Du sain et des jeux

Julie Bossé (à gauche) et Pascale Francoeur-Pelletier sont déterminées à affronter à deux les embûches sur le chemin des Jeux de la Nutrition.

Julie Bossé (à gauche) et Pascale Francoeur-Pelletier sont déterminées à affronter à deux les embûches sur le chemin des Jeux de la Nutrition.

Les Jeux de la Communication, les Jeux du Commerce, les Championnats canadiens universitaires… la liste des compétitions nationales qui opposent les nombreuses universités du pays est longue. Un des items les moins connus de cette dernière est la compétition suivante : les Jeux de la Nutrition.

Le déficit de visibilité de cet événement est sans doute dû à sa relative jeunesse : il a vu le jour en 2012, quand des étudiants en nutrition de l’Université Laval à Québec ont défié leurs alter ego de l’Université de Montréal. Ce duel fratricide entre étudiants de la belle province s’est aujourd’hui élargi aux universités canadiennes qui proposent un programme de nutrition en français. C’est donc tout naturellement que notre institution a été conviée aux éditions suivantes. Les représentants de l’Acadie se sont particulièrement illustrés en 2014, en remportant le trophée, ce qui leur a valu d’organiser la compétition cette année.

L’usage du terme « jeux » laisse erronément supposer l’existence d’une féroce concurrence entre les participantes. Mais, comme l’expliquent Pascale Francoeur-Pelletier et Julie Bossé, qui ont toutes deux fait partie de l’aventure l’an dernier : « C’est vraiment amical comme ambiance. Nous sommes là pour gagner le premier prix, mais ça ne nous empêche pas de parler aux autres étudiants. Plusieurs soirées thématiques sont organisées, nous sommes toujours costumées ».

Les Jeux de la Nutrition se dérouleront en 2016 à Québec. Comme à chaque édition, le programme se compose d’une soirée d’accueil, de conférences et de rencontres avec des professionnels du secteur. Sans oublier l’aspect plus festif de cette rencontre… Julie revient d’ailleurs en souriant sur ses propos et soutient que « ce n’est pas vraiment le but de gagner, dans le fond. L’objectif est de passer une fin de semaine fun! »

Elle ne néglige toutefois pas les possibilités qu’offre ce genre d’évènements. L’étudiante en nutrition insiste par exemple sur l’opportunité de faire du réseautage, ou celle de comparer les programmes entre différentes institutions académiques. Les conférences, données par des orateurs tous titulaires un doctorat, permettent également d’approfondir les connaissances acquises en cours.

Si les Jeux de la Nutrition semblent apporter une réelle plus-value à ceux qui y participent, l’obstacle financier empêche néanmoins plusieurs intéressés d’y prendre part.

« Le coût d’inscription est de 250 $ par personne, car il faut payer le bus pour aller à Québec. Nous sommes une trentaine de candidats sur notre groupe Facebook, mais tous ne pourront pas partir », regrette Pascale.

L’absence actuelle de financement de la part de l’Université limite fortement les chances de participation de plusieurs étudiants. Une demande de soutien a été introduite, mais n’a pas encore trouvé grâce auprès des responsables du budget.

Pour compenser ce manque de moyens, le département de nutrition a organisé une collecte de fonds, le lundi 9 novembre. Malheureusement, « le niveau de participation a été inférieur à ce à quoi on s’attendait ». D’autres activités sont donc prévues dans un avenir plus ou moins proche : une vente de pâtisseries, une sollicitation de fonds au marché de Dieppe et éventuellement une deuxième collecte de fonds.

Les problèmes de nutrition sont en tout cas bien réels dans les Maritimes : « On constate de nombreux cas d’obésité », précise Julie. L’omniprésence des fast-foods semble en être la cause principale. Heureusement, la population commence à prendre conscience qu’une alimentation saine est importante. De plus, le programme de nutrition est relativement populaire, ce qui signifie que la génération actuelle est plus soucieuse de son équilibre que celles qui l’on précédé. Les Jeux de la Nutrition font partie d’une série d’initiatives destinées à accroître la visibilité du programme. L’avantage de la formation offerte par l’Université de Moncton est qu’elle offre une garantie de stage, grâce à un système de contingentement à la fin de la première année. Pascale et Julie spécifient qu’il suffit d’avoir de bonnes notes pour faire partie du numerus clausus, et que l’ambiance entre étudiants n’est donc pas minée par une compétition délétère.

Pour finir, les deux futures diététistes donnent trois conseils pour vivre plus sainement : boire de l’eau, manger varié, mais surtout se permettre de temps à autre une petite gâterie. Finalement, ces trois suggestions ne rejoignent-elles pas l’expérience que certains étudiants vivent? Un programme universitaire équilibré et intéressant, avec parfois une petite récompense à la clé : une compétition entre différentes institutions académiques!

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