Décision irrévocable : les frais de scolarité augmenteront

par Karine Martel 

Les quelques espoirs que pouvaient avoir les étudiants de bloquer la hausse des frais de scolarité à l’Université de Moncton sont maintenant déchus. Le président de la FÉÉCUM, Kevin Arseneau et le Recteur Raymond Théberge ont su calmer les étudiants lors de la manifestation du samedi 13 avril en leur promettant de rencontrer le ministre de l’Éducation post-secondaire, l’honorable Danny Soucy. Cette rencontre qui a eu lieu au 2e étage de Taillon ce mardi midi n’a pas porté fruit pour les étudiants.

Une rencontre qui ne mène nulle part 

« On demande une baisse à long terme des frais de scolarité, on demandait pour des solutions concrètes pour cette année, on n’a rien reçu. Donc nous on condamne certainement. Nous on disait qu’il y avait une crise ici à l’Université de Moncton, une crise auprès des étudiants. Il n’y a rien qui a été fait en sorte pour régler cette crise-là » explique Kevin Arseneau qui se dit très déçu de la situation.

Le ministre dit pour sa part comprendre les enjeux auxquels font face les étudiants. « On a eu une bonne discussion, les trois étudiants étaient très intéressants, très informés. Ils ont des inquiétudes et je suis avec eux autres avec leurs inquiétudes pour leur scolarité. Des frais de scolarité qui monte c’est toujours inquiétant pour des étudiants, c’est inquiétant pour notre province aussi. »

Malgré cette compréhension de la cause étudiante, le ministre a expliqué que la situation économique de la province ne permet pas un meilleur financement.

« La province a de la misère, mais c’est encore une fois les étudiants et les moins nantis qui vont finir à payer pour tout le monde » ajoute le président de la FÉÉCUM qui partage qu’il comptait beaucoup sur la rencontre avec le ministre. Il explique que la fédération devra s’asseoir avec les étudiants et décider quelles seront les prochaines étapes. 

La présidente sortante de l’Association des étudiants internationaux de l’Université de Moncton, Ibtissam Nkaili,  était également présente lors de la réunion. Elle se dit vraiment déçue de la tournure des évènements.

Contradictions budgétaires

Le recteur affirme que l’université à réduit dans ses budgets autant qu’elle le pouvait. «On a déjà réduit certains budgets dans le budget qui a été adopté par le Conseil des gouverneurs. Il y a déjà des diminutions au niveau de plusieurs éléments ». Le recteur ajoute qu’ils sont toujours à la recherche d’économie, et que les coûts administratifs de l’université sont au dessous de la moyenne nationale.

 « J’ai un peu de la misère avec les chiffres qui dit qu’on est en dessous de la moyenne. Quand on se compare avec les universités de même taille, ils ont en moyenne 3 vice-rectorats, on en a 5. Quand on compare les coûts administratifs par étudiants, à l’Université de Moncton on parle de 3 782 $ tandis que la moyenne des universités de notre taille c’est de 2 342 $. On se compare souvent à la moyenne nationale, mais on oublie de se comparer à des universités de notre taille », explique le président.

Il ajoute que la FÉÉCUM «n’a pas de solution magique, mais qu’ils sont conscients qu’encore une fois, ce sera les étudiants de l’Université de Moncton qui devront se serrer la ceinture, alors que d’autre, nécessairement, se serre pas assez la ceinture.»

Années à venir

Le ministre Soucy n’a pas pu dire si le gel du financement des subventions aux universités allait se poursuivre dans les prochaines années. Il a tout de même parlé d’un financement pluriannuel pour les universités et les étudiants, ce qui permettrait aux universités de faire leurs augmentations de frais de scolarité de façon moins drastique.

Le recteur voit ce financement pluriannuel comme étant une bonne chose. « Si on peut arriver avec un financement sur 3 ou 4 ans, et que c’est prévisible, ensuite les institutions et les étudiants on peut planifier en fonction du long terme et non toujours du court terme.»

Le ministre affirme qu’il continuera à travailler avec les étudiants ainsi qu’avec l’université afin de voir ce qui pourra être fait pour aider avec des programmes. «On a dit dans le budget que le budget était 0 pour cette année, mais on a dit qu’on allait continuer de travailler avec les étudiants pour arriver avec un programme qui serait une combinaison de tous les programmes qui existaient déjà qui aidaient aux étudiants pour leur scolarité. Ce serait un programme qui serait, on espère avec eux autres, beaucoup meilleur que, il va être meilleur que ce qu’il était dans le passé. Il va aider beaucoup plus les étudiants. » 

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