On l’aime à mourir : Francis Cabrel rempli la plus grande salle dans l’histoire du Casino de Moncton

Rares sont les francophones au Nouveau-Brunswick qui n’ont pas dû faire toutes les guerres pour être si fiers de leur langue et de leur culture aujourd’hui. Cette phrase résume la bataille constante contre l’assimilation du français mais, plus important encore, l’impact qu’ont les artistes, tels que Francis Cabrel, sur la fierté et le courage qui enflent les cœurs des francophones dans cette lutte.

dmomdfc2

Cabrel a donné son spectacle In Extremis à la plus grande foule présente dans toute l’histoire du Casino de Moncton le lundi 3 octobre 2016. Photo contribution : Dayna Muzey.

In Extremis: le dernier album de Francis Cabrel?

Accommodant une foule de 2500 au maximum de ses capacités, la salle de spectacle a sangloté son enchantement, ce lundi 3 octobre 2016, dès que l’auteur-compositeur-interprète français a posé les pieds sur scène. Suite à une première performance de Joey Robin Haché, diplômé en musique de l’Université de Moncton, ainsi qu’à un accueil chaleureux des spectateurs, Cabrel a interprété tous les titres de son nouvel album, intitulé In Extremis, en plus de quelques anciens parmi les plus acclamés de sa carrière:

« C’était un peu de l’ironie, et puis c’était aussi peut-être pour dire qu’il n’y en aura pas beaucoup après celui-là », avoue Cabrel au sujet du titre latin de son album, se traduisant plus ou moins par « à la toute fin » en français.

Lors de la conférence de presse avec Le Front et d’autres médias, Cabrel rappelle qu’il a étudié pendant 7 ans le latin dans un lycée d’Agen :

« J’ai gardé quelques rudiments de ça, mais voilà: je sais très bien ce que ça veut dire, et c’est peut-être aussi pour commencer à préparer le final. Je pense que ça va me rendre un peu triste, et surtout il va falloir que je m’occupe à autre chose, et ça je ne sais pas du tout à quoi, mais voilà, je pense qu’il faut quand même décider soi-même de ça, quoi », s’exprime l’artiste.

Il rassure toutefois que son nouvel album ne sera pas nécessairement le dernier, qu’il envisage d’abord de prendre une pause suite aux quelques spectacles restants de la tournée et qu’on verra par la suite. Cabrel dit avoir commencé les fondations de In Extremis il y a maintenant 7 ans, quelques premiers titres de l’album, tel que Partis pour rester, datant même de 10 ans.

 

Au cœur de la culture francophone

Originaire d’Agen, une commune du Sud-Ouest de la France, Cabrel tire ses influences d’artistes tels que Bob Dylan, duquel il a traduit de l’anglais et réinterprété les chansons au sein d’un album francophone. L’auteur-compositeur-interprète dit, au sujet de ses sources d’inspiration pour In Extremis, qu’elles ressemblent beaucoup à celles qu’il y avait 40 ans auparavant :

« C'est un peu les mêmes, puisque je parle d’amour (…). J’ai eu 60 ans en écrivant cet album, donc ça a créé un choc… J’espère que ça ne se reproduira plus, blague-t-il. (…) Il y a beaucoup de chansons sur cet album qui parlent du temps, qui parlent de la maîtrise qu’on en a, du contrôle qu’on en a… », explique Cabrel.

 

Touché par l’Acadie

dmomdfc1

Francis Cabrel, auteur-compositeur-interprète célèbre de la France, a accordé une entrevue au Front lors d’une conférence de presse. Photo contribution : Dayna Muzey.

Homme de famille, dévoué à ses enfants et à son épouse, une carrière fructueuse dès le lancement de son deuxième album en 1979 taille toutefois son nom dans le marbre de la culture française, allant jusqu’à lui remporter la Grande médaille de la chanson française de l’Académie française en 2010.  Aujourd’hui, ses chansons sont pratiquement des épopées parmi les peuples français sur les deux rives de l’Atlantique:

« On a toujours un petit pincement supplémentaire quand on vient ici, dit-il en discutant de la région de Moncton. C’est toujours miraculeux d’avoir des gens qui vous écoutent si loin de chez vous. Moi, ça m’a toujours surpris, parce que c’est tout un océan, c’est toute une autre culture, c’est l’Amérique… », avoue Cabrel.

 

Conseils d’un vétéran musical

Pour les étudiants qui espèrent marcher dans les pas de Cabrel, ce dernier soulève l’importance de l’écriture des chansons, disant que c’est ce qui fait la différence :

« C’est pas la peine des fois de très bien chanter, moi je ne pense pas que je sois bon chanteur, je chante ce que j’écris mais j’sais pas, j’peux pas chanter du Stevie Wonder, ou comme des grandes voix, comme Sting ou Céline Dion. Moi… j’suis dans la moyenne on va dire, mais bon, je m’applique pour l’écriture des chansons. Pour moi, le plus important, c’est la chanson. Ce que dit la chanson, même si on le dit mal, si elle raconte une belle chose, une belle histoire, c’est ce qui touche les gens », exprime la vedette.

 

Rappelé sur scène par les cris des spectateurs, ainsi que des fleurs lancées sur la scène, Francis Cabrel a clos son spectacle avec 3 dernières chansons, notamment l’intemporel classique Je l’aime à mourir, au grand plaisir de la foule. Une grande figure de la musique et de la culture française, cette performance restera sans doute gravée dans les cœurs des gens présents.

Partagez!
Advertisment ad adsense adlogger