Entreprendre des études à 50 ans : rêve ou folie?

Par Sandy Harquail, étudiante en traduction

Je rêve d’un baccalauréat en traduction depuis 30 ans, et aujourd’hui je vis mon rêve. L’année où j’ai fêté mes 50 ans fut l’année où je me suis finalement décidée à plonger et à réaliser ce rêve qui a été relégué dans le fond de mon cœur pour des raisons de priorité.

Vous savez, plusieurs mamans font cela, elles repoussent leurs aspirations, leurs rêves afin de se concentrer sur les obligations familiales et les ambitions de leurs enfants. Vous seriez possiblement étonnés de savoir les désirs cachés dans le cœur de vos mamans !

Après avoir élevé mes quatre enfants, et vu ma dernière diplômée de Mathieu-Martin, j’étais enfin prête à faire le saut. Après trépidations, hésitations et remises en question, je me suis jetée dans les eaux nébuleuses du campus de Moncton, et j’en suis heureuse !

Étudier pendant la cinquantaine est un défi de taille, sur les bancs d’école avec des jeunes qui ont plus de la moitié de notre âge, souvent même plus jeunes que nos enfants, l’absorption de l’information se fait plus lentement, les bruits dans les salles de classe nous dérangent un peu plus, on marche moins vite, mais le désir d’apprendre est aussi intense que le restant des étudiants. J’arrive avec mon bagage de vie, qui à certains moments, est un avantage pour la compréhension de certains concepts, mais aussi un désavantage à d’autres moments, car je dois combattre des idées préconçues et souvent fausses. Le désir de bien réussir est cependant tout aussi présent qu’à 20 ans.

La raison pour laquelle j’ai ajouté à mon titre rêve ou folie, est celle-ci : pendant la période d’examen, ou pendant une semaine particulièrement achalandée, je me demande « pourquoi est-ce que je me soumets à toute cette folie à 50 ans ? » et la raison est simple, MON RÊVE ! Lorsque ça fait plus de trente ans qu’on rêve, ce rêve devient soit un mirage ou une réalité. J’ai choisi de réaliser mon rêve malgré les embuches, et les défis. Je suis très heureuse d’être ici parmi vous; votre jeunesse, votre énergie et votre vivacité sont une inspiration pour moi et je vous en remercie. L’intégration a été facile, en fait, beaucoup plus facile que je ne le pensais de prime abord, je me sens acceptée par mes pairs, et je me sens privilégiée d’être ici, sur le campus de Moncton à vivre mon rêve !

La section Plume libre est publiée en partenariat avec le Département d’études françaises de l’Université de Moncton.

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