Départ de Michel Albert : « Les trois mandats précédents je les ai trouvés excessivement difficiles »

Michel Albert au travail. Photo contribution: Josée Basque.

Après 12 ans à la barre des communications de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus de l’Université de Moncton (FÉÉCUM), Michel Albert veut changer d’horizon.

« J’me sens fatigué pi je sais que je suis fatigué des mandats que ça ne marchait pas bien pi cette fatigue là fait que je ne suis pas à mon “prime”, je me sens moins efficace, je le sens dans moi », explique M. Albert. Avec les élus qui changent chaque année, les employés de la FÉÉCUM sont appelés à se familiariser avec de nouvelles façons de fonctionner. Michel qualifie justement le plus gros défi du poste comme étant l’adaptation : « T’as une nouvelle gagne à chaque fois et il faut que tu les guides, faut que tu leur dises les mêmes affaires année après année après année […] C’est une difficulté, il y a du monde qu’ont beaucoup de difficulté avec ça et qui n’ont pas restés longtemps à la FÉÉCUM comme employés et je pense c’est en partie à cause de ça ».

D’un autre côté, M. Albert précise que les employés de la FÉÉCUM ne travaillent pas pour les élus, mais bien pour la fédération, ses idéaux et sa constitution. Celui-ci soutient que les employés sont des « défenseurs » de ce message et que parfois des débats surviennent : « …si ça veut dire se chicaner, c’est pas plaisant. Je te dirais que j’ai eu plus de chicanes, pas avec Roxann (Présidente actuelle de la FÉÉCUM) pi eux-autres, mais les trois ans précédents ça pouvait venir pas mal agressif ici. […] Même si je trouve que ce groupe-ci on travaille bien ensemble, quand même je me trouve fatigué de ces autres années-là ».

Avec la fin d’un quatrième contrat cette année et le sentiment de vouloir faire autre chose, il se dit aussi être devenu un peu vieux jeu : « Plus tu vieillis, plus t’es déconnecté de ta clientèle si tu veux. Tu sens que à un moment donné moi ça fait longtemps que je dis des choses comme : “demande-moi pas quelle sorte de spectacle qu’on devrait avoir à la rentrée, c’est pas à moi faut tu demandes” ».

Michel dans son rôle d’arbitre pour la LICUM. Photo contribution : Josée Basque.

« Je restais par loyauté. Je crois dans le mouvement étudiant et je crois dans le mouvement jeunesse. C’est vrai avant et c’est vrai après ». Il faut dire que M. Albert s’est longtemps occupé de la Ligue d’improvisation du Centre universitaire de Moncton (LICUM) et il est aujourd’hui président d’Improvisation Nouveau-Brunswick. « Je reste intéressé par ce qui se passe sur le campus pour ces raisons là et ce sera vrai après aussi. Je continue à m’occuper de ces choses, donc la LICUM est pas très loin de mon cœur. J’aurai encore le pied ici d’une façon ».

Un peu plus sur son cheminement

Lorsque l’on demande à M. Albert d’où il vient, il préfère dire ceci : « C’est dur à répondre ça, mais mettons que j’ai fait ma scolarité à Edmundston ». Si, plus jeune, Michel voulait faire de la presse écrite, à ce jour il a fait tout sauf ça. À la suite d’un an à l’Université de Moncton campus d’Edmundston, Michel va au campus de Moncton où il poursuit en Information-Communication. Il réalise, cependant, que ce baccalauréat est surtout axé sur le reportage alors qu’il se rend compte qu’il préfère être chroniqueur. Avec sa facilité dans le domaine des langues, il change donc de parcours et termine avec un baccalauréat avec une majeure en littérature anglaise et une mineure en français.

« J’ai fini avec ça pi par ce temps-là je travaillais au Musée Acadien et à la galerie d’art sur un concours de circonstances. J’ai travaillé là comme sept ans pendant et après mes études. Ensuite, j’ai fait un autre sept ans à Radio-Canada comme réalisateur à la radio ». C’est à la suite de quelques grèves les unes après les autres, et avec un salaire à temps partiel, que Michel se cherche autre chose. Il explique : « Vraiment c’est pas que je n’aimais pas ça à Radio-Canada, c’est que je cherchais vraiment d’autre chose et j’étais en train de vivre sur ma carte de crédit ».

C’est à ce moment-là que le poste d’Agent de Communication s’est ouvert à la FÉÉCUM et que M. Albert a postulé : « J’ai appliqué, j’ai eu la job. Douze ans plus tard, je suis encore là ».

Le futur perçu par Michel

À la fin de son contrat, le relationniste de la FÉÉCUM compte quitter les communications pour un bout de temps pour se consacrer entièrement à l’écriture, il détaille : « J’ai comme deux-trois projets d’écriture que je veux poursuivre. À mon avis, je prends deux à trois ans de sabbatiques ». Michel compte continuer de s’impliquer bénévolement dans l’improvisation du Nouveau-Brunswick et surtout avec l’arrivée des Jeux de la Francophonie canadienne et les Jeux de la Francophonie internationale qui auront lieu dans la région cet été.

Michel Albert a un conseil primordial à donner au prochain Agent de Communication de la FÉÉCUM : « Pour cet job ici, t’as besoin d’y croire ». M. Albert affirme que de croire et être convaincu du message de la FÉÉCUM, c’est la clé pour bien participer et bien faire cet emploi. Il explique que, sans ces composantes, la prochaine personne posera les mauvaises questions et ne guidera pas les élus dans la bonne direction. Comprendre sa place au sein de la fédération en ne disant pas aux élus quoi faire, mais bien en « donnant l’expérience » est essentiel selon lui. D’un autre côté, il souligne qu’il faut avoir un bon contrôle de son domaine, une « bonne capacité avec les langues » et une bonne stratégie de médias sociaux. Michel soutient d’ailleurs que les réseaux sociaux sont la nouvelle façon de faire : « … c’est quelque chose que j’y ai arrivé tard je trouve, mais la prochaine personne doit être déjà là 100 % parce que c’est ça que c’est maintenant ».

M. Albert voit l’avenir de la fédération d’un bon œil : « On va continuer d’avoir une voix forte pi nos présidents et présidentes vont continuer à se montrer dans les médias pi donner le bon message, on l’espère ».  Celui-ci précise que les enjeux étudiants seront toujours les mêmes et qu’il faut continuer d’être des « guerriers de justice sociale ».

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  • Sarah

    * les Jeux de la francophonie internationale n’ont pas lieu dans la région cet été, mais bien en 2021.

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