Nous éloignons-nous de nos études ?

Les évaluations de la mi-session approchent à grands pas, et avec celles-ci toutes les variations de cette même question posée aux professeurs : « Ça sera-tu sur l’examen? »

Cette inquiétude se présente chez la plupart des étudiants, avec raison.

Toutefois, il y a une tendance à prioriser la moyenne cumulative, et non les apprentissages acquis en salle de classe. On étudie que pour l’évaluation, pas pour la connaissance.

Nombreux sont ceux qui vont dire d’éviter un tel cours, ou d’en choisir un autre, du simple fait que c’est un A+ facile. D’autre part, l’importance d’un contenu de qualité semble être secondaire.

Pour faire entendre nos préoccupations, on exige des changements dans les cours comme une réduction du nombre de projets demandés, des grilles qui détaillent comment bien avoir tous nos points lors d’une évaluation.

Quand on mentionne le contenu, c’est souvent pour le critiquer s’il est trop exigeant. En gros, la demande oriente nos programmes vers un nivellement par le bas pour s’assurer une bonne moyenne, ce cher A+ facile.

La raison d’être de nos études nous échappe. On s’éloigne donc de plus en plus de notre programme, on s’aliène. L’étude est devenue un objet étranger pour nous, car nous ne voyons que la mécanique du succès, mesuré par notre moyenne.

Puisqu’on vient d’institutions scolaires qui valorisent avant tout les bonnes notes, nous sommes portés à vouloir rayonner de cette même façon aux études postsecondaires.

Cette obsession qu’est la réussite, en termes de moyenne, serait-elle encore due au coût grimpant des études, nous portant à renouveler les bourses de mérite académique pour combler nos besoins budgétaires?

Certains diront encore que cette attitude est une stratégie pour assurer un bon emploi.

Pourtant, quand l’Université agit seulement comme une institution préparatoire à l’emploi, les distinctions entre son rôle et celui du marché du travail deviennent floues.

Est-ce qu’on étudie uniquement pour une lettre sur notre CV ? Même en ne voulant que cette réussite professionnelle, la question se pose si cette stratégie est la meilleure façon de s’y rendre. Pourquoi accorderait-on tant d’importance à nos résultats d’évaluations, quand ils sont rarement demandées lors d’entrevues?

En fait, c’est paradoxal : on veut des A+ faciles pour accéder à l’emploi, mais à la longue, des cours nivelés par le bas nous préparent moins au marché du travail.

L’université est l’un des rares lieux où l’on a véritablement la chance d’être dans un environnement qui nous offre la liberté d’acquérir des connaissances pour notre épanouissement propre. Si on continue à s’y comporter comme client plutôt qu’étudiant, on risque d’oublier la nature même de l’institution.

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