De quoi tu parles?

Cette semaine, c’est la langue française qui nous préoccupe.

On débute bien sûr avec le slogan des Jeux de la francophonie canadienne 2017 qui a fait couler beaucoup plus d’encre qu’escompté, « Right fiers! »

Certains internautes et membres proéminents de la communauté acadienne, pour la grande part outrée par l’utilisation du chiac dans le slogan, ont suggéré d’utiliser des expressions françaises standardisées ou du moins employer un dialecte plus « acceptable » pour faire passer le même message. La question est à savoir si cette façon d’exprimer ressemble et rassemble les jeunes de la région de Moncton. Probablement pas, puisqu’ils ne s’identifient pas pour la plupart à une utilisation commune du français standardisé – ils peuvent le parler et l’écrire, pour la plupart, mais ça ne leur appartient pas.

Le débat porte également sur l’inclusion du reste de la francophonie canadienne, à savoir si elle se sent représentée dans le slogan. Peut-être pas, mais c’est encore à se demander si le mandat des Jeux est de représenter la francophonie canadienne au complet, ou de rehausser les aspects uniques du français parlé dans la région du Grand Moncton.

On se rend rapidement compte que le débat n’est pas vraiment divisé entre les puristes de la langue française et ceux qui parlent exclusivement le chiac ou le « franglais », mais plutôt entre les générations. Finalement, ce n’est rien de moins que l’éternel critique de la vieille génération envers la nouvelle quant à sa façon de s’exprimer, un écho qui perdure depuis assez longtemps, merci.

Mais au bout de la ligne, d’accord ou non, « Right fiers! » est un slogan marquant puisqu’on en parle.

« Right fiers! » est une initiative courageuse des Jeux de la francophonie canadienne et devient en soi un message puissant comme quoi les jeunes peuvent s’exprimer à leur façon dans la région de Moncton et partout dans la francophonie, cela sans se compromettre ou se comparer aux autres régions du monde, ou aux générations qui les ont précédés. La langue française est en évolution constante, et « Right fiers! » célèbre le fait qu’elle se présente maintenant à l’oral sous plus d’une forme.

Et qu’on soit pour ou contre le slogan, il est en mesure de nous faire penser à la place que possède la langue dans notre région, à comment elle évolue et comment elle nous ressemble. Elle nous divise par moment, nous déchire par d’autres, mais elle fini au bout du compte par nous rassembler.

Et le chiac n’est peut-être pas la langue de Molière dans sa forme la plus pure, mais il est le dialecte propre à la région du Grand Moncton. Est-ce qu’on peut en être fiers? Damn right, on peut.

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  • Robert

    Et pendant ce temps la Faculté des sciences de l’éducation à l’université de Moncton expulse des étudiants car leur français n’est pas à la hauteur. Right ironique.

  • AcadieJD

    Au contrai

    • AcadieJD

      Oups j’ai posté sans cliquer..-_-

      Au contraire, ce ne sont pas seulement la  »vieille génération » qui est contre ce slogan. Plusieurs personnes de mon entourage trouve que ce n’est pas une bonne idée. Comme le dit si bien Félix Grenier dans son article tout récemment publié sur Asteure  » Imaginez que l’on adopte un slogan comme «Câlisse qu’on a du fun!» pour un Sommet de la Francophonie (canadienne ou autre) à Québec, à Montréal, ou à Gatineau. Quelle honte ce serait! Évidemment, ce n’est pas parce que certains Québécois utilisent, à l’occasion, ce type d’expression colorée et amusante (et j’en suis) qu’il est justifié de le transformer en slogan lors d’un évènement public, à portée nationale et ayant l’objectif formel de promouvoir la langue française.  » (http://astheure.com/2016/02/09/right-fiers-ou-comment-faire-fi-de-ses-responsabilites-linguistiques-felix-grenier/)

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