est important, dans ce genre de soirées, de toujours avoir une ou plusieurs personnes de confiance avec vous et d’avoir une manière de la ou les contacter (un cellulaire, par exemple). Comme nous l’a mentionné Sarah, prendre des décisions réfléchies dans ce genre de situations est essentiel.

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