Francis Cabrel et un souffle francophile

Le sud de l’Amérique du Nord n’est pas le seul à avoir vécu un ouragan car, à plus petite échelle par contre, notre Moncton a vécu cette semaine un petit typhon tout unique et amical. Après avoir voyagé aux quatre vents, Francis Cabrel, un auteur-compositeur-interprète français d’origine, est venu donner un spectacle au Casino le 3 octobre dernier.

Sept ans après sa dernière performance en cette ville, son apparition était très attendue et très chaleureusement acclamée. Telle une douce brise d’été, ses paroles, soufflées au creux du cœur, ont bercé une foule de 2200 spectateurs environ. L’artiste a attiré la plus grande masse de gens de l’histoire du Casino de Moncton, qui a vendu les billets en un temps record. Le spectacle s’est tenu à guichets fermés. Une immense salle comble qui respirait la francophilie.

Rien ne démontre aussi bien l’importance démographique des francophones et francophiles de Moncton que ce fait significatif. Malgré tous les efforts et tous les combats, l’assimilation anglophone assène toujours cette municipalité qui se souhaite bilingue. Sur le même ordre d’idées, il est même arrivé juste cet été, une controverse portant sur un panneau d’affichage promouvant les droits des anglophones que la plupart des habitants ont perçu comme ayant une portée anti-Française. Pourtant, même avec ce Zéphyr linguistique perpétuel, cette girouette de la Francophonie qu’est ce cher Cabrel sait, à chacune de ses visites, inspirer un espoir grâce à ses petits miracles

Offrant très peu de spectacles en français, le Casino de Moncton s’est vu envahi par une tornade de personnes ne voulant que vivre le bonheur d’écouter sa langue miroiter. Ceci devrait être une source de fierté de la part des francophones monctoniens et donner un élan pour affirmer un épanouissement culturel de la francophonie. Avec un éventail d’autres organismes francophiles comme le festival Frye qui est tout-à-fait bilingue et le CAFi, Moncton se serre les coudes pour contrer ces bourrasques d’acculturation qui sont constamment présentes. Mais est-ce assez? Ne devrions-nous pas continuer d’attester notre droit de langue de façon plus audacieuse? L’assimilation continue de former un nuage sur notre atmosphère linguistique, créant un brouillard sur notre liberté qu’on croit acquise depuis 1969. Il faut sublimer ces pensées stagnantes et retrouver notre enthousiasme en tintamarre, voler au gré de notre vent dialectal.  

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