Le cinéma québécois à l’honneur à Moncton

Laurent Bélanger, l’un des acteurs principaux du film « Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau » lors de la session questions et réponses au Centre Culturel Aberdeen après la projection du film. Photo Anthony Azard/Le Front

La Tournée du cinéma québécois est débarquée à Moncton les 27 et 28 mars derniers pour la présentation de deux films produits et réalisés au Québec, en marge des projections hors festival du Festival International du Cinéma Francophone en Acadie (FICFA), qui a lieu chaque année en novembre. Les films TukTuq de Robin Aubert ainsi que Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau réalisé par Mathieu Denis et Simon Lavoie, ont été présentés en début de semaine.

Une quatrième réalisation pour Robin Aubert avec TukTuq qui relate le périple d’un caméraman envoyé dans un petit village du Nunavik pour y récolter des images d’archives pour le gouvernement Libéral. Sur place, il se lie d’amitié avec une famille inuit qui lui fait découvrir ses coutumes et ses traditions. Des traditions plus que menacées par des exploitations minières qui exigent la déportation de tout le village et de ses habitants.

Dans le film Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau, on plonge dans l’univers de quatre Québécois dans la vingtaine, trois ans après les évènements du Printemps Érable qui ont secoué tout le Québec et marqué le Canada par le mouvement des carrés rouges. Habités par cette haine profonde de la société, le groupe de jeunes adultes se lancent dans des actions de vandalisme qui tendent de plus en plus vers le terrorisme.

À LIRE BIENTÔT : La critique du film Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau, à découvrir bientôt au lefront.ca

Québec Cinéma est l’organisme qui chapeaute notamment la Tournée, mais aussi les Rendez-vous du cinéma québécois et le Gala Québec Cinéma dans le but de promouvoir le cinéma québécois, ses artistes, artisans et professionnels dans le plus large spectre possible.

Le directeur adjoint de la Tournée du cinéma québécois, Marc-Antoine Lévesque. Photo Anthony Azard/Le Front

La Tournée du cinéma québécois existe depuis 13 ans. 200 films québécois ont voyagé le Canada pour offrir devant 42 000 personnes d’expression française la possibilité de découvrir le 7e art de la province où l’industrie cinématographique est forte. Le directeur adjoint de la tournée, Marc-Antoine Lévesque, était présent à Moncton. Il dresse brièvement l’historique de la jeune vie de la tournée.

« Sa première existence remonte aux Rendez-vous du Cinéma québécois, qui était plus une tournée en caravane dans les régions du Québec, plus les Maritimes, c’était beaucoup moins all over Canada. Depuis maintenant 5 ans, c’est une tournée pancanadienne donc vraiment d’est en ouest jusqu’au Nord. »

– Marc-André Lévesque, directeur adjoint de la Tournée du cinéma québécois.

Débarquant dans plus d’une vingtaine de villes partout au Canada, l’intérêt des communautés francophones en milieu minoritaire pour la culture et le développement de produits francophones a fait de la Tournée du Cinéma québécois un succès d’un bout à l’autre du pays, selon Marc-Antoine.
« Ce qu’on entend souvent, c’est que y’a peu d’offre de produits culturels francophones autres que par Radio-Canada ou Tou.tv, mais au cinéma, y’en a pas sauf dans les festivals. La structure est faite pour qu’il y ait des échanges avec le public, que ce soit en français et en anglais. »

Découverte et avenir…

Julie Demers, responsable des activités scolaires pour la Tournée. Photo Anthony Azard/Le Front

La Tournée comprend des activités offertes dans les salles de classe de la région où l’équipe s’arrête. Toujours dans le but et le mandat de Québec Cinéma, on espère favoriser l’intérêt des jeunes pour le cinéma et éventuellement découvrir de nouveaux talents émergents partout au Canada. Julie Demers est responsable des activités scolaires. Y a-t-il toujours un intérêt chez les jeunes pour l’industrie cinématographique ?

« À chaque fois qu’on va dans les écoles, les jeunes nous demandent “est-ce que tu connais tel acteur, l’as-tu déjà rencontré ?” ils nous demandent même des trucs pour devenir acteur ou comédiens. »

Julie Demers, responsable des activités scolaires pour la Tournée du cinéma québécois.

Pour l’arrêt à Moncton, elle a visité deux écoles avec des réalités différentes, Caledonia Regional High School et l’École Odyssée et a fait la présentation du film Guibord s’en-va-t-en guerre, qui porte sur la politique canadienne.

« À Caledonia Regional High School, c’était une classe d’immersion française donc pour eux c’était surtout d’écouter un film en français, de voir s’ils ont compris certains mots, voir plusieurs minutes du film. Ce n’était pas tant une discussion qu’on recherchait, mais plutôt de les plonger dans l’univers de découvrir un film de langue française. »

Du côté de l’École Odysée, les élèves sont allés beaucoup plus loin.

« On se pose sur l’analyse du film, on se pose des questions sur les enjeux, on veut savoir pourquoi le film a été réalisé de telle manière. »

Dans une industrie qui se veut changeante, les producteurs doivent trouver une façon de rendre le cinéma attrayant pour le public qui fréquente les salles. Même mission du côté des diffuseurs qui doivent augmenter l’offre en salle pour que les affaires roulent bien. Selon Demers, l’industrie du cinéma québécois est loin d’être en danger, mais concède qu’il y a du travail à faire pour assurer la pérennité du cinéma.

« Le cinéma est en mutation, y’a de moins en moins de gens qui va voir les films en salle. Les jeunes vont quand même aller en salle, leur offre de divertissement est pas super grande. Il faut miser sur les nouvelles plateformes. Quand j’va en tournée, y’a des jeunes qui viennent me voir et me disent “ah j’ai vu ça sur Netflix, j’ai vu tel série, tel film (québécois)” ».

La Tournée du cinéma québécois de l’organisme Québec Cinéma se rendra à Toronto au mois d’avril pour poursuivre sa tournée pancanadienne.

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