Éducation en Haïti : La Faculté des Sciences de l’éducation de l’Université de Moncton prête main forte

par Rémi Frenette

Le mardi 18 octobre dernier à l’édifice Jeanne-de-Valois, le Centre de recherche et de développement en éducation (CRDE) présentait une causerie-midi intitulée « Haïti : Un projet pour renforcer les capacités institutionnelles et universitaires dans le domaine de l’éducation ».

Quatre universités canadiennes participent à ce plan de revitalisation sociétale : celles de Laval, d’Ottawa, de Moncton et de Sherbrooke (LOMS). Ce consortium fut créé en 2010 en réponse à l’appel lancé par l’Université de Laval. Depuis, on a vu la mise sur pied d’un plan d’action s’étendant sur cinq ans et financé par l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

Le projet vise l’amélioration globale à long terme de l’éducation en Haïti par l’instauration d’infrastructures universitaires pouvant former des professionnels de l’éducation. À leur tour, ces personnes formeront les futures générations d’enseignant(e)s du pays. L’objectif consiste à offrir des moyens de formations pour le personnel enseignent actuel et futur. Au final, LOMS espère permettre aux communautés haïtiennes d’assumer la gestion de leur propre système éducatif primaire, secondaire et universitaire.

Comme l’expliquait Jeanne d’Arc Gaudet, présentatrice de la causerie, co-organisatrice du projet et professeure au Département des Sciences de l’éducation, le programme de maîtrise envisagé mettra l’accent sur la recherche-action. Dans leurs travaux au 2e cycle, les étudiants seront amenés à identifier des enjeux éducationnels locaux, à les cerner par la recherche et l’analyse pour aboutir à des pistes de solutions concrètes. Ce type d’apprentissage conjugue la pratique à la théorie de sorte à ce que la formation soit « professionnalisante ».

Au niveau des écoles primaires et secondaires, l’intervention consiste à former le personnel enseignant et non enseignant (directions, inspecteurs, fonctionnaires, etc.) par des séminaires, des ateliers et des journées d’étude. LOMS travaillera aussi pour l’implantation de dispositifs pédagogiques, l’analyse des besoins de formation, la mise en œuvre et l’évaluation des curricula, la reconnaissance des acquis, la gestion du système académique et l’accès aux études.

Jeanne d’Arc précise que des personnes du domaine de l’éducation en Haïti ont participé à tout le processus décisionnel jusqu’à présent et que le projet bénéficie de l’appui du gouvernement haïtien. Ce partenariat devrait faciliter la continuité de la reconstruction après les cinq années du projet. C’est dans cette perspective qu’il faut y voir un renforcement sur le long terme.

Le bienfondé du projet est incontestable selon Jeanne d’Arc Gaudet qui précise que « depuis le séisme de 2010, la communauté internationale accorde une très grande attention à la situation haïtienne ».

Elle rajoute que même avant cette tragédie, les fléaux naturels, la maladie et l’instabilité politique ont contribué à la détérioration de l’éducation. De 1957 à 1986, entre autre, la dictature héréditaire des Duvalier – François, « Papa Doc » et Jean-Claude, « Bébé Doc » – n’a certainement pas contribué à l’épanouissement de la population.

Jeanne d’Arc Gaudet soutient que le séisme de 2010 a détruit environ 90% des infrastructures universitaires de la capitale Port-au-Prince et que les entrepreneurs n’ont jusqu’à présent pas pu mettre en place un programme stable et cohérent pour l’éducation du pays. Les ressources pédagogiques, les bibliothèques, les manuels et les locaux d’enseignements faisaient aussi cruellement défaut même avant le séisme.

Au primaire, seulement 30% des quelques 200 000 enseignants du pays ont une formation professionnelle. Au secondaire, sur plus de 15 000 enseignants, 84% sont sans formation professionnelle. Plusieurs se déplacent d’une école à l’autre, sont surchargés, manquent de matériel, de soutient et de formation.

Bien entendu, les difficultés vécues à Haïti dépassent le simple cadre de l’éducation. Toutefois, Jeanne d’Arc rappelle que ce secteur doit demeurer une priorité. En donnant l’exemple de la Renaissance acadienne, amorcée en 1864 par la fondation du collège Saint-Joseph – établissement reconnu aujourd’hui sous le nom d’ « Université de Moncton » –, elle affirme que « l’éducation, c’est la clé du développement socioéconomique d’un peuple ».

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  • Didi

    Excellent projet! On souhaite que ces specialistes en education puissent obtenir le financement pour realiser un projet d’une importance incontestable.

    didi

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