Garder les portes ouvertes

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Les couleurs du drapeau français projetées sur la Tour du CN à Toronto comme signe de solidarité et d’engagement de la part du Canada suite aux attentats de Paris. Photo de Chris Helgren/Reuters, CBC

Dans les livres d’histoires qui paraitront un jour, on ne pourra parler du 13 novembre 2015 sans y mentionner l’horreur et la consternation qui a résonné au travers l’humanité. Qu’on parle des attentats de Paris, le carnage à Beyrouth et l’horreur perpétuelle en Syrie, les évènements qui ont pris place lors des derniers jours ont changé notre perspective du monde qui nous entoure, particulièrement de notre sécurité. Toute attaque terroriste est une violation directe de nos droits fondamentaux, et il existe peu de mots pour exprimer l’horreur vécue à Paris. Nos pensées sont avec nos amis et notre famille française en ces temps difficiles.

L’une des grandes questions qui se posent est celle des réfugiés. Le Canada, sous le gouvernement Trudeau, planifie d’accueillir 25 000 réfugiés d’ici 2016, une position qui n’a pas changé depuis les attentats du 13 novembre. Selon plusieurs réactions que l’on a pu observer dans les médias sociaux, il s’agit d’une position suscitant de la controverse. Certains internautes se sentent menacés par la venue de 25 000 réfugiés sur le sol canadien, une action qu’ils qualifient d’atteinte à la sécurité du peuple. Une position justifiée, ou une réaction découlant de préjugés dépassés?

Dans une telle situation, on peut s’inspirer de la réaction des Parisiens lors des évènements du 13 novembre. Au beau milieu de l’horreur, des morts et de l’incertitude à savoir si l’incident allait prendre de l’ampleur, les Parisiens se sont mobilisés afin d’accueillir et d’ouvrir leurs portes à des étrangers qui auraient été victimes des circonstances. Le mot clic #portesouverte a été partagé sur les médias sociaux comme preuve d’empathie, de générosité et d’altruisme pour les victimes, lesquelles ont vécu des atrocités qu’on ne peut imaginer, et qui avaient grandement besoin d’un refuge et d’un sens de sécurité.

Certains des commentaires qu’on a pu lire sur les médias sociaux suivant les attaques terroristes du 13 novembre se sont avérés profondément fermés et xénophobes, surtout lorsque la question des réfugiés a fait surface. Avec plus de 3 millions de réfugiés à la recherche d’un endroit sans danger et dépourvu de toute forme de traumatisme, on ne peut rester les bras croisés. Il faut faire notre part d’une façon ou d’une autre, cela sans laisser des préjugés sans fondement se mettre entre nous et un peuple dans le besoin. Il est certain que des mesures de sécurités et d’identification devront être prises pour laisser toute personne entrer au pays, mais il ne faudrait pas perdre notre objectif pour autant.

Dans les dernières années, le Canada a perdu son statut de pays ouvert et accessible pour les réfugiés; il s’agit d’une triste réalité, mais il est grand temps de changer de position. Notre pays se doit de promouvoir des valeurs généreuses, pacifiques, ainsi qu’une société inclusive. Nous avons la chance de vivre là où des tragédies comme celles de Paris ne surviennent pas souvent, et où on peut vivre relativement en paix. Il serait honteux de priver 25 000 individus d’une telle existence parce qu’on les associe tous, par ignorance, à un groupe restreint d’extrémistes.

Fermer nos frontières à des réfugiés démontre un pays craintif et intimidé. C’est plutôt en ouvrant nos portes qu’on montre à tous à quel point nous sommes forts.

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