« Mon stage me ruine » : une campagne bien entamée

Alexandre Cédric Doucet, V.-P. exécutif de la Fédération des étudiantes et étudiants. Photo : Maxime Dubé, Le Front

La FÉÉCUM amorce la deuxième phase de sa campagne sur les stages non rémunérés, après un bilan positif du travail mené cet été. Il y a notamment une possibilité de gains pour les stages en éducation et en science infirmière.

Maxime Dubé et Marie-Pier Corriveau

La première phase d’une campagne à grande échelle contre la pratique des stages non rémunérés est en branle depuis avril à la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM).

Dans cette première phase qui s’est terminée le 18 septembre, le conseil exécutif a rencontré plusieurs organismes et membres de la communauté afin de les sensibiliser pour ultimement obtenir leur appui.

Une deuxième phase s’entame cette semaine. La FÉÉCUM poursuit ses négociations et les rencontres, à la fois avec le gouvernement et les associations.

Elles seront cette fois accompagnées d’une campagne de sensibilisation sur les médias sociaux (Facebook, Twitter, Instagram) par l’entremise de témoignages et d’informations sur ce dossier.

Une bonne réponse du public

Selon le vice-président exécutif de la FÉÉCUM, la population est très réceptive du travail entamé pendant l’été.

« La plupart du temps, le monde disait : ah! Enfin quelqu’un qui parle de ce sujet! Présentement la réponse du public est bonne et nous sommes vraiment heureux du succès de notre campagne. »

– Alexandre Cédric Doucet, vice-président exécutif de la FÉÉCUM

Les négociations avancent et certaines ouvertures se forment

Du côté des politiciens, il semble y avoir une ouverture, mais surtout en éducation et en science infirmière.

« Parmi les politiciens qu’on a rencontrés, on a eu de très bonnes discussions. La plupart sont ouverts à l’idée, mais la meilleure ouverture semble être avec le ministère de l’Éducation qui semble être ouvert d’offrir un certain revenu aux stagiaires à partir de la sixième semaine lorsque ces derniers commencent une pleine charge de classe »

– Alexandre Cédric Doucet, vice-président exécutif de la FÉÉCUM

Le vice-président exécutif ajoute que le réseau de santé Vitalité est ouvert à l’idée de régler la situation à l’interne pour les stagiaires en science infirmière, et ce sans l’aide du ministère de la Santé.

Une situation encore critique

Malgré la création d’un fond de bourse par l’ancien conseil de la FÉÉCUM, mené par Pascal Haché, la situation est encore critique, selon le président actuel Tristian Gaudet.

Le président de la Fédération des étudiantes et étudiants (FÉÉCUM) Tristian Gaudet

« La campagne mon stage me ruine vient d’une motion de l’AG, il y a deux ans de ça, que la FÉÉCUM devait militer contre la non-rémunération des stages. Donc, ensuite il ont mis en place une bourse et donc L’an passé l’année avec Roxann Guérette, on a regardé la bourse et on n’a dit non ça règle aucunement le problème, c’est inefficace puisque l’on peut aider seulement quelques étudiants sur les centaines qui font des stages non rémunérés à l’Université »

– Tristian Gaudet, président de la FÉÉCUM

Le dossier des stages n’avance pas beaucoup depuis les dernières années, c’est pourquoi Tristian et son équipe ont donc orienté leurs efforts vers un nouvel angle d’approche. Ils ont tenté de rassembler le plus de gens possible autour de la cause.

« On a eu la chance d’être en contact avec Forté, une compagnie externe de communication pour mettre en place la campagne comme telle. Avec ça on a formé le matériel, les annonces télévisées, dans les radios communautaires. »

Le FÉÉCUM est conscient que c’est un gros projet. Les négociations avec l’Université et le gouvernement provincial sont longues et peu d’actions sont entreprises par ces deux groupes. Tristian préfère donc se fixer des objectifs réalistes quant à ce qu’il désire accomplir lors de son mandat.

« En fin de compte, on vise la rémunération, mais tout de suite on travaille beaucoup avec le gouvernement pour au moins que les frais additionnels soient couverts, que ça soit pour le matériel, le déplacement, le stationnement, les formations nécessaires, dont tout ça soit couvert par le gouvernement. Là-dessus c’est là où est-ce que l’on est. »

– Tristian Gaudet, président de la FÉÉCUM

Le conseil de sciences infirmières veut le minimum

De son côté, le conseil étudiants des Sciences infirmières comprend qu’il n’arrivera pas à obtenir tout ce dont les étudiants ont besoin. La présidente Brigitte Barry veut orienter ses efforts à la bonne place.

« Le plus gros problème c’est que l’été on fait des stages de deux mois qui ne sont pas comptés dans nos heures travaillées, on a donc pas accès au chômage en plus que c’est difficile de se trouver un travail pour les deux autres mois de l’été. Si l’on peut obtenir ces heures-là ça ferait une grosse différence pour beaucoup d’entre nous. »

– Brigitte Barry, présidente du conseil étudiant des Sciences infirmières

La campagne Mon stage me ruine se poursuit tout au long de l’année. La FÉÉCUM et les différents conseils touchés par les stages non rémunérés travaillent en collaboration pour faire évoluer le dossier.

En cette deuxième phase, la FÉÉCUM mène des pourparlers avec d’autres associations étudiantes du Canada et d’ailleurs pour faire front commun sur l’affaire des stages non rémunérés.

Partagez!
Advertisment ad adsense adlogger