CRITIQUE – C’est fort, c’est lourd… mais c’est vrai

En tenant compte des événements courants concernant le conflit au Moyen-Orient, la production cinématographique de Timbuktu comporte d’importantes perspectives parmi des scénarios si vraisemblables qu’on oublie qu’elles sont fictives.

Résumé

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Le film Timbuktu fit présenté par le Ciné-campus au Pavillon Jacqueline-Bouchard le 28 et 29 janvier dernier. Image contribution

Dans la ville historique de Timbuktu au Mali, les citoyens vivent sous l’oppression des militants d’Ansar Dine depuis 2012. Suivant différentes personnes situées dans les nombreuses parties de la ville, le film démontre la brutalité qu’exercent non seulement les groupes radicaux islamiques sur les citoyens, mais jusqu’à quel point la peur et la violence qui existent parmi eux sont insidieuses.

Terriblement réel

La lumière qu’exercent les médias sur les groupes tels que l’ÉI et Al-Qaeda est souvent trop forte, trop faible ou tout simplement mal orientée. Avec une panoplie de points de vue, éblouissant parfois la vérité jusqu’à ce qu’elle soit méconnaissable, il peut parfois être difficile de retrouver un point de repère qui donne un véritable indice de la situation actuelle au Moyen-Orient.

Bien que ce film soit majoritairement fictif, la vraisemblance est toutefois plus précise qu’on pourrait l’imaginer.

Imperfection humaine

Premièrement, on oublie parfois que lorsqu’il s’agit de tels conflits, qu’on soit l’oppresseur ou l’oppressé, l’aspect humain est toujours présent, c’est-à-dire que tous sont imparfaits. Ceci est très bien démontré non seulement pour les radicaux d’Ansar Dine, mais aussi pour les citoyens de Timbuktu.

Pas beaucoup doptions sous oppression

Ceci étant dit, on doit malgré tout reconnaître qu’il s’agit d’un contexte extrêmement choquant, notamment les violentes méthodes d’oppression qu’ont employées les membres d’Ansar Dine, et que ceci est malheureusement une réalité pour plusieurs régions vivant sous la tyrannie des radicaux islamistes. Dans le cas de ce film, les contraintes qu’exigent les militants comprennent l’interdiction de jouer de la musique, jouer au football et que les femmes soient presque totalement couvertes. Pour les gens qui sont soupçonnés ou coupables d’une telle infraction, les conséquences sont majoritairement mortelles, sinon macabres.

Mais pourtant

Ce qui surprend, par contre, est comment les gens réagissent à ces contraintes. On s’entend qu’avoir à vivre sous surveillance rigoureuse et mortelle n’encourage pas une perspective optimiste, mais la beauté d’une scène où de jeunes garçons jouent au football avec un ballon imaginaire, par faute de ne pas avoir le droit de vraiment jouer au football, est incomparable. Le fait de voir une femme prête à se faufiler parmi les maisons en pleine nuit pour jouer de la musique avec ses amis rappelle qu’une petite lumière, une faible lueur d’espoir parmi la noirceur accablante, en vaut le risque.

Timbuktu est à recommander à ceux qui cherchent à raffiner leur perspective des conditions de vie des citoyens vivant sous l’oppression de groupes radicaux. Le film est toutefois à déconseiller aux âmes sensibles, puisqu’il comporte quelques scènes choquantes et quelques fois sanglantes.

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