Éditorial : Il manque un débat

par Marc André LaPlante, rédacteur en chef

Le ministre de la sécurité publique Vic Toews a beaucoup retenu l’attention au courant des dernières semaines, alors quun long débat entoure la mise en place d’un projet de loi visant à rendre des informations privées plus accessibles aux autorités via Internet.

Plusieurs personnes se sont opposées vivement à ce projet de loi, un peu comme ce que l’on a pu voir aux Etats-Unis avec SOPA et PIPA. Lorsque l’on tente de mettre en place des mesures qui vont restreindre l’accès à Internet, ou qui vont restreindre les libertés du public sur Internet, il faut s’attendre à recevoir quelques critiques.

Quand Toews a reçu ces critiques, toutefois, sa réponse a été d’autant plus choquante. Selon lui, ceux qui s’opposent à son projet de loi se rangent du côté des pédophiles. Voyons donc. Cette déclaration de Toews est absolument aberrante. Ce n’est pas sans rappeler la déclaration qu’avait faite l’ancien président américain Georges W. Bush lorsqu’il avait lancé son célèbre « you’re either with us or against us ».

Un peu plus tard, Toews se faisait en quelque sorte prendre à son propre jeu. En réponse à toutes ces attaques de Toews et à cette mesure touchant à la vie privée sur Internet, des informations sur la vie privée du ministre se sont trouvées sur le site de réseautage social Twitter.

Plus précisément, ce sont des informations sur son divorce qui a été, il faut le dire, assez difficile. Ce sont donc des numéros d’assurance sociale, des attaques personnelles et pleins d’autres informations toutes aussi peu pertinentes à la vie publique du Canada qui se sont retrouvées sur le web.

On apprenait plus tard que les informations étaient venues d’un employé du Parti Libéral du Canada, qui avait obtenu ces informations de façon tout à fait légale. Mais entre les attaques ridicules de Vic Toews, et ces informations inutiles et n’ayant aucun lien au débat public qui ont été publiées sur Toews, on en vient à oublier complètement le vrai débat. C’est ce qui arrive bien trop souvent dernièrement à Ottawa.

La petite politique prend toute la place, et il faut dire que ça semble faire l’affaire du gouvernement de Stephen Harper. Pendant qu’on s’attarde sur ces attaques de toutes part, l’attention médiatique est ailleurs que sur les décisions du gouvernement. Toute cette histoire montre à quel point le débat public et à quel point on semble parler beaucoup de ce qui entoure les décisions politiques, mais pas assez des décisions elles-mêmes.

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