Enfin des positions claires!

Lundi 28 septembre, peu avant 17 heures. Les étudiants se pressent à l’entrée de l’amphithéâtre du Pavillon Jacqueline-Bouchard. Une fois n’est pas coutume, la cause de cet attroupement n’est pas la tenue imminente d’un cours magistral. Les jeunes sont en effet venus écouter ce que les quatre candidats fédéraux de la circonscription de Moncton-Riverview-Dieppe ont à leur dire au sujet de l’éducation postsecondaire.

Si le débat n’a pas toujours été d’une intensité extrême, il a néanmoins permis de clarifier enfin les positions de chaque parti sur le sujet. Les sceptiques qui répètent à longueur de journée que « les politiciens, ce sont tous les mêmes », ou que « de toute façon, il n’existe plus de gauche et de droite » en ont été pour leurs frais. Les étudiants attendaient des messages concrets et ils en ont eu ! Même si les positions des différents partis peuvent être irritantes, les personnes présentes ont pu apprécier un réel engagement des candidats, plutôt qu’une lecture orthodoxe de plans de parti.

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Le débat avait manifestement été bien préparé par les candidats et la FÉÉCUM. Photo : Damien Gaudissart, Le Front

Luc LeBlanc et le « financement spécifique »

Le candidat néo-démocrate était attendu au tournant par de nombreux étudiants, de par ses fonctions de professeur à l’Université de Moncton. Il a axé son discours autour d’une idée directrice : celle de créer des « financements spécifiques » pour l’éducation postsecondaire. Actuellement, l’argent dévolu à ce secteur est inclus dans un financement fédéral des programmes sociaux, plus global. En d’autres termes, le gouvernement provincial reçoit une somme donnée d’argent pour le financement des programmes sociaux, et il fixe de sa propre initiative la proportion de ce budget allouée à l’éducation postsecondaire. L’innovation néo-démocrate consisterait donc à réaliser des transferts d’argent fédéral-provincial, spécifiquement dédiés à l’éducation postsecondaire. L’idée est généreuse, reste à voir si elle sera mise en application, l’éducation demeurant encore et toujours une compétence provinciale…

  1. LeBlanc a aussi avancé d’autres idées : « Je veux insérer le droit à l’éducation dans la loi. Aujourd’hui, l’avenir des générations futures semble pire que le nôtre (ndlr : comprenez l’avenir de la génération de Luc LeBlanc).Je désire également mettre les stagiaires sous la loi du travail». Cette dernière initiative aurait pour but de rendre illégaux les stages non rémunérés. Enfin, concernant le sous-financement des universités, il affirme que le problème remonte aux années libérales (sous le gouvernement de Jean Chrétien), quand le budget provincial a été équilibré sur le dos de l’éducation. Le « financement spécifique » devrait permettre un financement sûr à long-terme.

Les libéraux en faveur de la collaboration

L’idée la plus chère à la candidate libérale de la circonscription Moncton-Dieppe-Riverview, Ginette Petitpas-Taylor, est la coopération entre les différents niveaux de pouvoir. Si elle est élue, les gouvernements fédéral et provincial seront amenés à plus se concerter pour les compétences qui concernent les deux niveaux de pouvoir. La libérale nous dévoile même son but ultime : « Tout le monde doit avoir accès à l’éducation post-secondaire ». Elle ne révèle cependant aucun échéancier pour la réalisation de ce plan.

Le nombre fétiche de Mme. Petitpas-Taylor semblait être le 40, lundi dernier. Elle a de fait promis de créer durant la prochaine législature 40.000 places pour des emplois d’été. En plus de cela, elle a assuré qu’elle verserait 40 millions de dollars aux employeurs pour rémunérer les stages. La candidate libérale a conclu en annonçant qu’elle financerait la recherche à hauteur de 200 millions de dollars par an, car « la recherche dynamise notre société, il faut recréer une relation avec les scientifiques ».

Les verts pour la gratuité

Luc Melanson a quant à lui orienté ses propos autour d’une promesse ambitieuse : il désire rendre l’université gratuite pour tous les étudiants. Il s’inspire en cela du système en vigueur dans certains pays scandinaves et en Allemagne. Grâce à cette mesure, il espère pouvoir plafonner la dette étudiante à 10.000 dollars. Étonnamment, le candidat vert a souligné le lien direct entre la gratuité des universités et la productivité des diplômés.

Les autres initiatives symboliques de M. Melanson sont le lancement d’un Conseil des Citoyens, qui créerait une espèce de pont entre les niveaux de pouvoir et la création de plus d’opportunités d’emploi à la sortie des études. « J’aimerais qu’un jeune monte avec moi à Ottawa, pour voir comment les décisions sont prises au niveau fédéral », conclut le candidat du Parti vert.

Quant à Robert Goguen, il a surtout vanté les avancées réalisées sous son gouvernement, ne développant que peu d’idées pour l’avenir er restant relativement évasif sur de nombreux thèmes. L’éducation postsecondaire ne semble donc pas être au premier rang des priorités conservatrices.

Financement spécifique, collaboration et gratuité resteront donc dans les esprits comme les mots les plus frappants de ce débat. Une excellente mise en bouche avant le 5 à 7 du jeudi 8 octobre, avec les mêmes protagonistes !

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Petite photo de groupe avant le début du débat. Photo: Damien Gaudissart, Le Front

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