Éditorial : Une biographie in english

The Golden Age of Liberalism, A portrait of Roméo LeBlanc. Voilà le titre de la biographie de l’Acadien Roméo LeBlanc. Signé de la plume de Naomi Griffiths, spécialiste en histoire acadienne, la biographie de l’ancien gouverneur général est publiée en anglais uniquement.

Cette nouvelle a fait jaser beaucoup jusqu’à maintenant, étant donné que le livre ne sera pas disponible en français. Selon le député Dominic LeBlanc, fils de l’ancien gouverneur général, le financemenet n’était tout simplement pas disponible pour la traduction de l’ouvrage.

Il est très dommage qu’un ouvrage concernant un homme qui a fait autant pour le peuple acadien ne soit pas disponible en français. C’est d’ailleurs ce qu’a déploré Jean-Marie Nadeau, le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, au Téléjournal Acadie.

Naomi Griffiths, elle, n’a pas grand chose à se reprocher, après avoir été approchée par Roméo LeBlanc lui même. Elle œuvre d’ailleurs sous les ordres d’une maison d’édition, à qui revient la décision de traduire ou non un ouvrage comme la bibliographie de Roméo LeBlanc. Si quelqu’un, dans cette histoire, a quelque chose à se reprocher, c’est bien la maison d’édition, les éditions Lorimer.

Ces derniers confirment qu’une traduction n’est pas dans les plans présentement. Ils affirment cependant qu’ils y pensent présentement. Cela semble franchement à un simple exercice de relations publiques, alors qu’elle ne s’engage à absolument rien et se dévie la question.

C’est un triste commentaire sur la communauté acadienne que de constater qu’un des nôtres sera honoré d’une biographie dans la langue de Shakespeare, mais pas dans celle de Molière. Pourquoi est-ce qu’un francophone n’a pas pris l’initiative d’écrire la biographie de ce grand Acadien ? Et pire encore, pourquoi est-ce que l’éditeur en question ne voit pas les Acadiens comme un investissement qui ne vaut pas la peine ?

Le peuple acadien devrait avoir un pouvoir d’achat qui est fort assez pour convaincre les éditeurs de mettre en marché une traduction en français de la biographie de Roméo LeBlanc. C’est très frustrant lorsqu’un débat de la sorte se pointe.

Essentiellement, on nous dit que trop peu d’Acadiens feraient le choix d’acheter le livre en français. La vision est peut-être inquiétante, mais si les francophones veulent le respect des grandes entreprises et des maisons d’éditions, il faut toucher leur portefeuille. Ils faut que les maisons d’éditions sachent que lors que nous n’avons pas l’option d’un livre en français, nous n’acheterons pas leurs livres. Comme il faut que les entreprises sachent que sans service en français, nous dépenserons notre argent ailleurs.

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