CRITIQUE – Comme le rêve qui finit trop tôt

Attendrissant et tiré tout droit d’un fantasme romanesque, le film de Brooklyn, nominé aux Oscars 2016, emploie un concept relativement simple et réussi à créer une histoire qui enchante le cœur et comble l’esprit. Lancée en 2015 à partir du roman de Colm Tóibín, la réalisation de John Crowley vous garantit presque 2 heures de joie rose et onctueuse.

Résumé

DM_Comme le rêve qui fini trop tôt

En nomination pour 13 Oscars, Brooklyn offre une foule d’émotions et une allégresse visuelle pour son public.

Le film raconte l’aventure d’une jeune femme irlandaise qui, en 1952, quitte son pays pour venir découvrir l’arrondissement de Brooklyn dans la ville de New York afin de bâtir sa carrière et trouver l’aventure. Comme le sort l’aurait voulu, elle tombe amoureuse d’un homme italien et, le cœur déchiré entre son ancienne vie et celle qu’elle espère construire, entreprend le passage émouvant vers l’âge adulte.

Un thème classique

Même en dehors du cinéma, les derniers pas entrepris par un jeune homme ou une jeune femme vers l’âge adulte sont documentés pour leur essence poétique. Que ce soit parmi les pages d’un roman, sur scène ou sur l’écran du cinéma, ces moments si populairement thématisés semblent pouvoir tirer aux cordes sensibles de presque tout spectateur.

Alors qu’est-ce qui rend ce film plus attendrissant que d’autres? La réponse est parfois trop fine pour être perçue, mais elle repose parmi les détails, les instants qui sont si réels, si vraisemblables qu’on s’y croie en train de les vivre.

Le fait demeure que ce thème est souvent surexploité, sinon exagéré. En réalité, créer des personnages qui passent par cette étape de la vie n’est tout simplement plus suffisant, alors que l’exagération dramatique de ce processus normal est franchement irréaliste et n’aide pas la cause. Trouver l’équilibre entre les deux extrêmes, c’est-à-dire de produire des personnages imparfaits qui franchissent la frontière d’une nouvelle phase, parfois accablante, mais qui réussissent malgré tout à garder les pieds sur la terre ferme et réelle, est l’exploit remarquable qu’atteint ce film. Les acteurs, notamment Saoirse Ronan dans le rôle principal de Eilis Lacey, sont à créditer pour leurs performances exceptionnelles, des facteurs clés au charme de la production.

Enchantant, divertissant mais cest à peu près tout

Pourtant, on doit aussi souligner que Brooklyn rappelle ce rêve magnifique auquel on résiste le réveil : délicieux et fantastique en durée, mais sans grande importance lorsqu’on doit se lever pour quitter. Ceci n’est pas pour dire que le film fut insignifiant; gardez en tête qu’il y a bel et bien un aspect humain et vraisemblable, mais seulement aussi vraisemblable qu’un fantasme romantique peut l’être. Brooklyn n’est pas le genre de film duquel on tire une importante morale existentielle; c’est un récit qui comporte tous les aspects nécessaires au divertissement, mais qui, comme le rêve qui nous fait sourire lors de notre sommeil, devra prendre fin trop tôt.

Avec 13 nominations pour les Oscars, ce film est sans aucun doute à recommander à tout adepte du cinéma ou du romantisme qui peut supporter de revenir à la réalité.

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