Éditorial : Une institution francophone qui doit le rester

par Marc André LaPlante, rédacteur en chef

Selon le procès-verbal d’une réunion du conseil des gouverneurs de l’Université de Moncton, un gouverneur aurait soulevé l’idée d’instaurer des programmes bilingues dans le but de rehausser le recrutement étudiant. Le recteur de l’établissement, Yvon Fontaine, s’est empressé de démentir le tout lorsque Michel Doucet et Serge Rousselle ont soulevé la question

L’idée d’avoir une Université de Moncton qui serait totalement bilingue est absolument ridicule. Il semble que tout les gens qui sont impliqués dans le dossier sont d’accord là-dessus. Yvon Fontaine le sait, tout comme Michel Doucet et Serge Rousselle. Il est complètement incompréhensible qu’un gouverneur le propose, et il est encore plus inquiétant de constater que personne ne soit objecté à cette idée

Ce qui est le plus rassurant, c’est que bien trop de gens s’opposent à l’idée d’une université bilingue pour que cette idée soit considérée sérieusement. Il est cependant très inquiétant de voir la façon dont se comporte le recteur dans les médias.

Pourquoi n’aurait-il pas pu simplement dire que l’idée a été avancée, mais qu’elle n’a pas été considérée car elle est mauvaise. Ce n’est franchement pas compliqué, et ça aurait épargné beaucoup de commentaires inutiles dans les médias.

Il est clair que Fontaine en veut personnellement à Serge Rousselle pour toute l’affaire entourant le vice-rectorat, et que ses attaques envers lui et Michel Doucet proviennent de ce conflit. Faisons preuve d’un peu de sérieux, et réglons ces petits conflits qui ne mènent à absolument rien.

On doit cependant abonder dans le même sens que Michel Doucet et Serge Rousselle. Il est extrêmement inquiétant de voir qu’un gouverneur de l’Université de Moncton puisse avoir une telle réflexion. Une personne nommée au conseil des gouverneurs doit absolument avoir une meilleure connaissance de l’histoire, et du rôle de l’Université de Moncton pour proposer une telle absurdité.

L’Université de Moncton, en tant qu’institution francophone et acadienne, a un rôle primordial à jouer pour toute l’Acadie. On sait que lorsque l’on ouvre la porte au bilinguisme dans des institutions, c’est souvent la langue de la majorité qui fini par prendre toute la place. Dans le contexte de la Ville de Moncton, il est évident que le rôle de l’Université de Moncton en tant qu’institution francophone disparaitrait.

Il est important de ne pas s’aventurer dans cette direction. N’ouvrons pas la porte à cette question. L’Université de Moncton est, et doit rester, une institution unilingue francophone.-

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