De l’éperlan, des huitres et du Gin Thuya : l’émission québécoise « Entrée principale » goûte à l’Acadie!

Équipe de l’émission Entrée principale. Photo contribution : site web de Radio-Canada.

Durant toute la fin de semaine, l’équipe de l’émission, « Entrée principale » sera sur le campus de l’Université de Moncton pour l’enregistrement de leurs émissions qui seront diffusées la semaine prochaine à la télé d’ICI Radio-Canada. André Robitaille, animateur de la quotidienne, a fait des capsules un peu partout au Nouveau-Brunswick pour l’occasion. Notre journaliste, Josée Basque, s’est entretenue avec lui.

Le Front : Pourquoi avoir choisi de venir à Moncton en Acadie, plutôt qu’aller à un autre endroit au Canada?

André Robitaille : « L’Acadie ça s’imposait quand on a eu envie de sortir de Montréal. La télé est tellement montréalaise que ça m’agace autant que vous. C’est sûr que notre émission est pancanadienne, donc c’est de ‘’coast to coast’’ puis on voit un peu les réactions puis c’est en proportion avec la quantité de francophones évidemment qu’on est attiré d’aller chez vous. Moi, je connais le secteur aussi, j’ai eu la chance de faire des trucs à Moncton au niveau théâtre, à Bouctouche aussi. Je ne suis pas un connaisseur, je ne suis pas un expert, je n’arrive pas avec cette prétention-là, mais je suis sensible au Nouveau-Brunswick particulièrement. Je suis allé en Nouvelle-Écosse une couple de fois aussi pour mes vacances et pour faire partie d’une émission pour enfants. Bref, il y avait quelque chose là, mais la vraie raison c’est qu’on est très très écouté chez vous et on n’est pas “taouin”, on s’en va à un endroit qui nous connaissent tout en respectant les francophones hors Québec qui sont dans l’Ouest canadien ou qui sont un peu plus à l’est du Nouveau-Brunswick. »

F : Pensez-vous aller tourner à d’autres endroits au Canada ?

AR : « Un jour je l’espère ! Tu ne seras pas surprise si je te parle d’argent et de complexité d’agenda et c’est fédéral aussi, c’est Radio-Canada, ce sont nos taxes. Il y en a qui vont être fâchés qu’on aille au Nouveau-
Brunswick avec leurs taxes, il y en a qui vont être heureux de nous accueillir chez vous, ça, c’est notre réalité. On fait une émission coast to coast et on est dans une situation fédérale. C’est toujours un peu plus lourd à bouger comme paquebot, mais il est sûr que le succès qu’on va vivre chez vous va nous donner un petit peu plus d’arguments pour bouger l’émission encore, on le souhaite. Nous l’équipe en tout cas, on est super emballés pi on veut que ça se poursuive, mais d’abord on va prendre soin de notre week-end chez vous. »

F : Vous parlez de succès, vous pensez que ça va bien fonctionner ici ?

AR : « Bin écoute, on va pas là pour se casser la gueule c’est sûr ! On a pris tous les moyens pour que l’émission plaise aux gens de l’Acadie, mais aussi qu’elle soit intéressante et plaisante pour le reste du Canada. Je suis allé chez vous à la mi-janvier avec une équipe de tournage et je me suis promené, je suis resté au Nouveau-Brunswick par contre. Je suis allé à Shédiac, je suis allé à Lamèque, je me suis promené, j’ai fait des trucs à Bouctouche. Bref, j’ai fait de la route pour montrer des images et rencontrer des gens. Je suis allé à l’éperlan, bref, je me suis amusé dans votre secteur pour faire des documents vidéo qui vont être intégrés dans l’émission qu’on va faire dans votre salon étudiant. »

F : Comment avez-vous trouvé cette expérience de tournage par ici ?

André Robitaille. Photo contribution : site web de Radio-Canada.

AR : « Ah moi j’ai tripé, j’adore faire ces affaires-là, on a été accueilli d’abord par l’équipe de Radio-Canada Moncton vraiment comme des rois avec une équipe technique hors pair. On a tripé, on a ri pi on a travaillé comme des fous. J’ai juste trouvé ça beau pi trippant! Les gens avaient le goût de parler, aussi, c’était facile de spontanément créer des entrevues ou des rencontres avec les gens que ce soit pour aller chercher des huitres en pleine mer en plein hiver ou que ce soit pour rencontrer des gens à l’éperlan ou en tout cas, tous les exemples je pourrais te les donner. Sweet Spot Squad aussi je suis allé les voir à Lamèque, on a tripé à l’aréna ensemble. J’ai goûté à du Gin, comment vous dites ? Gin Thuya ! Et j’ai vraiment hâte de le faire goûter à mes collaborateurs. Oui, la liste est belle, on a plein de documents pour montrer que l’Acadie ce n’est pas juste Moncton, pi prendre soin de Moncton, prendre soin de Dieppe, mais tout le reste du secteur aussi. »

F : Vos collaborateurs viennent avec vous et vous avez des invités de par ici aussi de prévu pour les enregistrements, est-ce qu’on peut s’attendre à d’autres gens, à d’autres surprises?

