Enquête journalistique et non judiciaire

Après un scandale comme celui qui est survenu en 2012 par faute de transparence d’un conseil étudiant, on s’attendrait à avoir beaucoup plus de coopération les années suivantes lorsque la même enquête faite par Le Front est répétée. Pourtant, il est encore très difficile d’obtenir les documents publics de chaque conseil du campus de Moncton.

But réel de l’enquête

Le sondage annuel effectué par le journal étudiant concernant l’archivage de documents servant à prouver la saine gestion des avoirs des membres d’un conseil, devant être disponibles en tous temps, a encore une fois vécu des résultats décevants. Ceci devrait gravement inquiéter la FÉÉCUM.

Cette enquête a pour objectif d’aider les conseils étudiants à s’habituer à tenir leurs documents légaux prêts et toujours en règle afin d’avoir la certitude qu’une fraude comme on en a connu ne se reproduise pas. C’est une initiative raisonnable qui a été instaurée pour aider les conseils étudiants. De plus, Le Front a même permis un délai de deux semaines pour fournir tous les documents nécessaires.

C’est aussi une bonne façon de faire montre de transparence. Ceci est important pour garder la confiance des étudiants, qui eux veulent s’assurer que l’argent donné en cotisations chaque année dans leurs frais étudiants est bien géré.

Fouiner ou simplement rapporter?

Plusieurs conseils n’ont soit pas pu remettre les documents demandés par Le Front, soit n’ont pas répondu à la requête ou ont catégoriquement refusé de les remettre.

Une des raisons qui a été données par le conseil de la faculté d’administration, l’AÉFAUM, pour défendre leur décision de refus de divulguer leurs informations est la peur de la critique que pourrait faire Le Front.

Le journalisme sert à apporter la vérité et à fournir aux citoyens l’information exacte dont ils ont besoin pour vivre libre et autonome dans la société. Les deux premiers principes fondateurs du bon journaliste sont son obligation de dévoiler la vérité et sa première loyauté va toujours aux citoyens.

Le rôle du journal Le Front, un média étudiant financé par et pour les étudiants, est donc d’informer la population étudiante et de critiquer avec objectivité.

Le travail réalisé avec cette enquête avait pour but de documenter les situations budgétaires des conseils étudiants du campus et autres informations constitutionnelles. En refusant de divulguer ces renseignements, le journal n’a pas besoin d’ajouter quoi que ce soit : le silence est souvent lourd de sens.

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Une nouveauté de cette année est le cout demandé par les conseils étudiants pour l’obtention de documents publics.

C’est problématique puisque, comme expliqué ci-haut, l’enquête est faite pour aider et critiquer. En demandant de l’argent pour avoir accès à de l’information qui devrait être publique et librement remise aux étudiants, les conseils qui s’adonnent à cette pratique mettent un prix sur l’accès à l’information. C’est une action qui inquiète Le Front.

Avec des initiatives de la sorte, c’est un effort direct pour décourager le travail journalistique et l’accès à l’information en décidant arbitrairement de qualifier la requête de Le Front comme étant frivole. On applaudit l’initiative du journal étudiant de mener une enquête mais on exige des frais administratifs. C’est contradictoire.

Certains seront tentés de penser que cela n’a aucune importance. Pourtant le conseil des arts a été victime d’une fraude d’un montant de 15 000 $ en 2012. Depuis cette année-là, leurs documents sont à jour. Faudra-t-il attendre qu’une situation similaire se reproduise avant de voir les autres conseils emboiter le pas?

 

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