Chute d’inscriptions internationales: gère-t-on la décroissance à l’U de M?

Un total de 4 208 étudiants sont à temps complet à l’Université de Moncton cette année, selon les chiffres du 18 septembre. C’est deux de plus que l’an dernier.

Les nouvelles inscriptions ont monté de 11%, mais le nombre d’étudiants internationaux a chuté de 9,6%. 

Face à ce défi, le directeur général de la gestion stratégique de l’effectif étudiant, Jean-Paul Loyer, a expliqué cette baisse à l’Acadie Nouvelle par un nombre de facteurs externes : l’épidémie d’Ebola, les crises politiques en Afrique et la concurrence entre d’autres universités.

Et si cette diminution n’était pas uniquement attribuable aux problèmes externes?

Sur le microsite « Vers l’U de M 2020», on affirme qu’il y a 627 membres du personnel sur le campus de Moncton.

De ces 627, il n’y a que 287 professeurs. Combien de ces 340 employés restants occupent des postes administratifs?

Pour connaître le nombre exact d’employés-cadres, nous avons consulté plusieurs instances, dont le service des ressources humaines, sans résultat.

Le Conseil des gouverneurs, responsable des pouvoirs de direction, comporte 27 membres votants. À l’Université McGill, c’est 25 membres votants pour près de 40 000 étudiants, dix fois plus qu’à Moncton.

Faut-il autant d’administrateurs pour une université en taux de décroissance?

Ajoutez à cela tous les autres postes de gouvernance, comme le Sénat académique et le rectorat. Avec les hausses régulières des frais de scolarité – tant pour les étudiants d’ici que de l’international – peut-on accepter que de plus en plus de notre argent soit mis dans une structure qui, en gros, ne contribue pas à notre cheminement pédagogique?

La qualité d’une université se mesure moins par les mécanismes de sa gouvernance que par la qualité de son corps professoral et la réussite de ses étudiants.  

Dans la même veine, on constate un recours croissant aux chargés de cours à remplacer les postes des professeurs.

Selon la convention collective des chargés de cours, c’est-à-dire les membres du personnel enseignant à temps partiel et non permanent, ils ne gagnent que 5 332 $ pour l’enseignement d’un cours à trois crédits (6 132 $ si le chargé de cours détient un diplôme de doctorat).

Ce salaire est évidemment très minime pour le travail exigé. Si nos chargés de cours acceptent des postes ailleurs, des postes plus stables et justifiables selon leurs compétences, pourrait-on les blâmer?

Question encore plus importante, l’Université de Moncton pourrait-elle assurer le fonctionnement de ses cours sans cette expertise indispensable?

En occupant des postes de chargés de cours, il ne faut pas oublier que leur seule responsabilité est d’enseigner. Leur salaire n’inclut aucun budget de recherche. 

La recherche est une grande force dans n’importe quelle université et permet son rayonnement, mais la nôtre semble vouloir remplacer ses professeurs par des chargés de cours.

Comment pourra-t-on faire concurrence aux autres universités, une stratégie qui sera de plus en plus nécessaire vu la décroissance démographique des jeunes dans notre province?

Perdra-t-on encore plus de professeurs?

Chose certaine, l’administration semble bien s’arranger, vu qu’elle vient tout juste d’ouvrir un autre poste de comptable analyste pour le service des finances.

En disant que la baisse d’inscriptions des étudiants internationaux est liée aux facteurs hors contrôle de l’Université de Moncton, ça n’enlève pas tous les autres facteurs internes qui ont mené à cette diminution.

D’autant plus, de célébrer cette augmentation de deux étudiants cette année n’enlève rien aux défis considérables de l’institution.

Si nos gouverneurs se contentent de si petites victoires, voyant notre université comme un cas perdu destiné à être géré dans son déclin, il est temps de se demander si autant de gens doivent l’administrer, à défaut de les remplacer avec un corps professoral à temps plein.

Cela offrirait plus d’avantages aux étudiants internationaux, ce qui assurerait, par conséquent, un meilleur rayonnement pour notre université.

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