Des droits de scolarité gratuits pour les étudiants à faible revenu

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Dès septembre 2016 les étudiants à faible et moyen revenu originaires du Nouveau-Brunswick pourront bénéficier d’un programme d’aide éliminant leurs frais de scolarité.

Le fonds de bourse vise les étudiants de familles au revenu annuel de moins de 60 000 dollars. Selon une estimation du gouvernement, environ 7100 étudiants bénéficieront de ce programme, soit 23% des étudiants du Nouveau-Brunswick.

Tirés du Fonds sur l’éducation et la nouvelle économie, près de 25 millions $ seront investis dès la première année.

« C’est à peu près 25 millions $ cette année, estime le premier ministre. Évidemment, nous espérons que plus de gens iront aux collèges et universités en raison de ce programme, donc nous estimons qu’il va y avoir un besoin d’augmenter nos investissements au fil des années. »

Il reconnait que ce fonds n’aidera pas tous les étudiants: « Il y a d’autres gens qui ne vont pas qualifier, mais il ne faut pas oublier qu’il y a déjà d’autres programmes pour eux », dit-il.

Le premier ministre dit reconnaitre la situation financière difficile des étudiants de la province. « Nous serons le gouvernement qui investit le plus en éducation dans l’histoire de notre province », affirme Brian Gallant.

Un pas vers l’avant, selon la FÉÉCUM

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Roxann Guerrette, présidente de la FÉÉCUM, et Tristian Gaudet, vice-président exécutif. Photo Samuel LeGresley

Roxann Guerrette, présidente de la Fédération étudiante de l’Université de Moncton, se dit très fière de cette annonce.

« C’est extraordinaire! C’est quelque chose que la FÉÉCUM a voulu militer depuis longtemps », dit-elle.

L’annonce a fait suite à une manifestation menée par la Fédération, la semaine dernière à Fredericton, pour dénoncer le fardeau de la dette étudiante dans la province.

Elle espère que la province tienne compte du besoin dans la qualité de l’éducation, qui permettrait de retenir les étudiants dans les universités de la province.

« Le fait que chaque institution va être accessible, c’est super, dit la présidente. J’espère qu’ils vont considérer la qualité de l’éducation pour investir dans les universités pour avoir des professeurs de qualité, pour avoir une éducation qui va surpasser les autres universités. »

Selon elle, le fonds actuel ne suffirait pas à combler le manque de fonds causé par le sous-financement, qui affecte la qualité d’enseignement.

« On doute que la qualité d’enseignement soit améliorée, dit-elle. Il va y avoir plus d’étudiants, mais on doute que ça aille combler le manque de fonds dans les universités. »

Roxann Guerrette souligne aussi un nouveau choix qui s’impose aux étudiants, soit celui d’attendre l’indépendance de leurs parents avant de commencer leurs études pour être sous le seuil des 60 000 $ et bénéficier de ce fonds de bourses.

« Certains étudiants devront être stratégiques pour attendre d’avoir 21 ans et devoir payer des taxes, pour être indépendants de leurs parents pour avoir accès à une université gratuite. »

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La ministre Francine Landry parle des détails du fonds de bourse avec l’exécutif de la FÉÉCUM. Photo Samuel LeGresley

Un fonds qui n’aide pas les étudiants internationaux

Puisque le fonds se limite uniquement aux étudiants néobrunswickois, seulement une partie du problème est réglé, selon la FÉÉCUM.

Le vice-président exécutif Tristian Gaudet veut reconnaitre l’importance des étudiants internationaux, qui ne sont pas couverts par ce fonds de bourses.

« On pense que ça serait bénéfique si la province investissait pour ces étudiants, parce que non seulement ils sont déjà adaptés à la région, ils sortent avec une éducation et peuvent s’investir dans nos communautés. »

L’UdeM voit le fonds d’un bon œil

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Le vice-recteur adjoint à l’enseignement, Jean-François Richard. Photo Samuel LeGresley

Jean-François Richard, vice-recteur adjoint à l’enseignement et aux affaires professorales, voit cette aide aux étudiants de façon positive.

« C’est surprenant en ampleur, dit-il. Ça va certainement avoir une incidence politique sur beaucoup d’étudiants. Ça enlève un certain fardeau financier pour les familles à faible revenu de nos régions. »

Selon lui, le fonds de bourses aidera à la rétention des étudiants au Nouveau-Brunswick. « C’est un outil qui peut servir de recrutement pour tous les universités et les collèges de la province. »

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