Défis d’intégration : une problématique qui possède des solutions

: Quelques étudiants internationaux lors de la visite de l’Hôtel de Ville de Moncton, une des activités organisées par le service aux étudiants internationaux.

: Quelques étudiants internationaux lors de la visite de l’Hôtel de Ville de Moncton, une des activités organisées par le service aux étudiants internationaux.

Dans un document interne préparé par le Registariat, l’Université de Moncton affiche une croissance de la population estudiantine étrangère de 35 % environ, passant de 608 à quelques 820 entre 2011 et 2015. Actuellement, on estime à 1 sur 5 la part représentative des étudiants étrangers sur les trois campus de l’Université de Moncton. Il convient alors de s’interroger sur l’avenir de ces étudiants quant à leur intégration au sein de l’écosystème de l’Université, mais aussi dans le bassin acadien.

Des problématiques soulevées

D’après Marie-Linda Lord, Vice-rectrice aux affaires étudiantes et internationales de l’Université de Moncton, les défis dépassent le simple cadre de la rencontre canadiens-internationaux. Ils reposent en réalité sur 3 piliers : l’intégration académique, l’intégration culturelle et l’intégration sociale. Ce dernier constitue le plus grand enjeu de ce thème.

Selon Lord, « enseigner une classe d’étudiants provenant d’une trentaine de pays est un défi en soi ». D’après elle, le professeur n’est pas nécessairement confronté aux multiples réalités culturelles des étudiants provenant de différents milieux.

Marie-Linda Lord souligne par ailleurs l’hétérogénéité de la population étrangère sur le campus : plus elle augmente, plus elle a tendance à se morceler. Très souvent, cela se matérialise par la naissance d’associations nationales qui se sont regroupées au sein d’une fédération commune. Loin d’être une mauvaise chose en soi, ces regroupements nationaux tendent à soustraire les concernés du processus d’intégration. Par contre, le modèle sur les autres campus de l’Université de Moncton accuse une forte participation.

« La question, c’est pourquoi à l’Université de Moncton, ça ne marche pas », dit-elle.

 

Des solutions potentielles?

L’intégration académique semble réussie en tout point puisque les taux d’obtention de diplômes chez les étudiants étrangers sont plus que bons. Malgré cela, il reste du chemin à faire notamment du côté des professeurs. En réponse à cette problématique, des formations sont offertes aux professeurs notamment à travers le SASE (Service d’animation et de soutien aux Enseignants). L’intégration culturelle, quant à elle, est « automatique » puisque les étudiants, au contact de l’environnement acadien, assimilent peu à peu ses fondements.

« L’offre est là », nous dit-elle, il ne reste plus qu’à la saisir. Toujours en est-il que l’Université essaye de sensibiliser les étudiants aux réalités interculturelles, en soutenant une bagatelle d’activités culturelles, sociales et sportives, et c’est en y participant qu’on facilite le cheminement de l’intégration. Malheureusement, on constate un désintérêt pour la cause, se matérialisant par un faible taux de participation malgré le bon nombre d’activités. Comme exemple concret : « Il a fallu la coupure de courant [celle du jeudi 19 novembre] pour que les gens s’aperçoivent qu’un bon nombre d’activités programmées ce jour-là ont été annulées », nous rappelle Marie-Linda Lord.

Pendant un certain temps, l’Université a essayé de comprendre pourquoi cela ne fonctionnait pas. Cela a donné naissance à des études sur le campus. Le programme « Initiation à la vie au Canada », qui fut transformé en « Parlons d’ici et d’ailleurs » a d’ailleurs été une des recommandations de ces études, mais toujours sans succès.

Contexte plus grand

Les défis d’intégration sont intimement liés aux objectifs personnels de chacun d’entre nous. Marie-Linda Lord dépeint deux scénarios : « Il y a ceux qui viennent ici à l’Université de Moncton pour y vivre une véritable expérience. Il y a ceux qui considèrent l’université comme un passage simple, une étape de la vie, pour continuer ailleurs ».

Dépendamment des situations, la nécessité de s’intégrer n’est pas expressément ressentie. Il s’agit en réalité plus d’un choix personnel et non pas lié à une carence en matière de contenus. « L’offre et le dialogue [sont là] », conclut-elle.

Dans le même contexte, la soirée internationale, grand évènement organisé par l’AÉÉICUM qui se tiendra le 20 février, apparait comme un catalyseur d’intégrations.

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Un passionné d’informatique pris d’un amour fou pour l’écriture. A travers les mots, on peut éduquer.
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