Est-ce que ça répond à ta question?

C’est l’heure des grands débats politiques, et les grandes questions se posent. On parle d’économie, d’interventions militaires, d’économie, de soins de santé et d’économie. On répond aux grandes questions en espérant charmer les électeurs, cela en évitant subtilement un groupe tout particulièrement.

Est-ce qu’on répond à nos questions en tant qu’étudiants? Par politesse, uniquement. Une préconception chez les étudiants, dont la grande majorité est constituée de jeunes en dessous de l’âge de 25 ans, c’est qu’on ne fera pas l’effort de se déplacer lors de la période de scrutin et d’exercer notre droit de vote. Que ce soit par paresse, ou par un manque de confiance dans le système, les jeunes ne votent pas.

Donc, forcément, pourquoi se pencher sur les questions qui les affectent? Pourquoi convoiter leur vote, si ce n’est qu’une proportion infiniment minime du corps électoral canadien? Pourquoi se pencher sur les questions qui les affectent, qui les tiennent à coeur?

Il reste plusieurs questions à répondre que l’on évite. On dit se pencher sur la cause des jeunes quand on parle de frais de scolarité. On mentionne un montant magique qui irait contre la hausse des frais de scolarité, et cela semble être capable de régler toute autre question. Cependant, quels sont les efforts que notre futur gouvernement serait en mesure de faire pour réduire la dette existante chez les jeunes déjà diplômés? Quelle est leur position sur les stages non rémunérés, lesquels contribuent également à la dette étudiante? Est-ce qu’on se penche vraiment sur la création d’emploi pour les jeunes diplômés? Ce sont toutes des questions qui tracassent l’étudiant moyen, et les réponses qu’on nous fournit ne semblent répondre à nos questions qu’en partie ou, dans certains cas, n’y répondent pas du tout.

Cette campagne électorale semble vouloir éloigner les électeurs des grandes questions qui nous préoccupent en se servant de faux débats et de réponses entrecoupées.

L’un des grands exemples de cette tactique est la question du niqab, laquelle est utilisée par la vaste majorité des politiciens, particulièrement ceux de droite, pour distraire les électeurs des autres enjeux tout aussi pressants qui concernent la condition de la femme.

On ne parle pas de représentativité au sein de la politique canadienne, qui est toujours largement dominée par le sexe masculin, ou encore de l’écart salarial. On n’aborde pas l’accès limité à l’avortement dans nos provinces, et encore moins la disparition de plus de 1000 femmes autochtones au pays dans les deux dernières décennies. Il s’agit d’importantes questions qui touchent la condition de la femme au Canada, mais on les ignore royalement.

C’est une campagne qui s’achève, mais qui peine encore de nous donner de véritables réponses sur des sujets tout aussi importants que l’économie et les soins de santé. Il est cependant toujours important d’y participer pour défaire les stéréotypes et faire valoir notre point de vue au sujet de l’état d’un pays qui nous appartiendra un jour.

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