« Chut… » : un court-métrage qui fera parler au FICFA

Les courts métrages et documentaires acadiens dans le cadre du Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA) seront présentés ce dimanche 15 novembre à 15 h au Cinéplex de Dieppe. Parmi ces derniers, compte « Chut… », un court-métrage de suspense de 11 minutes de « Production dans l’DaLo ».

La compagnie « Production dans l’DaLo » est composée depuis 2015 de trois hommes pour la plupart diplômés de EL_FICFAchut_11nov2015l’Université de Moncton en art dramatique, tous de générations différentes. David Losier est le fondateur de la maison de production et collabore avec ses deux collègues comédiens, Jean-Sébastien Lévesque et Éric Butler.

La complicité du groupe se ressent instantanément : « Nous autres, on s’entend vraiment, vraiment bien, on a beaucoup de fun ensemble », exprime Butler. Le trio, qui ne savait pas trop dans quoi ils s’embarquaient, décrit leur début comme « Ça faisait garage band un peu ».

La conception du court-métrage

C’est lors d’une simple rencontre d’affaire au restaurant que Lévesque a amené une idée, et Losier a parti là-dessus et a écrit tout le script pour le court métrage.

Les commentaires des gens de l’industrie concernant le court-métrage de suspense étaient assez positifs selon Losier : « ils disaient tous, ah! Tu m’as eu! »

Être choisi pour le FICFA représente une chance inouïe de se faire connaître par le public local, « c’est très flatteur quand même », remarque Lévesque. À Losier d’ajouter : « J’suis super content qu’on est dans une distribution acadienne, c’est surréel qu’on est là-dedans (…) depuis qu’on est jeunes qu’on veut faire des affaires de même pis là on est au FICFA ».

Les trois hommes ne s’attendaient pas nécessairement à être choisis, puisqu’il s’agit de leur premier film, et étaient assez surpris. « Ce film-là avait aucun budget, y’a coûté 20 dollars : une pizza et demie et un sac de chips », explique le trio tour à tour en riant.

David et ses partenaires alliés souhaitent éventuellement pouvoir vivre de leur compagnie de production. Losier explique que les gens qui n’ont pas produit de films antérieurs ne peuvent pas recevoir de subventions. Le but ultime de « Production dans l’DaLo », c’est donc d’être capable d’ouvrir une voie aux artistes acadiens qui n’ont pas de budget ou qui ont une idée, mais ne savent pas par où commencer.

David Losier souligne qu’il s’était donné trop de tâches pour ce film et qu’il reconnait l’importance de déléguer. Il est habitué à être devant la caméra et aussi un peu derrière, mais « pas pour du cinéma ». Perfectionniste de nature, il se trouvait donc insatisfait face aux premiers tournages et explique que même si le film est de courte durée, le tournage a été plus long.

« C’est un p’tit snack, comme un bento box avec beaucoup de stuff dedans », lance Jean-Sébastien à la blague pour commenter sur le temps très court du film.

Lévesque résume le court-métrage différemment de ce qui paraît dans la programmation du FICFA : « C’est l’histoire d’un homme qui a une occupation particulière une fois que le soleil se couche ».

Coups de cœur

Le trio a tous des films qu’ils ne veulent pas manquer lors de la 29e édition du FICFA. Éric Butler mentionne le film qui met en vedette Depardieu, Valley of Love, qui sera diffusé le jeudi 12 novembre au Théâtre Capitol. Du côté de Jean-Sébastien Lévesque, c’est plutôt Much Loved, un film marocain qui a été censuré dans son pays d’origine. Le film qui raconte l’histoire de quatre prostituées sera présenté au Cinéplex le mercredi 18 novembre. Finalement, David Losier qui tient visiblement à ses racines acadiennes, souligne l’effort d’André Roy avec son tout premier film Un dîner de Noël pas comme les autres. La première mondiale se déroulera le samedi 14 novembre au Cinéplex de Dieppe. « Profitez-en », souligne le jeune producteur en regard à la programmation complète du FICFA.

L’équipe s’est donné comme défi de produire deux autres films pendant l’année, trois films au total qui représente une idée de chaque contributeur. Ils pensent resoumettre leurs œuvres au FICFA l’an prochain. Pour les intéressés, l’équipe se cherche un directeur de photographie.

Le trio reconnait leur chance en or de participer au FICFA, mais est conscient de l’importance du public. « C’est important d’appuyer ce qui se fait ici, parce que dès qu’on perd l’appui du monde d’ici, c’est là que les projets tombent à l’eau », verbalise Losier.

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Emilie est diététiste présentement à la maîtrise en sciences de la santé. Elle est passionnée de la nutrition et de la cuisine et souhaite transmettre ceci à ces lecteurs. N’ayant pas peur du ridicule et étant parfois sarcastique, ceci ne se traduit pas toujours très bien à l’écrit, mais elle tente tout de même de bien passer le message.
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