Du Président au costume électoral; les fluctuations du discours

par Mickael Arseneau

Étant un étudiant effectuant une spécialisation en sciences politiques, vous vous doutez sans doute que mon niveau d’effervescence, en vue de la prochaine élection présidentielle française de mai 2012, a atteint son apogée, depuis déjà quelque temps. Surtout depuis que Nicolas Sarkozy, actuel Président de la Cinquième République, a confirmé sa candidature à la course électorale, le 19 février dernier. L’idée de pouvoir assister à l’un de ses discours électoraux est devenue un objectif vital à mon subconscient politique. C’est donc propulsé par mon désir analytique que je me suis rendu au Palais des Congrès de Lille pour assister, le 23 février dernier, aux premiers discours électoraux «sarkozystes» de la région Nord-Pas-de-Calais.

À l’aide d’une brigade composée de plus d’une centaine d’étudiants de l’Institut d’Études politiques de Lille, je me suis mêlé à une foule partisane de plus de douze mille personnes. À mon arrivée, un consensus régnait dans cette foule. Celui-ci était tout simplement d’entrer à l’intérieur du Palais des Congrès, car les organisateurs de cette rencontre politique ont jugé profitable de seulement laisser passer des vagues composées d’une centaine de personnes à la fois, et ceci, puis-je le rappeler, avec une foule de plus de douze-milles personnes. Après avoir été compressé comme une gaufre belge par cette foule partisane, j’ai finalement réussi à entrer dans le Palais.

Arrivé à l’intérieur de celui-ci, j’ai dû passer sous l’inspection d’un détecteur métallique pour finalement me rendre à l’intérieur de ladite « Arène politique ». Entré à l’intérieur de celle-ci, sous des chants populaires de l’UMP (parti politique de Sarkozy) acclamés par des milliers de personnes, principalement composées d’une jeunesse arborant fièrement des chandails affichant « Les jeunes avec Sarkozy », j’ai été stupéfié de constater les nombreuses similitudes entre les présidentielles Américaines et Françaises. Si ce n’est que par les centaines de drapeaux bleu-blanc-rouge, les dizaines d’affiches, exposant en gros plan de la figure de Sarkozy, accompagnée par un slogan de compagne affichant « Nicolas Sarkozy pour une France forte », et par les nombreux jeux d’éclairage, il est clair que le « wow-factor » a brillamment été exploité et démontré par les techniciens de la campagne sarkozienne, qui ont surement étudié en profondeur l’ancienne campagne électorale de Barack Obama.

Plus de 45 minutes après être rentrés à l’intérieur de cette « Arène », deux personnages politiques ont présenté leurs discours référentiels au « très cher Nicolas Sarkozy ». Suite à ces éloges, une musique retentissante, de style entrée royale remixée à l’ère du 21e siècle, annonçait l’entrée de Sarkozy. C’est à nouveau sous une cacophonie populaire que Sarkozy a pris en charge la scène qui était, je tiens à le préciser, parfaitement ajustée à sa petite taille. Entamant son discours, en nous partageant une lettre venant d’un travailleur du Nord-Pas-De-Calais, Sarkozy a tourné autour d’un mot clé pendant la quasi-totalité de son discours. Le « TRAVAIL », devenu son cheval de bataille, sera répété sous tous les aspects possibles, et ceci en le mettant en évidence dans toutes les structures de phrase. Ainsi, il a pris bien soin d’évoquer l’histoire en rappelant aux Français « les 30 années d’or de la France travaillante ». Le côté idéologique sera imagé en évoquant « les diaboliques 35 heures de travail, instaurées par la gauche, qui n’ont soi-disant pas été abolies par Sarkozy pendant son premier mandat ». Finalement, il a traité l’aspect économique en évoquant « la crise financière provoquée par les non-travaillants ». Sarkozy m’a démontré ses grandes capacités d’élocution qui ont surement été peaufinées à l’intérieur du système élitiste des écoles spécialisées françaises…

Après avoir finalement terminé son Ode au « TRAVAIL », il s’est présenté comme candidat. Une explication est de mise. Vu que Sarkozy est maintenant officiellement un candidat à l’élection présidentielle, il peut maintenant entretenir des propos qu’il n’aurait jamais été possible d’affirmer lorsqu’il portait le costume présidentiel. Portant maintenant un costume de candidat, «quasi-bonapartien», celui-ci peut affirmer des propos vexatoires de type : « Vous imaginez, François Hollande, Président de la République, on rêve ?! » ou « Pourquoi se donner tant de mal pour abattre quelqu’un qui est déjà perdu ? ».

Suite à ces propos, il était clair que son discours tirait à sa fin. J’ai donc pris l’initiative de partir quelques minutes avant la fin de son discours. Je sais que certains d’entre vous vont me renier juste par le fait que je suis parti avant la fin. Cependant, avec une foule partisane exposant des senteurs allant du «t’sou de bras» désagréable au français ne s’étant pas lavé depuis le début de l’annonce officielle de la candidature de Sarkozy, je ne voulais pas être à nouveau « engaufré » entre ceux-ci. Vous me pardonnerez de finir cet exposé, mais je dois aller prendre un bain de jus de tomate pour enlever l’odeur nauséabonde qui gravite toujours autour de ma personne, alors à la prochaine.

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