Agressions sexuelles sur le campus: quel est l’état des services?

Les lacunes concernant la prévention d’agressions sexuelles sur le campus de l’Université de Moncton se font ressentir. En effet, la plupart des étudiants ignorent que certains services leur sont disponibles, bien que ceux-ci soient présents directement sur le campus.

En 2015, la CBC publie une enquête exclusive sur le faible taux d’agressions sexuelles reportées sur les campus universitaires canadiens. Ainsi, il était possible de lire que le nombre d’agressions sexuelles rapportées sur le campus de Moncton entre 2009 et 2013 était de zéro.

De son propre aveu, l’Université de Moncton indique que ces chiffres ne sont pas un reflet fidèle de la situation sur le campus. Des informations additionnelles ont été publiées par la suite sur le site web de l’Université, mentionnant qu’au moins trois cas d’abus sexuels avaient été rapportés dans les trois dernières années.

Près d’un an suite au dévoilement des données de la CBC, Le Front décide de faire sa propre enquête sur le campus au niveau des services offerts en matière de prévention d’agressions sexuelles.

Des services disponibles sur le campus de Moncton

Véronique Landry, infirmière à la clinique du campus, confirme qu’il y a bien des services offerts afin d’aider les victimes: « Au centre de santé ici, après, on peut faire le suivi, au niveau psychologique, au niveau physique… », informe-t-elle.

Effectivement, des médecins et des psychologues sont présents au Service de santé du Centre Étudiant pour aider les victimes dans un suivi afin de les aider à gérer plus facilement les moments de crise. Par contre, Véronique Landry recommande aux victimes d’aller aux services d’urgences le plus tôt possible: « Quand ça arrive, je pense que la meilleure place à aller, c’est aux services d’urgences ».

Elle explique ensuite que cette étape peut aider à prévenir ou à faciliter des situations possiblement désagréables concernant la santé de la victime. À titre d’exemple, cette dernière mentionne des blessures s’il y a eu de la violence, des maladies ou d’infections transmises sexuellement ainsi que, dans le cas où la victime est une femme, d’une grossesse non désirée. Le personnel de la clinique peut aussi guider les victimes vers des services offerts tels que les hôpitaux ainsi que les services d’aide aux victimes de la Gendarmerie royale du Canada.

Programmes de prévention : sont-ils assez visibles?

Un sentiment de perplexité peut faire surface quant aux programmes de prévention d’agressions sexuelles sur le campus de Moncton.

La campagne de sensibilisation présente sur le campus, « Non, c’est non », a fait son entrée en 2015 avec une initiative de la FÉÉCUM, réalisée par l’étudiante Sarah Anne Grandisson dans le cadre de son emploi d’été pour la fédération en tant que chargée de projet.

Celle-ci cherche notamment à informer et à créer une prise de conscience en ce qui concerne le consentement sexuel et les relations sexuelles saines.

Bien qu’il y ait une réjouissance de la création d’une telle campagne, malheureusement, les étudiants impliqués sont limités dans les fonds nécessaires pour celle-ci. La participation de l’université pourrait s’avérer d’une grande aide pour le développement de la prévention de cas sur son campus.

Les étudiants sont-ils au courant?

Le Front a demandé à quelques étudiants s’ils avaient aperçu une certaine publicité concernant les agressions sexuelles ou les services offerts à la suite de ce genre d’événement sur le campus: « J’check pas pour ça non plus là, mais si y’en a, c’est pas visible », partage Kristine Duguay, étudiante en sciences infirmière.

Un autre étudiant, qui a préféré garder l’anonymat, nous partage: « Pour ma part, je suis au courant que les étudiants ont accès à ces ressources, mais je crois qu’il y a un manque de publicité non seulement en ce qui concerne les agressions sexuelles, mais d’autres situations potentiellement traumatisantes », affirme-t-il.

« J’ai été victime d’évènements suite auxquels j’aurais dû consulter, mais je n’étais malheureusement pas au courant de tous les services offerts lorsque j’étais à ma première année d’études universitaires, donc je crois qu’on devrait en parler davantage », poursuit-il.

D’autres étudiants ont aussi fait part d’opinions similaires. Il est donc possible de distinguer une répétition dans les discours: bien qu’une partie des étudiants sache qu’il y a des services présents sur le campus, on remarque une confirmation de ceux-ci qu’on ne rend pas le tout assez visible.

Quant aux avancements de l’Université de Moncton à ce propos, on peut apercevoir qu’il y a eu bien peu. Autre que la campagne « Non, c’est non », indépendante de l’université comme telle, il n’y a toujours pas eu grand vent d’améliorations de la part de l’institution.

NDLR : Dans une version précédente de cet article, il était indiqué que la campagne « Non, c’est non » est une initiative de Sarah Anne Grandisson en collaboration avec la FÉÉCUM. Il s’agit en fait d’une initiative de la FÉÉCUM réalisée par Sarah Anne Grandisson dans le cadre de son emploi d’été pour la fédération en tant que chargée de projet

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