AR : « T’es la première à qui je vais le dire OK et mon hésitation tu vas comprendre pourquoi. C’est que s’il arrive quelque chose de grave, il ne sera pas avec nous, on ne le souhaite pas, mais nous aurons votre premier ministre avec nous aussi. M. Brian Gallant va être avec nous, je vais faire une entrevue avec lui dans votre salon étudiant. Ça, on hésitait à le dire parce que bon, vous venez de traverser le verglas pi là ça l’air qu’il y a encore du verglas. Bref, lui, il a des priorités qui peuvent apparaître spontanément, mais en principe, il est avec nous dans l’émission de lundi. Pi aussi, on a bien sûr des intervenants locaux, on a les Hôtesses d’Hilaire qui vont faire lever le party chez vous dans l’émission du vendredi. J’ai eu une bonne entrevue avec William Bourque pi ça a donné quelque chose de vraiment sympathique parce que vous autre, vous le connaissez comme vous le connaissez, moi je ne le connais pas du tout et quand j’ai fini l’entrevue, les caméramans m’ont dit “on n’avait jamais entendu William parler comme ça.” Alors, on a un petit quelque chose d’exclusif là qui est “cool”. Il y a des petites affaires que moi je savais que je lui ai fait dire pi bon, on a un petit morceau là. Jimena Vergara va nous parler un peu aussi de l’actualité de chez vous pour se coller au reste du Canada. Je t’ai parlé du “Sweet Spot Squad”, j’ai été avec les boys sur la glace pi on s’est amusé. La liste est belle. Faut comprendre aussi que notre émission va rester aussi pour le reste du Canada normal entre guillemets, mais on va être chez vous. On va avoir des sujets qui vont être acadiens, mais on va avoir le format habituel aussi entre guillemets. »

F : Parlons maintenant un peu de vous, il y aura sûrement des étudiants en communication dans la salle qui rêvent de faire le même métier que vous, si vous aviez un conseil à leur donner ce serait quoi?

AR : « Écoute c’est une belle question, j’ai un mot plate qui me vient et c’est persévérance. C’est un métier difficile, c’est un métier ou il y a beaucoup beaucoup d’élus. La persévérance est un atout. Je dirais d’avoir un front de bœuf tout en étant délicat parce qu’on ne veut pas bousculer le monde, mais en même temps démontrer qu’on a un intérêt, qu’on a des idées. Moi quand j’ai des stagiaires autour de moi, les stagiaires trop timides je les perds de vu, les stagiaires qui sont trop présents ils m’énervent, il faut juste le bon dosage. Et c’est aussi d’être dans le journal étudiant, d’être dans la radio, d’être dans les projets et de se mettre dedans, se mettre les deux pieds dedans, les deux mains dedans et se lancer. Exploitez, utilisez à la tonne les moyens que vous avez à l’école parce que tu sors de l’école et t’en as plus de moyens, il faut que tu fasses ça “homemade”. Moi j’ai fait beaucoup, mais beaucoup de parascolaires tout en étudiant en communications. Jusqu’à très tard je restais à l’université, au cégep, sur l’heure du dîner j’étais actif. Il faut être un petit peu malade dans la tête pour se lancer et être persévérant. Cet enthousiasme-là est très très attirant quand on vient à engager du monde, ça influence. »

F : En terminant, pensez-vous qu’une émission comme celle-là, tournée à l’extérieur de Montréal, va ouvrir la porte à d’autres émissions qui pourront faire pareil?

AR : « Ce qui est plate là dans ce qu’on dit, c’est qu’on parle de passion et d’idées et on est obligé de parler d’argent et ça, c’est dur. Moi, bon, je n’ai pas 200 ans, mais ça fait une trentaine d’années que je fais de la télé à Radio-Canada et il y a 25-30 ans, on bougeait beaucoup plus que ça parce que l’argent était plus là. Là il y a tellement de coupures qu’on est obligé. Moi même si je veux tourner des scènes dans la rue, on ne peut même pas aller à Ottawa ou à Québec et c’est deux heures de chez nous. Je suis obligé d’aller dans la rue en face parce qu’on n’a pas d’argent, donc ça reste des images de Montréal. Moi je viens d’un petit village en banlieue de Québec, ce qui fait que je suis très sensible à ce qu’on fait pour chez vous. Je ne compare pas mon village à une grande ville comme Moncton, mais de sortir de Montréal pour moi c’est nécessaire. J’essaye de le faire à ma façon et du mieux que je peux, mais ce n’est pas parce que t’es à Moncton que tu ne vois pas Moncton dans ta télé, les gens de Québec vont avoir la même plainte alors que c’est proche. Tout ça ne s’explique pas par de la paresse et du non-intérêt, ça s’explique par de la maudite argent. C’est ça qui est difficile. La télé traverse une conjoncture difficile comme bien des industries, mais elle est bien vivante. C’est ça que je veux essayer de relever en allant chez vous aussi. Ce serait bien prétentieux de penser qu’on va changer tout ça, mais au moins on va avoir vécu un beau “trip” pendant les trois jours qu’on va enregistrer le “show”. »

Les tournages vont se dérouler au Resto-Lounge le 63 aux dates ici-bas. Il s’agit d’un événement ouvert au public, aucune réservation n’est nécessaire, mais il est conseillé d’arriver une trentaine de minutes à l’avance. M. Robitaille lance l’appel à tous afin qu’il y ait le plus de gens possible étant donné qu’il s’agit d’une première devant le public et surtout à l’extérieur de leurs studios.

Samedi 11 février à 14 h 30

Dimanche 12 février à 10 h 30, à 14 h 30 et à 19h30

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