Elle est où, notre compassion?

La semaine dernière, le monde entier a été aux prises avec une crise humanitaire au niveau planétaire. Avec des milliers, voir des millions de migrants et de réfugiés qui se sont précipités aux frontières des pays de l’Europe, particulièrement de l’Allemagne, pour échapper aux horreurs d’une guerre civile syrienne, dont les puissances mondiales semblent avoir abandonné, c’est à notre humanité que cette situation nous appelle.

Certains d’entre nous ont grandi avec la conviction que notre pays, le Canada, était une nation bienfaisante, qui venait en aide aux autres et qui surtout était l’une des premières puissances en ce qui concerne l’aide internationale. Certains d’entre nous ont aussi grandi pour voir cette certitude s’effilocher avec le temps, pour finalement se réveiller un matin et constater que notre pays n’est plus ce qu’il était il y a de cela dix ou vingt ans.

Maintenant, quand on parle des droits de l’homme et de l’aide humanitaire au Canada, on réalise que notre pays traine la patte, et cela depuis bien trop longtemps.

En juin dernier, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies a accusé le Canada de refuser de prendre des actions concrètes concernant divers dossiers internes portant atteinte aux droits et libertés de ses citoyens, incluant les disparitions et meurtres de plus d’un millier de femmes autochtones dans les 35 dernières années, ainsi que les effets de la législation antiterroriste C-51.

Quand ce sont les Nations Unies qui s’en mêlent, on s’entend que le problème est assez grave.

Dans le cas des relations avec les nations autochtones, il faut souligner que ce n’est pas la première fois qu’un intervenant externe s’est penché sur le sujet et a émis les mêmes recommandations, c’est-à-dire de procéder à une enquête à l’échelle nationale concernant ce qu’on a qualifié de « phénomène troublant ».

Comme le dit le proverbe populaire : « On ne peut aimer les autres si on ne peut s’aimer soi-même ».

Cependant, dans le cas de la crise des réfugiées, l’aide de la part du Canada ne peut tarder davantage, même si le pays possède son lot de problèmes à l’interne.

La fin de semaine dernière, des marches et manifestations ont été organisées d’un océan à l’autre pour démontrer l’intérêt de la population à participer à la cause et à venir en aide à ceux dans le besoin immédiat. Même à cela, la réponse de la part des partis gouvernementaux reste maigre : les conservateurs proposent d’admettre au pays 10 000 réfugiés en 3 ans, les libéraux 25 000 et, chez les néo-démocrates, 10 000 réfugiés avant la fin de l’année 2015. Quand on considère que, depuis le début de la crise en 2011, le nombre de réfugiés syriens seul dépasse les 4 millions d’individus, les chiffres présentés par les chefs des partis canadiens sont comparables à une goutte d’eau dans un verre rempli.

Au Canada, il nous faut ouvrir nos frontières, non seulement aux immigrants capables de contribuer à notre économie, comme semble être le facteur déterminant en ce moment, mais aussi à ceux qui ont besoin d’un nouveau départ. À ce moment, peut-être, nous sera-t-il possible de retrouver notre compassion d’antan.

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